PREMIERE PARTIE. — DE DIEU
IV. La connaissance de Teffet dépend de la connaissance de la cause, et elle Tenveloppe.
V. Les choses qni n'ont entre elles rien de commun ne peuvent se concevoir Tune par l'autre, ou en d'autres termes, le concept de l'une n'enveloppe pas le concept de l'autre.
VI. Une idée vraie doit s'accorder avec son objet. Vn. Quand une chose peut être conçue comme n'existant pas, son essence n'enveloppe pas l'existence.
PROPOSITIONS
Propos. 1. La substance est antérieure en nature à ses affections.
DÉMONSTR. Cela est évident par les Déf. 3 et 4.
Propos. 2. Entre deux substances qui ont des attributs divers^ il n'y a rien de commun.
Demonstr. Cela résulte aussi de la Déf. 3. Chacune de ces substances, en effet, doit être en soi et être conçue par soi; en d'antres termes, le concept de l'une d'elles n'enveloppe pas celui de l'autre.
Propos. 3, Si deux choses nont rien de commun, l'une d'elles ne peut être cause de l'autre,
Demonstr. Et en effet, n'ayant rien de commun, elles ne peuvent être conçues l'une par l'autre {en vertu de VAx. 5 ) , et par conséquent, l'une ne peut être cause de l'autre {en vertu de VAx. 4). C. Q. F. D.
Propos. 4. Deux ou plusieurs choses distinctes ne peuvent se distinguer que par la diversité des attributs de leurs substances^ ou par la diversité des affections de ces mêmes substances.
Tout ce qui est est en soi ou en autre chose (par VAx. 1); en d'autres termes {par les Déf. 3 c( S'i^muxC^^V^OTS&k
4iars'de VeMendement que les substances et leurs aflfëctions. Rien par conséquent n'est donné hors de Tenten-
' dément par qooi se puissent distinguer plusieurs choses,
-si'oe n'e^t iles^sn^taaee^, 'ou, ce qui revient au même
«j('}Mir /a '!D^/'. ^4), i'ks' attributs 'des substances 'et leitrs affections. C. Q. F. D.
Propos. <S, ^il/ne ^pmty 'xwoir dans la nniure de$*éhoses
•'fëwx mb'fimi^eum^PBùb^Êtê»ees^'mém^ en ifai^
très éemws^de^mème atinUmt.
DÉMONSTR. S'il existait plusieurs substances distinctes, elles se distingueraient entre elles ou par la diversité de leurs attributs, ou par celle de leurs affections {en vertu de la Propos, précéd.). Si par la diversité de leurs attributs, un même attribut n'q;)j¥HtfiftTvrkait»doaQTqu*à une seule substance ; si par la diver^té'deleuTs affections , la substance étant antérieure en nature à ses affections (par /a Pro/?05. 1),
^ fumNftsdeiià^qit^on'ïfi^ aMimction^eerafifec^ns, et en considérant en elle-même une des substances^Mctamnées, cleii-â-âipe^n;ia eoiMûdiéraxitiffelon sa ^véritable
:riiatBre igmr^ 'Si^.^vt^*4''^)f(ms9e pmirrait la emicevoir comme distincte des autres ^«ixb»taiiees , ce qui nec^^mit
iéudiise \par. ta ^Pnop^. îpnéûéd^ ) Jtpûi^^ih n'y a 'pointa <^lu-
-{BieimP9ubstoiefe8,'Jinais'«fie)8eBiie/JG. Q. F. D.
'Timos. i6. ^tfnemibstm»eme pêUhêtre pnoéuite far^mie autre substance.
DânmsTR. H serpent «e^«y€fiiv«r Hlans la nâtirre des choses deux substances ^^mêttie>ilttrlbut {peiria Propos, précéd. ) , ie'Q8t'4Kimtq«iitiaîe«(t lettlre 'elles q«ièiqve«èhose de commua (par 7a ^Aro/?M.^lî)^»^'H5enséquettee (;paf^a Propos.' 9) y Tuner iuiffeiut^Mr«l>G«ra9ed64'a«rtne,«oul^&e ne peut ètre.profluiie.<f ar^l'aulre. €.'>Q.'^.1&. oCfMUXAinx. H ^«iit>de{4à»^i»e kL^pieévctMn-ft^iiiPe ^sub-
iBtai»e«stcfafi«e^iib9Mn»oii^4aip«s8ible^^ atîen
^dns ia xmtiiite^iteiB^^cfewses^qm^ies siiA^
U*Piii]as.et.GfiNaB<r, «iMHqB&i?édiUâ6.467J,»B8Bi«iADt.ftQi.àJaiiML 6 qui *n*a aucun rapport à la^ésente quastion. •«• Il nous parait éùdent que ^intention
PfiEMlÈEE PÀILTIE. — 0£ DIEU. 7
. .affections ( comme cela résulte de fAx, i et des Déf. 3 et 5). Or, une substance ne peut être produite par une autre substance {'par la Propos, précéd,). Donc, elle ne , jieutabsdument.pas ètre:produite. G. Q. F. D.
