‹ Œuvres, trChapitre 104 sur 159 · CHIQUIEME PARTIE. — DE LÀ LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CHIQUIEME PARTIE. — DE LÀ LIBERTÉ

c'est toujours cette paix intérieure qui ne se distingue véritablement pas de la gloire (voyez les Déf, 25 et 30 des passions). Si vous le rapportez à Dieu, cet amour est en lui une joie (qu'on me permette de me servir encore de ce mot) accompagnée de Tidée de lui-même (par la PrO' pos, 35, part. 5) ; et si vous le rapportez à Tàme, c'est encore la même chose (par la Propos. 21 ^ part. 5). De plus, Tessence de notre âme consistant tout entière dans la connaissance, et Dieu étant le principe de notre connaissance et son fondement (par la Propos, i^, part. 1, et fc Schol. de la Propos. 47, part. 2), nous devons comprendre très-clairement de quelle façon et par quelle raison l'essence et l'existence de notre âme résultent de la nature divine et en dépendent continuellement ; et j'ai pensé qu'il était à propos de faire ici cette remarque, afin de montrer par cet exemple combien la connaissance des choses particulières, que j'ai appelée intuitive ou du troisième genre (voyez le Schol. 2 de la Propos. 40, part. 2), est préférable et supérieure à la connaissance des choses universelles que j'ai appelée du second genre; car, bien que J'aie montré dans la première partie d'une manière générale que toutes choses (et par conséquent aussi l'àme humaine) dépendent de Dieu dans leur essence et dans leur existence, cette démonstration, si solide et si parfaitement certaine qu'elle soit, frappe cependant notre &me beaucoup moins qu'une preuve tirée de l'essence de chaque chose particulière et aboutissant pour chacune en particulier à la même conclusion.

Propos. 37. Il n'y a rien dans la nature qui soit contraire à cet amour intellectuel ou qui le puisse détruire. DÈicoNSTR. Cet amour intellectuel résulte nécessairement de la nature de l'âme, en tant qu'on la conçoit comme une vérité éternelle et qu'on la rapporte à la nature de Dieu (par les Propos. 33 et 29, part. 5). Si donc quelque chose se rencontrait qui fût contraire à cet amour, elle serait contraire à la vérité, et par conséquent, en détruisant l'amour intellectuel, elle rendrait faux ce

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qui est vrai, conséquence évidemment absurde. Il n'y a donc rien dans la nature, etc. G. Q. F. D.

ScHOL. L'axiome delà quatrième partie se rapporte aux choses particulières, en tant qu'on les conçoit enrelatfo^ avec un temps et un lieu déterminés, et sous ce poînCde vue, je ne croîs pas que personne le puisse contester.

Propos. 38. A mesure^que rame cannait un plus qrmi nombre de choses et une connaissance du second et du troisiim genrcy elle est moins sujette à pâtir sous Finftuenee des affetlions mauvaises y et elle a moins de crainte de la mort.

De MONSTB. L'essence de l'âme consiste dans la conudîsance {par la Propos. H, part. 2) ; par conséquent, à mesure qu'elle connaît plus de choses d^une connaissance du second et du troisième genre, une plus grande parib d'elle-même subsiste (par tes Propos. 29 ^ 23, part. ÎÇ, d'où il suit (par la Propos, préùéd.) qu'une phis grandi partie d'elle-même échappe à Ilnflaence des passions contraires à notre nature, c'est-à-dire (porta Propos. W, part. 4) des passions mauvaises. Ainsi donc, à mcsnrt que l'âme connaît un plus grand nombre de choses d'une connaissance du second et du trcnsiëme genre, une plus grande partie d'elle-même se maintient sans altérttion, et partant est moins sujette à pâtir, etc. C.Q. P.Bi

ScHOL. Ceci nous fait comprendre un point que J^ touché dans le SchoL de ïa Propos. 39^, part. 4, en pn^ mettant de l'expliquer complètement ici, savoir : q« la mort est d'autant moins nuisible que la conoaifl^ sance claire et distincte de l'âme est pins grande, qcn l'âme aime Dieu davantage. De plus, puisque c'est de la connaissance du troisième genre que naît (par la Propos, 27^ part. 5) la paix la plus parfaite dont l'âme soit capable de jouir, il en résulte que l'âme humaine peut être d'une nature telle que ce qui périt d'eHe atw le corps {ainèi qu'on l'a montré dans la Pfvpos. 21, part. S) ne soit d'aucun prix en comparaison de ce qui contimte d'exister après la mort. Mais nous nous expliqmraflB bientôt sur ce point avec plus d'étendue.

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