‹ Œuvres, trChapitre 15 sur 159 · PREMIÈRE PÀRTHE. — DE DIEU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÀRTHE. — DE DIEU

Tf Di aoï R ff i ii. De la senle nécessité de Tessence divine, il

m rérahe que Dien est cause de soi {par la Propos. H ) et

m de toutes choses (par la Propos. 16 et son Coroll. ). Donc,

m h puissance de Dieu, par laquelle toutes choses et lui-

» même existent et agissent, est l'essence même de Dieu.

W PnoFOS. 35. Toute chose que nous conçêioÉ^ eqpunte étant \

» dm h puissance de Dieu existe nécessairement. ' '*^ H; I^oifSTR. Car toute chose qui est dans la "puissance

e»^ de Dieu doit (par la Propos, précéd. ) être comprise dans

th son essence de telle façon qu'elle en résulte nécessaire-

» nwnt. Il est donc nécessaire qu'elle existe. C. Q. F. D, « Propos. 36. Bien n'existe qui de sa nature n'enveloppe

'« ^ique effet.

e- WwHSTR.' Tout ce qui existe exprime la natare et

î. l'essence dé Dieu d'une façon déterminée {par la Prth-

» ?w. 25), c'est-à-dire {parla Propos. 34) que tout ce qui

s existe exprime d'une façon déterminée la puissance de

K Dieu, laquelle est la cause de toutes choses. Donc {par la

e /Vo/W9. 16), tout ée qui existe enveloppe quelque effet. C.O. F. D. '

APPENDICE

J'ai expliqué dans ce qu'on vient de lire la nature de IMen et ses propriétés ; j'ai montré que Dieu existe mèeessairement^ qu'il est unique, qu'il existe et agit parla seule nécessité de sa nature, qu'il est la cause libre de toutes choses et de quelle façon, que toutes choses sont en lui et dépendent de lui, de telle sorte qu'elles ne peuvent être ni être conçues sans lui, enfin que tout a été prédéterminé par Dieu, non pas en vertu d'une volonté libre ou jct'un ahsola bon plaisir, mais en vertu de sa nature absolue ou de son infinie puissance. En outre, partout où l'occasion s'en est présentée, j'ai eu soin d'écarter les préjugés qui pouvaient empêcher q]a'otiTi'^TiL\.^XkâS&.

mes démonstrations ; mais, comme il en reste encore un fort grand nombre qui s'opposaient alors et s'opposent encore; avec une grande force à ce que les hommes puissent embrasser l'enchaînement des choses de la façon dont je Tai expliqué, j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile .de soumettre ces préjugés à l'examen de la raison. Les ipréjugés dont je veux parler ici dépendent tous de cet unique point, que les hommes supposent communément que tous les êtres de la nature agissent comme eux pour une fin ; bien plus, ils tiennent pour certain que Dieu même conduit toutes choses vers une certaine fin déterminée. Dieu, disent-ils, a tout fait pour l'homme, et il a fait l'homme pour en être adoré.

En conséquence, je m'occuperai d'abord de rechercher pourquoi la plupart des hommes se complaisent dans ce préjugé, et d'où vient la propension naturelle qu'ils ont tous à s'y attacher. Je ferai voir ensuite que ce préjugé est faux, et je montrerai enfin comment il a été l'origine de tous les autres préjugés des hommes sur le Bien elle Mal, le Mérite et le Péché, la Louange et le Blâme, VOrdre et la Confusion, la Beauté et la Laideur^ et les choses de cette espèce.

Ce n'est point ici le lieu de déduire tout cela de la nature de l'âme humaine. Il me suffît pour le moment de poser ce principe dont tout le monde doit convenir, savoir que tous les hommes naissent dans l'ignorance des causes, et qu'un appétit universel dont ils ont conscience les porté à rechercher ce qui leur est utile. Une première conséquence de ce principe, c'est que les hommes croient être libres, par la raison qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leurs désirs, et ne pensent nullement aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir. Il en résulte, en second lieu, que les hommes agissent toujours en vue d'une fin, savoir, leur utilité propre, objet naturel de leur désir; et de là vient que pour toutes les actions possibles ils ne demandent jamais à en connaXïTQ que les causes finales , et dès qu'ils les connais*

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