I . Malebranche, Traité de morale^ ch. III
TefiScace, Dieu seul meut les corps et les âmes. 11 les meut, non pas au hasard, mais suivant des lois. A tel mouvement du corps répond tel mouvement de Tâme ; et de là Funion de Tâme et du corps , et de là tout Tordre de la nature'.
Quel est le dernier mot de ce système? évidemment c'est que Tunivers physique n'est qu'un vaste théâtre pour les mouvements de Dieu, comme les hommes ne sont que les cordes impuissantes d'un instrument aux mille touches dont Dieu se sert pour sa gloire. L'univers s*efface, l'âme humaine se dissipe et s'évanouit, il n'y a plus que Dieu.
Irons-nous chercher dans Spinoza cette forme tout opposée du panthéisme , où l'eustence de l'infini, loin de dévorer toutes les autres , semble s'y absorber tout entière et ne plus conserver en elle-même que la valeur d'une abstraction ou d'un signe ? La» question mérite d'être éclaircie.
D'excellents critiques de notre t^mps ont considéré Spinoza comme un mystique , en qui le sentiment de Tinfini avait étouffé celui de la réalité ixiatérielle. C'est à ce point de vue que . Jacobi écrivait cette éloquente et étrange invocation : «Sois béni, ô grand et saint Baruchl en méditant sur la nature de TÊtre suprême , tu as pu t'égarer en paroles; mais la vérité divine était dans ton âme; Tamourde Dieu faisaittoute ta vie^ »
D'autres écrivains, marchant sur les traces de Jacobi, ont comparé Spinoza à un mouni indien. Pour comble
1. Méditations chrétiennes j XI. '■^Comp, Entretiens métaphysiques^ tl'entr.