DEUXIÈME PARTIE. — DE L'AMB
se trouve également dans le corps humain et dans ces mêmes corps extérieurs, et enfin, ce qui est également dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble; Dieu aura Tidée adéquate de A (par le Coroll. de la Propos, 7, part. 2), en tant qull a lldée du corps humain, aussi bien qu'entant qu'il a celle des corps extérieurs dont il s'agit. Supposons maintenant que le corps humain soit modifié par un corps extérieur dans ce qull a de commun avec lui, par conséquent dans A, l'idée de cette affection en-^ veloppera la propriété A (par la Propos. i6,part. 2); et par conséquent, l'idée de cette affection {parle Coroll. de la Propos. 1, part. 2), en tant qu'elle enveloppe la pro-l priété A, sera adéquate en Dieu, en tant qu'il est affecté de ridée du corps humain, c'est-à-dire {par laPropos. 13, part. 2), en tant qu'il constitue la nature de l'âme humaine; jpar conséquent çnfîn {en vertu de la Propos, li, part. 2), cette idée se trouvera dans l'àme humaine d'une façon adéquate. C. Q. F. D.
Coroll. Il suit de là que l'âme est propre à percevoir d'une manière adéquate un plus grand nombre de choses, suivant que son corps a plus de points communs avec les corps extérieurs.
Propos. 40. Toutes les idées qui dans Vâme résultent d'idées adéquates sont adéquates elles-mêmes.
DÉMONSTR. Cela est évident ; car dire que dans l'âme humaine une idée découle d'autres idées, ce n'est pas dire autre chose {par le Coroll. de la Propos. 11, part. 2) sinon que dans l'entendement divin lui-même il y a une idée dont Dieu est la cause, non pas en tant qu'infini, ni en tant qu'il est affecté de l'idée de plusieurs choses particulières , mais en tant seulement qu'il constitue l'essence de l'âme humaine.
SCHOL. 1. Je viens d'expliquer la cause de ces notions qu'on nomme communes, et qui sont les bases du raisonnement. Mais il y a d'autres causes de certains axiomes ou notions qu'il serait dans notre sujet d'expliquer ici par la méthode que nous suivons; car ou veimX.'^^tWy ///. ^
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quelles saut panm tontes ces notûms celles qui ont vraim^ii une utilité sopéiîeiire, et ceDes gui ne sodt presque #f 'Anenn nsage. On Tenait ansd qneHes sont celles qui timt communes à tons, et celles qnî ne sont claires et distinctes que ponr les esprits dégagés delà maladie Bes pr^ngéSy- ceUes enfin qni simt mal fondées. 'Bn ontre, on | apercevrait rorigine de ces notions qu'on nomme ama-; ikif et par suite les axiomes, qui reposent sur elfes, et plusieurs autres choses qui me sont rennes en*la pensfie par la méditation de céUes-ci. — Hais ayaitt de^finéttim antre traité tout cet ordre de considérations, et craignant d'ailleurs de tomber dans une proUxîté excessive^ j'ffi pris le parti de m'abstenir ici de toucher à cette matière. Toutefois, comme je ne Toudrais rien omettre en ce livre qu'il fut nécessaire de savoir, je dirai en peu fle mots quelle est l'origine de ces termes qu'on appdle transcendantaux, comme être^ jchoêe^ quelque chose, "Ces termes viennent de ce que le corps humain, à cause te sa nature limitée, n'est capable de former à la fois, d^me manière distincte, qu'un nombre déterminé d'images {j'ai expliqué ce que <fest qxiune image dam le SchùL delà Propos» Stlf part.. 2). De telle façon que si ce nombre eÈt dépassé, les images .commencent de se confondre,; et Vil est dépassé plus encore, ces images se mêlent les unes avec les autres dans une .confusion universelle. Dr, on sait parfaitement {par le CorolLde la Propos. 17 et la Propos. 18, fpart. 2.) que.r&me humaine est capable d'imaginer à la fois d'une manière distincte un nombre Se coi^ps d'autant plus grand qu'il se peut former dans le corps humain plus .d'images. Ainsi, dès que les images sont livrées dans le corps à une entière troufùsîon, l'àme n'imagine plus les corps que d'une manière confuse et sans aucune .distinction, et les comprend toittes comme dans un seul attribut, l'attribut être ou chose, etc. Ces notions., du reste, jpeuvent être aussi expliquées -par les divers dqgrés de force que reçoivent les images, et encore j^âT d'autres causes anaXoisa^ qyx^dtJ^^^us besoin
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d'texjdiqEieK'ki^ puisqu'il suffît ponr. le bot qne non» poursuivons d'en considérer une aenle^ et qne tOiitesFic^ viennent^ à- ceci ^ saiwir,. qne. les termes dont novr parlant ne désignanl.rien antre. ehose: qne lesidéeràilenr plot-haut degré de. confusion^.
