DEUXIÈME PARTIE, —DE L*AME
la Propos, a, part. 2) cette connaissance est fort inadéquate dans notre âme. G. Q. F. D.
Propos. 31 . Nous ne pouvons avoir qu'une connaissance fort inadéquate de la durée des choses particulières qui sont hors de nous.
DÉMONSTR. Toute chose particulière en effet, comme le corps humain, doit être déterminée à exister et à agir d'une certaine façon par une autre chose particulière, et celle-ci par une autre et ainsi à Tinfîni {par la Propos. 28ypart. 1); or, comme nous avons démontré dans la proposition précédente, par cette propriété commune à toutes les choses particuUères, que nous n'avons de la durée de notre corps qu'une connaissance fort inadéquate, il faut arrivera la même conclusion pour la durée de toute autre chose particulière, savoir, que nous ne pouvons avoir qu'une connaissance fort inadéquate de leur durée.
CoROLL. n suit de là que toutes les choses particulières sont contingentes et corruptibles ; car nous ne pouvons avoir (par la Propos, précédente) qu'une connaissance fort inadéquate de leur durée, et ce n'est pas autre chose que cela même qu'il faut entendre par la contingence et la corruptibilité des choses {voir le Schol. 1 de la Propos. 33, part. 1); car, hors de là, il n'est rien de contingent {par la Propos. 29, part. 1).
Propos. 32. Toutes les idées, en tant qu'elles se rapportent à Dieti, sont vraies.
Demonstr. Car toutes les idées qui sont en Dieu conviennent parfaitement avec leurs objets {par le CorolL de la Propos. 1 y part. 2) et par conséquent elles sont vraies {par fAx. 6, part. 1). G. Q. F. D.
Propos. 33. Ce n'est rien de positif qui fait la fausseté des idées.
DÉMONSTR. Si vous uicz cela, essayez de concevoir un mode positif de la pensée qui constitue la forme de l'erreur et de la fausseté. Un tel mode ne se peut trouver en Dieu [par la Propos, précédente)^ etîlneçcxsXxiûw^xi^
exislefr iil'se ocmcevoir'hcnnr de^Dieir (pénrlou Pi n /mi 18^ part. i). Par conséquent^ ce db peut rien dtrcpdftpniltt gin fait là f^sseté df« idéesTi C. Q.P. Dj
Pk<»m. 3#. Ihute'tâée; qm'têt compièiè' m nou», e^^ dire adéqrmte et parfaite, est une idée vraie.
DâfOivarrB. Quand nottr disoni^n'il' y a* eir bms une idée adéquate et parRiîte, c*est comme si notirâiskm {parléCoroll. de' la Propo». M) qu'elle est en DieaaAi^ qnHte^et parfaite; en tàntqu'il'c(m9titue l'essence de Tiotre àtoe; par conséquent, c'est connsMi' si nous* disioiit (park Propos. 32, part. 2) qu'une telle idée est vraie:
ftWPOSi 35. Im fam9etédesidêes cmnste dùmlaTprimHm de cmmaismnce qu^ènvel&ppent lèsf idées inadéqtmtes'y (fat^ dire lès idées mutilées^ et confuses.
Il n'y a dans les idées rien de positif qtrii eonstitne la forme de la fausseté (jMrr/âj Propos. 33, pênrti 1). Or, la fausseté ne peut pas consister dans l'absolue- {nivation (car on ne dit pas que les corps se tromfMent ou sont dans l'erreur^ mais seulement- les âmes), ni dans l'absolue ignorance ; car autre chose est l'ignorance, autre chose l'erreur. Elle consiste donc dans la privation de connaissance qu'enveloppe la connaissance inadéquate des choses, c'est-à-dire les idées inadéquates et oonfose»^ g: 0. P. D.
