‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 80 sur 101 · Traité politique^ ch. i, art · texte numérisé non relu

Traité politique^ ch. i, art

} plus à craindre et dont j*ti le plus à me garder'. » L'état de nature est donc un état de guerre, et cet état 5t intolérable aux hommes Non-seulement le faible y st opprimé par le fort, mais le fort lui-même n'a aucune écurité, car il craint toujours un plus fort que soi. D'aileurs les hommes ne peuvent se passer les uns des autres, it toute culture intellectuelle, tout progrès, seraient impossibles en dehors de Fétat social :

« Les hommes ont donc compris que pour mener une \ie heureuse et pleine de sécurité, il fallait s'entendre mutuellement et feire en sorte de posséder en commun ce droit sur toutes choses que chacun avait reçu de la nature; ils ont dû renoncer à suivre la violence de leurs appétits individuels et se conformer de préféreace à la volonté et au pouvoir de tous les hommes réunis ^))

De là l'origine du pouvoir social ou de l'État, entre les mains duquel chacun résigne âon droit primitif. Cette substitution du droit de l'État au droit naturel est complète et absolue, suivant Spinoza', mais elle ne détruit pas pour cela le droit naturel. Car, dit-il, qu'est-ce qui me détermine à renoncer en faveur de l'État à mon droit naturel? c'est le désir de la conservation, c'est la crainte <le la violence étrangère, c'est l'amour du plus précieux irions les bî^fis, la sécurité. Or quoi de plus conforme 3U droit naturel que de chercher son bien et de fuir son 5^, ou de sacrifier un moindre bien à l'espérance d'un J^ien plus grand? Spinoza se flatte donc de conserver le

*. Traité politique, chsi^ n, art. 14.

^' Traité theologico-politiqw, chap. xvi, page 254 de notre tome II.

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