‹ Œuvres, trChapitre 26 sur 159 · DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AME

arrêtés, et îl leur viendra en la mémoire mille choses qui les empêcheront d'avancer ; c'est pourquoi je les prie de poursuivre lentement avec moi leur chemin, et de suspendre leur jugement jusqu'à ce qu'ils aient tout lu.

Pbopos. 12. Tout ce qui arrive dam l'objet de Vidée qui constitue l'âme humaine doit être perçu par elle; en d'autres termes^ l'âme humaine en aura nécessairement connaissance. Par où f entends que si l'objet de l'idée qui constitue Vâme humaine est un corps, il ne pourra rien arriver dans ce corps Çue l'âme ne le perçoive.

DÉMONSTR. En effet, tout ce qui arrive dans l'objet d'une idée quelconque, Dieu en a nécessairement connaissance {par le Coroll. de la Propos. 9, part. 2), en tant qu'on le considère comme affecté de l'idée de ce même objet, c'est-à-dire {par la Propos. 11, part 2), en tant qu'il constitue l'âme d'une certaine chose. Par conséquent, tout ce qui arrive dans l'objet de l'idée qui constitue l'âme humaine, Dieu en a nécessairement connaissance, en tant qu'il constitue la nature de l'âme humaine ; en d'autres termes {par le Coroll. de la Propos, i i , part. 2), la connaissance de t^et objet sera nécessairement dans l'âme, et l'âme le percevra.

SCHOL. Cette proposition devient également évidente et se comprend même plus clairement par le Scholie de la Propos. 7, part. 2.

Propos. 13. L'objet de l'idée qui constitue l'âme hur maine, c'est le corps, en d'autres termes, un certain mode de l'étendue, lequel existe en acte et rien de plus.

Si, en effet, le corps n'était pas l'objet de l'âme, les idées des affections du corps ne se trouveraient pas en Dieu, en tant qu'il constitue notre âme, mais en tant qu'U constitue l'âme d'une autre chose, c'est-à-dire {par le Coroll. de la Propos. 11 , part. 2) que les idées des affections du corps ne se trouveraient pas dans notre âme. Or {parl'Ax. 4, part. 2), nous avons l'idée des affections du corps. Donc l'objet de l'idée qui constitue l'âme humaine, c'est le corps, et le corps e^stant etL Ql^.!*^ (^i^ar m. %

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la Propos, il, part. 2). En outre, si l'âme avait, outre le corps, un autre objet, comme rien n'exislte {par U Propos. 36, part. 1) d*où ne résulte quelque effet, il devrait se trouver nécessairement dans notre âme {pmr la Propos. 11, part. 2) Tidée de quelque effet résultant de cet objet. Or, notre âme ne possède point cette idée {p» VAx. impart. 2). Donc l'objet de notre âme c'est le eofps, le corps comme existant en acte, et rien de plus.

CoROLL. 11 suit de là que l'homme est composé d'un« âme et d'un corps, et que le corps humain existe tel (ft^ nous le sentons.

ScHOL. Ce qui précède fait comprendre, non-seulement que l'âme humaine est unie au corps, mais aussi en quoi consiste cette union. Toutefois, on ne s'en formera une idée adéquate et distincte qu'à condition de connaître premièrement la nature de notre corps , tout ce qui a été exposé jusqu'à ce moment étant d'une application générale et ne se rapportant pas plus à l'homme qu'aux autres individus de la nature; car tous à des degrés divers sont animés. De toutes choses, en effet, il y a nécessairement en Dieu une idée dont Dieu est cause, delà même façon qu'il Test aussi de Tidée du corps humam, et par conséquent tout ce que nous disons de l'idée da corps humain, il faut le dire nécessairement de l'idée de toute autre chose quelconque. Et toutefois, nous ne voulons pas nier que les idées ne diffèrent entre elles conmie les objets eux-mêmes , de sorte que l'une est supérieure à l'autre et contient une réalité plus grande à mesure que l'objet de celle-ci est supérieur à l'objet de ceUe-là et contient une réalité plus grande. C'est pourquoi, A nous voulens déterminer en quoi l'âme humaine se distingue des autres âmes et par où elle leur est supérieure, il est nécessaire que nous connaissions la rat ture de son objet, savoir le corps humain. C'est ce que je ne puis faire ici, et cela n'est pas d'ailleurs nécessaire aux démonstrations que je veux établir. J« me borne i dire en général qu'à mesure qu'un corps est plus propre

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