‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 79 sur 101 · Trotté politique, di. i, art. •. ik · texte numérisé non relu

Trotté politique, di. i, art. •. ik

206 CITRODUGTiOll.

naturel, tous les poissons jouissent de l'eau et les plus grands mangent les petits '. » Voilà Fimage du genre hQ« main dans Tétat de nature. S'il était naturel aux hommes de se conduire par les conseils de la raison, nul n'abuse-, rait de son droit, la paix el l'amour régneraient parmi les hommes, et tout gouTemement serait inutile. Mais il n'en va point ainsi. € C'est une chose certaine, dit Spinoza, que les hommes sont nécessairement sujets aux passions et que leur nature est ainsi Mie qulls doivent éprouver de la pitié pour les malheureux et de l'enyie pour les heureux, incliner vers la vengeance plus que vers la miséricorde ; enfin chacun ne peut s'empéeber de désirer que ses semblables vivent à sa guise, approufent ce qui lui agrée et repoussait ce qui lui déplait. D'oui! arrive que tous désirent être les premiers, une lutte s'eih gage, on cherche à s'opprimer réciproquement, et le vainqueur est plus glorieux du tort feit à autrui qu€ de l'avantage recueilli pour soi*... »

Ainsi les hommes, étant natureDemoit sujets aux passions, sont par là même natureSement ennemis. Spinozft le déclare en termes form^ :

« Tant que les hommes sont en proie à la col^) à l'envie et aux passions hainetfses, ils sont tiraillés en satsj divers et ennemis les uns des autres, d'autant plus redoutables qu'ils ORi plus de puissance, d'habileté et de ruse que les autres animaux ; or les hommes dans la plupart de leurs actions étant sujets de leur nature aux passions, il s'ensuit que les hommes sont naturellemeBt ennemis. Car mon plus graiM ennemi, c'est celui que fai

1. Traité théologico-politiqw, chap. xti, page 25 i el suiY. de notre tomeU.

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