G'<est par des cwuesf sembkiUes ^e^ae- 9onl:.formée8 Ie&. notiona. qu'oa- nommei vmuersêll»;. par exnnple; Llu»nme^,le GheYid,,le. chien, eto. Ainsi,, il se produit à laiois dans, le coi^ humaÂn^tant d'images d'hommes^ qgid. notre força imaginatiF^ey sans être épuisée entièce* ment^ eB^/pourtant.affaibli& à ce point. qnei'àme humaine na i^utplus.imaginerrle nombre lurôdsrderces images, U'ies petites difiîéi*enûes[,«de.^xu]lem%. de. grandeur, etc., qpi'distingqent.chacune d'ellesu. Gela seul est. distinctement imaginé qui. est commauv à tontes les ima^s, en tant que le corps hnmain est affecté par elles; et il en est. ainsi, «parce qne ca dont le corps humain a été le plu» affecté, c'est précisément, ce qui e^ commun à toutes le» images; et c^estcela qn'oui esiprime par le mot hMKtne, et qu'on affirme de tous les individus humaina en nombre infini.,, le nombre déterminé des images éehappant àx l'imagination^ comme non» l-nv^ms: déjà ejfiiqpé» — Maintenant,, il fiauti^emarquerk que ces no» lions De:sont pasformées de^laméme façon parttratle molkde.;, elles; varient pour ebaeun, suivant ce qui dans laftimages/ade plus: souvent 4i^feeté.son<oorps, et;S«ivaat ce.qpe l'âme ima^ne ou rappelle avec plus de. faeîUté; Par exemple, ceux qui ont.âouvent contempié avec adnuucation la. stature .de l'homme entendent sous le nom dbomme un animal. à slatnre dr43ite; oeux^qui.ont été £BapBé6r.d!ua autre, caractèfe. se: forment de l'homme, en géoénliune antm. image; c'est un' animal capable de iiie,ynn-.animali)ipède aans: plumes^ un: aiùmalirttson-' naUe» et- chacnn.se fcxim^ ainsi^. suivant. lit» disposition dft aon.ccsps^ des images, générales >des.' chosesi II n'y. a done.rien de surprenant à ce xjuetaot dee controverses se soient .élevées entre les philosophes >qiii .ont vodUi.exgti^
guer les choses natureUes par les seules images que nous nous en formons.
ScHOL. 2. n résulte clairement de tout ce qui précède que nous tirons un grand nombre de perceptions et toutes nos notions universelles : 1® des choses particulières que les sens représentent à Tîntelligence d'une manière confuse, tronquée et sans aucun ordre {voir le CorolL de la Propos. 29, part. 2); et c'est pourquoi je nomme d'ordinaire les perceptions de cette espèce, connaissance fournie par l'expérience vague ; 2® des signes, comme, par exemple, des mots que nous aimons à entendre on à lire, et qui nous rappellent certaines choses, dont nous formons alors des idées semblables à celles qui ont d'abord représenté ces choses à notre imagination {voir le Schol. de la Pfvpos. 18, part. 2) ; j'appellerai dorénavant ces deux manières d'apercevoir les choses, connaissance du premier genre, opinion ou imagination ; 3" enfin, des notions communes et des idées adéquates que nous avons des propriétés des choses {voir le Coroll. de la Propos. 33, la Propos. 39 et son CorolL, et la Propos. AO, part. 2 ). J'appellerai cette manière d'apercevoir les choses, raison ou connaissance du second genre. Outre ces deux genres de connaissances, on verra par ce qui suit qu'il en existe un troisième, que j'appellerai science intuitive. Celui-ci va de l'idée adéquate de l'essence formelle de certains attributs de Dieu à la connaissance adéquate de l'essence des choses. J'expliquerai cela par un seul exemple. Trois nombres nous sont donnés, pour en obtenir un quatrième qui soit au troisième comme le second est au premier. Les marchands n'hésitent pas à multiplier le second par le troisième et à diviser le produit parle premier; et cela par cette raison qu'ils n'ont pas encore oublié ce qui leur a été dit sans preuve par leur maître, ou bien parce qu'ils ont fait plusieurs épreuves de cette opération sur des nombres très-simples, et enfin en vertu de Ja Démonsbr. de la Propos. 19 du 7« livre d'Euclide, c'est-à-dire en vertu d'une propriété générale des proportions. — Mais