‹ Œuvres, trChapitre 11 sur 159 · PREMIÈRE PARTIE. — DE DIEU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE DIEU

(pour employer ici un terme scliolastique) Dieu est la cause de Vêtre des choses {causa essendi). En effet, alors même que les choses existent, chaque fois que nous regardons à leur essence, no\is voyons qu'elle n'enveloppe Di l'existence, ni la durée ; par conséquent, elle ne peut être cause ni de Tune ni de l'autre , mais Dieu seul, parce qu'il est le seul à qui il appartienne d'exister {par le Coroll. i de la Propos. 14). C. Q. F. D.

Propos. 25. Dieu n'est pas seulement la cause efficiente de l'existence des choses, mais aussi de leur essence.

Demonstr. Si vous niez cela. Dieu n'est donc pas la cause de l'essence des choses ; par conséquent {en vertu de l'Ax. 4) l'essence des choses peut être conçue sans Dieu, ce qui est absurde {par la Propos. 15). Dieu est donc la cause de Tessence des choses.

SCHOL. Gela résulte plus clairement encore de la Propos. 16, par laquelle, la nature divine étant donnée, l'essence des choses, aussi bien que leur existence, doit s'en conclure nécessairement, et pour le dire d'un seul mot, au sens où Dieu est appelé cause de soi, il doit être appelé cause de tout le reste, ce qui d'ailleurs va ressortir avec la dernière clarté du corollaire suivant.

CoROLL. Les choses particulières ne sont rien de plus que les affections des attributs de Dieu, c'est-à-dire les modes par lesquels les attributs de Dieu s'expriment d'une façon déterminée. Gela est évident par la Propos. 15 et la Déf. V.

Propos. 26. Toute chose ^ déterminée à telle ou telle action, y a nécessairement été déterminée \par Dieu, et si Dieu ne détermine pas une chose à agir, elle ne peut s'y déterminer elle-même.

DÉMONSTR. Ge qui détermine les êtres à telle ou telle action est nécessairement une chose positive (cela est évident de soi-même) ; en conséquence. Dieu, par la nécessité de sa nature, est la cause efficiente de l'existence et de l'essence de cette chose {en vertu des Propos. 25 et 26} ; ce qui suffît pour établir la première ^^\>jk& à^^^XL^Nx^

^proposition. Or, la seconde partie en est une suite UA^ ^manifeste. Car, si une chose que Dieu ne détermine pas

pouvait se déterminer eUe-^même, la démonstration ;fui (ment d'être faite serait fausse, ce qui est aba^q^. f,C. Q. F. D.

Paopos. 27. Um chose, qui est déterminée^par Dieu àâfik

m telle action, ne peut se rendre elle-même indéterminée, DÉMONStR. Cette proposition est évidente par raàom^. i\PaoPOS.â8. Tout objet individuel, toute chose, qveUeyçpCelk

soit, qui est finie et avxie existence déterminée,nep«Mt^ewi0ter iniMre déterminée à agir xsi ellen'^st déterminée ^tn^eittence *età Vaction panune oéms^, laquelle est aussi finie ^et^sa^me .eœi^ence déterminée j^t ^etée cause elle-même nepeutegdtkr mi être déterminée à agir que par ume cause nôu/^lei^fme

comme les autres et déterminée -cimme elles à Peûdsience^ti à

Vaction ; et ainsi à l'infini.

DfluoNSTR. Tout ce qui est déterminé à exister ^et

à agir, c'est Dieu qui Ty détermine {par la Propos, t^

et le CorolL de la Propos, 24.). -Or, mxe «hose finie ^et

ifui a une existence déterminée n'a pu être prqdipte .^par.la nature absolue d'un .des attributs de .Dieu .; rf^r

tout oe qui découle de la natare .absolue id'un . atlfilwt .divineat înfini et éternel (par la Propos. M). Pat .ieonsé-

•quent^eette chose a dû découler de Dieu oa^'iun deraes

iUttrihuts, en tant qu'on «les considère comiUie ;#ffMÉês ^Vl'ttn.ceptaînmode, puisque tau delà, de la sub«lttqcer«tt4e

ses modes, il n'y a rien (par VAx. 1 et les Déf.)SMifi)9^t yjgaLQ les modes (parie CorolL de JaPwpos. ^) ue^APi que j^QSvaffections des aitrihuts.de l>i^u..Or, la'Chosa^e^KiiMis- ^iiofX^%,pn découler de Dieu ou d'^n attribut de^ J)j,^^n

tant qu'affectés d'une modification éternelle 4i^t.Jin||^e ijfiar la Propos..^). Donc elle a dâ4éc^uler djeijDieia ou «d'un ^ttribut.de Dieu , en tant ^u'^ectés .d'une ffnQ4iA- .'SfiJàon finie et déterminée dans .son,e2.istence. .V^^jij^e fjpr^mier point. MaintenaQt, cette cause Qxi.ce,m^,f,^' sqaélmn^ venons, d'aboutir, «a dû.Oaar la mémeramnfgtU

viffitt4*être expliquée) être déterminée-p^r ^n4pti;^|i|^

PREMIERE FàRTS. — DE DIEU. 31

^égaleiMnt fini«t déterininé dans son existence, el celuici par 5Pitaalre encore {en vertu de la même raison), et ainsi jpgisqikSàKiiifuii i^jourspar lamême raison). C. Q. F. D.

