‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 86 sur 101 · Jbid.j partie i, Schol. delà Propos · texte numérisé non relu

Jbid.j partie i, Schol. delà Propos

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cédés lents et circonspects de Tobservation , et aspire ouvertement à tout comprendre, à tout déduire, à tout expliquer. Cette méthode, quiesteelle de Spinoza :et de ses disciples, convient en effcrt; parfallemeni au p»H théisme, puisqu'elle vise à reproduire daoEis le tissu géométrique de ses conceptions révolution éteradie et nécessaire de l-être qiti est tout.

L'autre méthode, essentiellement poeitiva, easentid* lement humaine, part de rbomnie. '£lte y prend son point d'appui et ne s'en sépare jamais. Dans son développement le plue hardi , eHe s'atrâte aux limites cpie Tesprit humain ne peut francâiir, paiftoat où le plein jour de l'évidence faliplaoe à Uobdcnnnté du iE^stèie>et denne carrière aui vainesconjectures. Avide de eccti* tude et de Téàlité , elle aime mieu^ rester au besoin mmobileque marcher pour iomber, et elfe se ré»ignemt plus volontiers à censtater vingt mystères de phis dam la-métaphysiquequ'à mutiler dons la conscience un seul fait réel. Voilà la méthode inaugurée par ûescafftes dans les Méditations; elle est une protestation anticipée conire YÈthique et contre ^toutes ses aâserralions. C'est la seule batrrière, en e£fiet, qu^on puisse^viettmeusemeaixt apposer au panthéisme; car autant -le système de l^inosa^ invincible à qui en accorde aveuglément les principes, autant il est faible et ruineux, quand, du terrain de J& logique et des conséquwïces, on Vappelle sur le véritable terrain de la métaphysique , le terrain fdes principes et des faits.

Cette différence primitive et fondamentale entre De&cartes et Spinoza en amène une foule d'autres, notamment dans leur manière d'entendre l'âme et Dieu.

La première existence saisie par Descartes, au sortir

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du doute, c'est Vexistemce du moi , connne sujet de la pensée. Or, ce n'est point là un sujet abstrait, logique, indéterminé , indirectement conçu à la suite d'un raisonnement arbitraire-; c'est im sujet concret et Tivant, immédiatement saisi par ta conscience et, eomme dit Descartes en répondant à deÈ adrersaires qui défigurent sa doctrine, par un acte simple d'intuition, Wm/^/t^' mentis intuitu • . La pensée et Tétre qtii pense nous sont donnés du même coup. Xe moi se saisit donc dans la pensée et se distingue, comme être pensant, de tout ce^qui n'est pas lui, de son propre corps, et de toute ila nature. Que devient ce moi, ce sujet de la pensée, un et simple , vivant et substantid , dans la philosophie de Spinoza? L'auteur de r^rtijw?, au lieu de partir d'un être réel et déterminé, part de l'être en général, ou, comme il dît, fie hi Substance. 'C'est de là qu'il prétend déduire tout le reste. Or, de la Substance rien ne «epeut déduire qu'une infinité d'attributs infinis, tels, par exemple, cpxe la ^Penséeen général et l'Étendue en général, et de chacun fle ces attribut* infinis rien ne se peut déduire qd'une infinité de modes finis , tels, pair Bxemple, que les modes de la Pensée ou les idées et les nodes de l'Étendue ou les corps.

Qu'est-ce donc que Târae humaine? elle n'est pas la )Ubstance, puisqu'elle est'queltjuechose de déterminé !t de contingent; elle n'est pas 'la pensée infinie, puich [u'elle est limitée dans son intelligence ; il reste qu'elle oit un mode de la Pensée. Cette définition, déjà si

1 . ^ cite lepasMgei entier : • Cum adoertimiu nos mm res cùgitagites, primo wdem notio est et nuUo syllogismo concluditur ; neque etiam cum'quis dicit. yo cogito, ergo sum sive exhto, existcntiam ex cogitations per syllogismurr educit, sed tanqucmi rem per se notam simplici mentis intuitu agnoscit,,, Hesponsio ad secundas objectiones, — Édition Victor Coosin, tome I, page 4 27 •!

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étrange, n'est pas et ne pouvait pas être le dernier mot de Spinoza. Si en effet Tâme était un mode unique, un mode simple de la pensée infinie, il n'y aurait en elle aucun changement, ni même aucune sorte de variété possible. Or Spinoza veut bien admettre qu'il y a dans Tâme humaine une vie, un développement; mais alors qu'esielle donc? non plus un mode de la Pensée, mais un assemblage de modes, ^on plus une idée, mais une collection d'idées '. Par cette conséquence ouvertement acceptée, Spinoza efface de sa doctrine le dernier vestige de l'unité du moi. Et il est clair que la méthode géométrique ne lui fournissait aucune autre hypothèse. S'il n'y a au-dessous de la Substance et de ses attributs que des modes, ou bien l'âme sera un mode simple, indivisible, immobile, ou elle sera un asseml)lage de modes dépourvus de tout enchahiement interne, de tout lien substantiel.

Entre une âme sans variété et sans vie, comme le point des géomètres, et une âme sans unité réelle, comme le nombre des mathématiques, Spinoza n'avait pas le choix. Voilà ce qu'est devenue entre les mains du disciple infidèle la doctrine du maître, ce moi réel et vivant du Cogito ergo sum, qui d'abord prend possession de lui-même, et s'assure de son être propre et de l'unité de sa pensée, avant de s'élever au principe de la pensée et de l'être, à cette unité absolue de toutes les perfections qui est Dieu.

Saisi du sein de la conscience, le Dieu de Descartes est un Dieu réel, déterminé, vivant. Ce Dieu a des attributs effectifs, qui lui appartiennent en propre, dont l'ensemble

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