‹ Œuvres, trChapitre 131 sur 159 · LaXXXI^des 0pp. posih · texte numérisé non relu

LaXXXI^des 0pp. posih

2. Ce Guillaume de Blyenbergh était un marchand de Dordrecht qui se mêlait de théologie. Voyez Colérus, Vie d» Spinoza. ^^ Bnioker, Bitt. crit. phiUn.f t. iT, part. 2 ; — De Murr, Àdnot.. ad Tract., p^ 19, — et notre Notice bibliogftphique.

3. Ce traité e&t\eRenati Descartes PrinctpiaphiîotOfthise,Û(ul]^vhUé en iitl, arec les Cogitata metaphysica comme appendice.

ni ritehesaes, œais la térité toute nue et la tranquillité qfQ'elle mène à sa suite ; qui préfère à toutes les vérités et à toutes les sciences la métaphysique, ou du moins kipart^Q principale de la métaphysique ^ et qui met tout le bonheur de sa vie à eonsacrer à cette étude les heures de se? loisirs. Personne, j'en suis certain, n'est aussi heureux que vous, personne n'a poussé aussi loin ses recher^ ehes et n'a conquis la perfection où je vois par votre livre que vous êtes arrivé* Pour vous dire un dernier mot de moi, je suis un homme qu'il ne tiendra qu'à vous de mieux connaître, si vous, voulez rattacher à vous par lé lien le plus fort, en éclairant sa pensée, et en perçant, pour ainsi dire, le n^o^age qui l'obscurcit

Je reviens à votre traité. En même temps que j'y ai trouvé le plus souvent une nom'riture qaà flattait agréablement mon palais, j'y ai rencontré aussi quelques mets d'une digestion plus difficile. Je ne sais s'il convient à un inconnu de vous apporter ainsi ses objections, et si nae telle importunité trouvera grâce à vos yeux; c*eat ce qtd fait que je commence par vous écrire et par vous demander, dans le cas où les veillées d'hiver vous laisselaiènt quelque loisir et où vous seriez disposé à répondre att-x difficultés que me laisse votre hvre, si vous mo. permettez devons exposer mes scrupules. Bien entendu que crcfla ne mettra pas afastacle aune occupation plus imporr loaite et ne vous gênera es aocuoefaçcm; car ce que j'ai A e«eur par-dessus: tout^ c'est de vous voir exécuter volage pfomesse et dévelefppei" plus au long votre doctrine. J^aurais eu l'honneur' de vioua saluer moi-même et de wus» exposer* de vive voix ce que je vous écris; mais l'Ignorance où je swb de votre adresse, une maladie qui se gagne et les devoirs que* j^ai à remplir m'en ont emr ^ché et m'ont fart différer ma TÎsite.

Pour que cette lettre ne soit pas entièrement vide, et jtan»' l'espérance que je ne vous déplairai pas, je vous somtiettrai une observation. Tous dites en divers endroits àes Prindpes et des Pensées métaphyaqueSf BOit en votce

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nom, soit comme interprète de M. Descartes, preouèrcment, que créer et conserver sont une même chose (ce qui est, en effet, si évident, pour peu qu'on y réfléchisse, que c'est une notion élémentaire) ; en second lieu, que Dieu ne crée pas seulement les substances, mais même le mouvement dans les substances, c'est-à-dire que par une création continuelle il conserve non-seulement les substances dans leur état naturel, mais leur mouvement même et Tefifort qu'elles produisent. Dieu, par exemple, ne fait pas seulement, par sa volonté immédiate et par son opération (quel que soit le nom que vous choisissiez), que l'âme dure et persévère dans son état, mais il est cause que son opération détermine de telle façon le mouvement de l'âme. En un mot, de même que c'est par la continuelle création de Dieu que les êtres durent, de môme l'effort et le mouvement des êtres arrivent en eux par la même cause, et hors de Dieu il n'existe point de cause de mouvement. Il s'ensuit que Dieu n'est pas seulement cause de la substance de l'âme, mais de tous les efforts ou mouvements de l'âme que nous appelons volontés; vous le dites vous-même à plusieurs reprises; or de cette assertion il résuite, ou qu'il n'y a aucun mal dans le mouvement ou la volonté de l'âme, ou que ce mal, Dieu lui-même le produit immédiatement. Et remarquez bien que ce que nous appelons des maux est produit par l'âme et conséquemment par le concours de Dieu et son action immédiate. Prenons un exemple. L'âme d'Adam veut manger du fruit défendu. Qu'arrive-t-il? Suivant ce qui précède^ non-seulement la volonté d'Adam veut par l'influence de Dieu, mais, comme nous allons le fdre voir, c'est par l'influence de Dieu qu'elle veut prédsément ce qu'elle veut, de sorte que. Dieu mouvant la volonté d'Adam, et la mouvant dans le sens déterminé où elle se meut, il arrive de deux choses l'une : ou que l'acte défendu n'est pas un mal, ou que Dieu lui-même fait directement ce que nous appelons le mal. Ni vous ni M. Descartes n'échappez à cette objection en disant que le mal

est un non-être et qu'il n'y a pas de coopération de Dieu au non-être ; car on demande d'où venait la volonté de manger^ d'où venait la volonté des démons de s'égaler à Dieu. C'est une remarque très-juste que vous faites que la volonté n'est pas distincte de l'âme, qu'elle n'est autre chose que le mouvement ou l'effort de l'âme ; donc, pour un mouvement autant que pour un autre, la volonté a toujours besoin du concours de Dieu ; et qu'est-ce que le concours de Dieu, d'après vos propres paroles? rien autre chose que la détermination précise de l'acte par la volonté de Dieu, Il s'ensuit que Dieu concourt également à une mauvaise volonté, en tant que mauvaise, et à une bonne, en tant que bonne, c'est-à-dire qu'il les détermine. Ainsi la volonté de Dieu, cause unique de toute substance et de tout effort, paraît être aussi la cause première d'une volonté mauvaise, en tant que mauvaise. Ajoutez qu'il ne se fait en nous aucune détermination de la volonté que Dieu ne Tait connue dès l'éternité ; il ne peut l'ignorer sans être imparfait. S'il la connaît, comment la peut-il connaître, si ce n'est par ses propres décrets ? Les décrets de Dieu sont donc causes de nos déterminations : et voilà encore qu'une volonté mauvaise n'est pas un mal, ou que Dieu est la cause immédiate et l'agent de ce mal. Notez bien qu'il n'y a pas de place ici pour la distinction des théologiens entre l'acte et le mal inhérent à l'acte; l'acte et le mode de l'acte étaient dans les décrets de Dieu, c'est-àdire que Dieu n'a pas seulement décidé qu'Adam mangerait, mais bien qu'il mangerait nécessairement contre l'ordre de Dieu. De sorte qu'on retrouve partout cette double conséquence : ou ce n'est pas un mal de violer le précepte, ou ce mal, c'est Dieu qui le fait.

Voilà, Monsieur, ce qu'en ce moment je ne puis comprendre dans votre traité ; car ces deux alternatives m'ef- ' frayent autant l'une que l'autre. Mais j'attends de votre habileté et de vos lumières la solution de mon doute, et j'espère être plus tard en état de montrer combien je Tons aurai été redevable. Croyez bien au moins que je ne

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VOUS fais ces questions que par amour de la vérité; je sois libre, sans profession, vivant d'un commerce honnête et donnant à ces études le reste de mon temps. Je vous supplie en toute humilité d'accueillir mesobjeetions. Si vous daignez me répondre, ce que je; désire avBC ai?deuF, adressez votre lettre à**.^., etc.

Dordrecbt, 12 décembre 1664.

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