<SCttOL.)£eiDmeil est^néeessaire que certaines choses

raieRiété^frodailes knmédiaieiiMwt par Dieu, c'est à 0a-

\f0Îr ^coU^^qui déoouient néeesaairamentde sa nature

:ûliaihie,:saii8 autre. iBtennédîakeique'ces.premiers attri-

JMfriqGd ne.'i^avent'ètpe ni êtp&«oi»ç«s sans Dieu ; il suit

.lAeiià i^remièremant, jfueDien.estla'caose absolument

;fMroetiaîiie*des'cti08eS'i%iii'Soat:âi«oi^ produites

'fltrdiqi;;«llb«^|q«NrQt fmfiQhaHie,fdis«^,, etooa générique,

nCtpni^Qliidîi^oarflesictfets^de tDiau'»e ^^envent être ni

rAtll0^^<WIÇ«s« Aansvlfuuff f^ause {par ia Propos. A6et le Cordl.

de la Propos. 24) : secondement, que^Dieu ne peut être

^ppdéjfropffemeiit 4a OMse .éloîgttôeides choses particu-

Jiérp6r#ioeiKkfe9taflade;^stiAgu«r.eet ordre de choses

4e ««îles .que Mw j^r^àmt immédiatement, oa plutôt

.]l9ii:suiimt deiMtiO^tve absokie. Par eause éloignée, en

:^S^fmom «wteff^QAB^ttaecaiiseï qui. n'est liée enaueane

4açmL4inM)C:SO|i affet.iQtrila«it>ce qui est. est eaUeu etdé-

'§msi^i^wmhie jDiauiqa'il^ne'peatiêtseiii être cwçu

tJRBM|06. i89. M^gi.a'.nen,deoonÉn§€ntdarisla naturedes êtres; toutes choses au contraire sont déterminées par h »né' €0miéjM0 mdwKxM^ineiyà esûsàmeit^é sigir dme manière

9Éi0wnvu<3biit'Qarfi}i aatest^nDieu {par. la Propos. 15). .Qr,I>iwc#ie firent 6ti^ tiatppelé dbase .eaotUigente, piHs- Hga'îLMwte, fHOQ^paaii'iiie ;foç(m icootûigente, loaisiié-

cessairement (/Mxr la Propos. iii).^Be*m^Q «neoreles tiHpd<Ki><ie,Di(iu« 03tdé«>iilé^<de.JtoLimt»re diyiue^iaonpag «4'Wie li(gaiPii'eoDitii|g!eirte,>mais nôcessaii^emeiit {par 4a

Propos. 16), et cela, soit que Ton considère la.jQature4i-

âlii^ |ifigir.^ria3/h)qM>s».87.). :Aâaei^4aiic,.D

32 ÉTHIQCE.

existent purement et simplement {par le CarolL de h Propos. 24), mais aussi entant qn'on les connaît comme déterminés à telle on telle action {par la Propos, 26)* Qne si Dien ne les détermine en ancnne façon, toute détermination qu'on leur attribuera, sera, non pas une chose contingente, mais une chose impossible {par h même Propos.)^ et au contraire si Dieu les détermine de quelque façon, supposer qu'ils se rendent eux-mêmes indéterminés, ce ne sera pas supposer une chose contingente, mais une chose impossible. Par conséquent, toutes choses sont déterminées par la nécessité de la nature divine, non-seulement à exister, mais aussi à exister et à agir d'une manière donnée, et il n'y a rien de contingent. C. Q. F. D.

ScHOL. Avant d'aller plus loin, je veux expliquer ici ou plutôt faire remarquer ce qu'il faut entendre par Nature naturante et par Nature naturée. Car je suppose qu'on a suffisamment reconnu par ce qui précède, que par nature naturante, on doit entendre ce qui est en soi et est conçu par soi, ou bien les attributs de la substance qui expriment une essence éternelle et infinie^ c'est-à-dire {par le Corail, i de la Propos. 14 et le Coroll. 2 de la Propos. 16) Dieu, en tant qu'on le considère comme cause libre.

J'entends, au contraire, par nature naturée tout ce qui suit de la nécessité de la nature divine, ou de chacun des attributs de Dieu; en d'autres termes, tous les modes des attributs de Dieu, en tant qu'on les considère comme des choses qui sont en Dieu et ne peuvent être ni être conçues sans Dieu.

Propos. 30. Un entendement fini ou infini en acte doit comprendre les attributs de Dieu et les affections de Dieu, et riefi déplus.

DÉMONSTR. Une idée vraie doit s'accorder avec son objet {par VAx. 6), c'est-à-dire évidemment que ce qui est contenu objectivement dans Tentendement doit exister dans la nature. Or, dans la nature (par le Coroll. l delà

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