ScHOL. J'ai expliqué dans le Schol. de là Propos. i% part; âvpourquoi l'erreur consiste dans une privatiiMCide connaissance; pour plus de clarté, je donnerai ici os exemple^ Les hommes se trompent en œ' point, qu'ils pensent être libres. Or, en-quoi consiste une telle opinion? en cda'seulèrment qu'il» ont- conscience de* leurs aetiom et ignorent les causes qui les déterminent. L'idée queies homnrefs se font de leur liberté vient donc de ce qo'ik^ne connaissent point la cause de leurs actions, car dirs qu'elles dépendent de là vx>k)ntè, ce sont là de» mots auxquels on n'attache aucune idée. Quelle est en effetia nature de la volonté, et comment meut^dle le corpar, c*ert ce que toatle mande ignore, etce«x quiélè^reoid'aiktres
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prétentions et parlent des sièges de l'àme et de ses demeures prêtent â rire ou font pitié. — De même, quand nous contempbns le sjDTeil, nous nous imaginons qûa est éloigné de nous d'environ deux ceirts^pieds. Qr, cette erreur ne consiste point dans le seul fait dlmaginer une pareille distance ; elle consiste en ce que, au moment où nous l'imaginons, nous ignorons la distance véritable et la cause de celle que nous imag^ons. Plus tard, en effet, quoique nous sachions que le sdléil est éloigné de nous 4e plus de six cents diamètres terrestres, nous n'en continuons pas moins à l'imaginer tout près de nous, parce que la cause gui nous fait imaginer cette proximité, ce n'est point que nous ignorions la véritable distance du solefl, mais c'est que l'affection de ndtre corps ji'enveloppe l'essence du soleil qu'en tant que notre coiçps iui-méme est affecté par le jsoléll.
Propos. d^.Les idées inaiiguates et confuses découlent de la pensée avec la même nécessité £ue les idées adéquates, c'està-dire claires et distinctes.
.DÊiOirsTB. Toutes les idées sont en Dieu (par la Propos, i^fpart. 1) et, en tant qu'elles se rapportent à Dieu, elles sont vraies {par la Propos. Ziypart. 2), et adéquates {par le Coroll. de la Propos.1, part. 2); les idées ne sont donc inadéquates et confuses qu'en tant qu'elles se rapportent à quelque àme particulière {voir les Propos. 24 v^ etSS^rt. 2). Par conséquent, toutes les idées, tant adéquates qu'inadéquates, découlent de la pensée avec la même.nécessité (par le CoroîL de la Propos. %part. 2). Ç. Q.T. D,
Pbopos. 37. Ce gui est commun à toutes choses '{voir le Lemme cirdessus)^ ce gyi eut égcSemerit dans le tout et dans la partie, ne constitue T essence ff aucune (fhose particulière.
DJXOHSTR. Essayez de concevoir, en effet, s'il est possible, qu'il en soit autrement, et, par exemple, que jdb jirincipe commun à toutes choses constitue l'essence ^jme chose particulière^,.'B. Otez^^ le prinqpe commun ne pourra exister, ni ê tre co nçu {parla Déf, 4, pœrt*^^
ce qui est contre l'hypothèse. Donc, ce principe n'appartient pas à Tessence de B, et ne constitue Tessence d'aucune chose particulière. C. Q. F. D.
Propos. 38. Ce qui est commun à toutes choses et se trouve également dans le tout et dans la partie, ne se peut concevoir que d'une façon adéquate,
DÉMONSTR. Soit A ce principe commun à toutes choses et qui se trouve également dans le tout et dans la partie. Je dis que A ne se peut concevoir que d'une façon adéquate. En effet, l'idée de A sera nécessairement adéquate en Dieu {par le Coroll. de la Propos. Impart, 2), en tant qu'il a l'idée du corps humain, et en tant aussi qu'il a l'idée de ses affections, lesquelles {par les Propos, 16, 25 et 27, part, 2) enveloppent partiellement la nature du corps humain et à la fois celle du corps extérieur; en d'autres termes (parles Propos. 12 et i^, part. 2), l'idée de A sera adéquate en Dieu, en tant qu'il constitue l'âme humaine, et en tant qu'il a les idées qui sont dans l'âme humaine; l'âme humaine, par conséquent {en vertu du Coroll. de la Propos, ii, part. 2), perçoit nécessairement A d'une façon adéquate ; et cela, soit en tant qu'elle se perçoit ellemême, soit en tant qu'elle perçoit son corps ou tel corps extérieur, et elle ne peut percevoir A d'une autre façon. C. Q. F. D.
GOROLL. Il suit de là qu'il y a un certain nombre d'idées ou notions communes à tous les hommes. Car {par le Lemme 2) tous les corps se ressemblent en certaines choses, lesquelles {par la Propos, précéd.) doivent être aperçues par tous d'une façon adéquate, c'est-à-dire claire et distincte.
Propos. 39. Ce qui est commun au corps humain et à quel' ques corps extérieurs par lesquels le corps humain est ordi' nairement modifié^ et ce qui est également dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble^ l'âme humaine en aune idée adéquate.
DÉMONSTR. Soit A ce qui est propre et commun au corps humain et à quelques corps extérieurs, et déplus ce qui