‹ Œuvres, trChapitre 105 sur 159 · GHVQUIÈMB PARTIE. — DE LA UB£RT · texte numérisé non relu

GHVQUIÈMB PARTIE. — DE LA UB£RT

Propos. 39* Celui dont le corps est propre à un grand nombre de fonctions a une âme dont la plus grande partie est étemelle.

Djêmonste. Celui dont le corps est propre à un grand nombre de fonctions est moins sujet que personne au conUit des passions mauvaises {par la Propos, 38, part, 4)^ c'est-à-dire {parla Propos. 30, part, 4) des passions contraires à notre nature ; et par conséquent {en vertu de la Propos. iO, part. 5), il a le pouvoir d'ordonner et d'encbainer les affections du corps suivant la loi de Tentendément, par conséquent encore {en vertu de la Propos. 14^ part. 5) de faire que toutes les affections du corps se rapportent à l'idée de Dieu {par la Propos. 15, part. 5). Il sera donc animé de l'amour de Dieu, lequel {par la PrO' pof. 16, part. 5) doit occuper ou constituer la plus grande partie de l'âme ; d'où il résutlte enfin {par la Propos. 33, part. 5} que la plus grande pai^tie de son àme sera éternelle. G. Q. F. D.

ScHOL. Les corps bumains étant propres à un grand nombre|de fonctions, il n'y a aucun douté qu'ils puissent êtr« d'une telle nature qu'ils correspondent à des jtmes douées d'une grande connaissance d'elles-mômes et de Dieu» et dont la plus grande partie ou la principale soit ôtecnelle , des &mes, par conséquent, qui n'aient presque rien à craindre de la mort. Mais pour comprendre tout cela plus clairement, il faut remarquer que nous vivons dans une variation contiouelle^ et suivant que aoitf changeons es bien on en mal, nous sommes beurenx ou mcAieureux. On dit qu'un enfant est maIbeureuZ|> quand la moit en fait un cadavre ; on appelle beureuz, au contraire,' celui qui dans le cours entier de sa carrière jouit d'une àme Staine dans un corps plein de santé. Et, en effe't» à un corps comme tselui de l'enfant au bercieau on déjà grandi, c'est-à-dire à un corps qui n'est prqpre qp'à un petit jnombre de fonctions et qui dépend principalemenrt des causes extérieures, doit correspondre une àme qui n'a, considérée en sol, qu'une trës-faible con*

science et de soi et de Dieu et des choses. An contraire, nn corps propre à un grand nombre de fonctions est joint à une âme qui possède à un très-haut degré, considérée en soi, la conscience de soi et de Dieu et des choses. C'est pourquoi notre principal eflfort dans cette vie, c'est de transformer le corps de l'enfant, autant que sa nature le comporte et y conduit, en un autre corps qui soit propre à un grand nombre de fonctions et corresponde à une âme douée à un haut degré de la conscience de soi et de Dieu et des choses ; de telle sorte qu'en elle ce qui est mémoire ou imagination n'ait, an regard de la partie intelligente, presque aucun prix, comme nous l'avons déjà dit dans le Schol. de la Propos. précédente.

Propos. 40. Plus une chose a de perfection^ plus elle agit et moins elle pàtit, et réciproquement^ plus elle agit, plus elle est parfaite.

DÉMONSTR. Plus une chose a de perfection, plus elle a de réalité {par l'Axiome 6, part. 2), et en conséquence {par la Propos, 3, part. 3, et son SchoL), plus elle agit et moins elle pâtit; et en renversant l'ordre de cette démonstration, il en résulte qu'une chose est d'autant plus parfaite qu'elle agit davantage. C. Q. F. D.

GoROLL. n suit de cette Proposition que la partie de notre âme qui survit au corps, si grande ou si petite qu'elle soit, est toujours plus parfaite que l'autre partie. Car la partie étemelle de l'âme (par les Propos. 22 et 29, part. 5), c'est l'entendement, par qui seul nous agissons (en vertu de la Propos. 3, part. 3), et celle qui pérît, c'est l'imagination [par la Propos. 21, part. 5), principe de toutes nos facultés passives (par la Propos. 3, part. 3 et la Déf. génér. des passions) ; d'où il suit (par la Propos, précéd.) que cette première partie de notre âme, si petite qu'elle soit, est toujours plus parfaite que l'autre. C. Q. F. D.

Schol. Tels sont les principes que je m'étais proposé d'établir touchant l'âme, prise indépendamment de toute

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