.ApnusBAEmrE.. Cela se démontre plus aisément encore
. par. l'absurde ;.oar, si nme. substance pouvait être pco-
jdnitetla.coBiiaifisaacede cette substance devraitd^endre
. dala Qonnatssanee 4e sa cause {par l'Ax. 4 ) et ainsi ((pàr
Za..Z¥/'.«3}ûeUene serait, plus mne substance.
.Paosas. L^I/êxi^enee appartient à la nature de la smbrsiance.
.DÉuoasm. Lapnodiictîoii delà substance est ehoseimpossiblea(0n «erlti-cb CorolL de4a. Propos, précéd.), La snb- 'fitaïKQe.jtst'doBc cause de soi , et ainsi {par la Déf. 1) son .flsaenee ieiivelo{ipe.rexisteiiee, ou. bien l'exist^ice a^ttr- .iieal^ saïuatuDe-G. 0-F- D.
IteAiies..8. Toute utbstanee est néeessasrement in/hûe.
SUmoêoêsl. ;UneTsnb6tance qui possède un certain attri- .bot «staHiùque en son espèce (par la Propos. 5), et il est .de sa. nature d'^adster {par la Propos. 7). £ile existera ^éaoùr^Saie'Àm infinie. Knie, cela est impossiUe; car .ttUe deviait'alors (paria Déf^.2) ètrebomée parane isn- 4ne . rsubsifiiiee «de .même . nature, laquelle devrait aussi ^eaûterAéeessalcettient (paria J^ropos. 7), et on-'autait «âftffi ^'^^'^ .miha^uor^AA Aa même attribut, ce gui est ab- .fSHBdaj(part/aAriyMs«&)JDoBereUe sera infinie. G. Q. F^^D.
vSfi»BUS.l«i9e:fiai. étant. aU'iond la négation partidle
(deUexistABe&d/aae ]iatttm.^kmnée, «t l'infini l'absolue
afi&rmatien. de' eette eoustenee, il «oit, par 'conséquent .de
.iaiseale Broposi. 7.f|ue^toate.<sttbstaaee.idoit être infinie*
Saoh. â.^Je nedottte pas que .:pour eeux qui jugimt .a¥ae.eoitfii8Îon.de 'tontes.cbofies et ne sont pas aceouluijttésJbios aonnaitre iMcrJeurstpremiers principes, .il n'y uiitdaiaidiffiAulté«àieoinpreiid«e .la Démmistration deda .BffflUft, 7,;5par;«etAeraiaoa^surtout qu'ils^ ne distinguent tpas.^entBe les vjuodifioatâans des ^substénots et lesiBlibitauM^^etute Mî?6n| pas^cownMiiXtt^iit^^
8 ÉTHJQUE.
la production des êtres. Et c*est pourquoi, voyant que les choses de la nature commencent d'exister, ils s'imaginent qu'il en est de même pour les substances. Quand on ignore en effet les véritables causes des êtres, on confond tout; on fait parler indifféremment des arbres et deshommes, sans la moindre difficulté; que ce soient des pierres ou de la semence qui servent à engendrer des hommes, peu importe, et Ton s'imagine qu'une forme quelle qu'elle soit se peut changer en une autre forme -quelconque. C'est encore ainsi que, confondant ensemble la nature divine et la nature humaine, on attribue à Dieu les passions de l'humanité, surtout quand on ne sait pas encore comment se forment dans l'âme les passions.
Si les hommes étaient attentifs à la nature de la substance, ils ne douteraient en aucune façon de la vérité de la Propos. 7; bien plus, elle serait pour tous un axiome, et on la compterait parmi les notions communes de la raison. Par substance, en effet, on entendrait ce qui est en soi et est conçu par soi, c'est-à-dire ce dont l'idée n'a besoin de l'idée d'aucune autre chose; par modification, au contraire, ce qui est dans une autre chose, et dont le concept se forme par le concept de cette • chose. Et de là vient que nous pouvons nous former des idées vraies de certaines modifications qui n'existent pas; car, bien qu'elles n'aient pas d'existence actuelle hors de l'entendement, leur essence est contenue dans une autre nature de telle façon qu'on les peut concevoir ' par elle. Au lieu que la substance, étant conçue par soi, n*a, hors de l'entendement, de vérité qu'en soi.
Si donc quelqu'un venait nous dire qu'il a une idée claire et distincte, et partant une idée vraie d'une certaine substance, et toutefois qu'il doute de l'existence de cette substance, ce serait en vérité (un peu d'attention rendra ceci évident) comme s'il disait qu'il a une idée vraie, et toutefois qu'il ne sait si elle est vraie. Ou bien, si l'on soutient qu'une substance est créée, on soutient par Jâ même raison qu'une idée fausse est devenue une