DEUXIEME PARTIE. — DE L'AME
tout cela est inutile si on opère sur des nombres trèssimples. Soit, par exemple, les trois nombres en question, 1, 2, 3 : il n'y a personne qui ne voie que le quatrième nombre de cette proportion est 6, et cette démonstration est d'une clarté supérieure à toute autre, parce que nous concluons le quatrième terme du rapport qu'une seule intuition nous a montré entre le premier et le second.
Propos. 41. La connaissance du premier genre est l'unique cause de la fausseté des idées; celle du second et du troisième genre est nécessairement vraie.
DÉMONSTR. A la connaissance du premier genre se rapportent, comme nous l'avons dit dans le précédent Scholie, toutes les idées inadéquates et confuses ; elle est donc {par la Propos, 35, part. 2) l'unique cause de la fausseté des idées. Au contraire, les idées adéquates se rapportent à la connaissance du second et du troisième genre; et par conséquent {en vertu de la Propos, 34, par/. 2) elle est nécessairement vraie. G. Q. F. D.
Propos. 42. Cest la connaissance du second et du troisième genre et non celle du premier genre qui nous apprennent i distinguer le vrai du faux.
DÉMONSTR. Cette proposition est évidente d'elle-même. Quiconque, en effet, sait distinguer le vrai d'avec le faux doit avoir du vrai et du faux une idée adéquate ; par conséquent {en vertu du Schol. "à de la Propos. 40, part. 2), connaître le vrai et le faux d'une connaissance du second on du troisième genre.
Propos. 43. Celui qui a une idée vraie sait, en même temps, qi/il a cette idée et nepçut douter de la vérité de la chose quelle représente.
Une idée vraie dans l'àme humaine, c'est une idée qui est en Dieu d'une manière adéquate en tant que sa nature est exprimée par la nature humaine (par le Coroll. de la Propos. 11, part. 2). Supposons donc en Dieu, en tant qu'il est exprimé par la nature de l'àme humaine, l'idée adéquate A. U doit y avoir également en Dieu l'i-
90 ÉîHiQu»;
dée A, laquelle a le même rapport avec Dîeti que^A-elte»^ même {par la Propos, 20, part: % dent la démonstraiim est générale). Or, Tîdée A se rapporté,. parbypothèbe^ ài Dieu entant qu'il est exprimé par la natnredè'î'teiè h» maine. Donc lldéé de A aura avec Dîeulè mêtae rap*) port, c'est-à-dire {parle Corail, delà Propos, il, part: ¥j !que cette idée adéquate de lldée A sera aussi dans cette » âme qui possède déjà l'idée A ; par conséquent, celui qui a une idée adéquate, en d'autres- termes {par la Pr(h pas. 34, /)ar^. 2), celui qui connaît une^ chose selon sa vraie nature, doit avoir en mêtnettemps de sa cosnaîssance une idée adéquate, c*èst-èr-dîre une connaissance vraie, et par une suite évidente posséder la certitude. C. Q. P. d:
SCHOL. J'ai expliqué (tftfw le Sèhoi: de la ft-cjw*. 21, ' part, 2) en quoi consiste Ifdée d'trae idée.' Maïs il faut remarquer que lapréfcédente proposition est, ds'soi, assez évidente. Il n'est personne^ en^effet; qui^ayant•^nr idée vraie, ignore qu'une idée Mraie enveloppe la certitude; car qu'est-ce qu'avoir uwe idée vrwe? c'est' comnaître parfaitement, ou aussi- bien^ que possHjJkv w» chose. On ne peut donc noos cantredireùei, à nsoinsde' s'imaginer qu'une idée est une chose muette et inanimée, comme une peinture, et non wrmodé de la'penséevet l'acte même du penser. D^îlleOT»^ je le demande j qin peut «avoir qu'il comprend une eertaîne chose, si déjà* il ne l'a comprime? En d'autres termes^ si déjà vouant tes certain d'une chose, comment po»vez-voussavoir?qar vtras en êt<»s certain? Et puis, quelle règle de vérité trouverait-on pkts claire et plus certaine qu^ne idée.'vrsMif Certes, de même que la lumière se» montre sof^mêiBie'«l> avec soi montre les ténèbres, ainsi la'véritè est^â ellemême «on critérium et elle est aussi celm de l'erreur.
Oeia suffît, à mon -avis, pourTépondre à; toutcetîordff dé questions; 9ii eu'^eflFét, une idée- vraie ne se» dtstingoi» d\nie4dée fausse que par satcomrenance avee'son'oblc*^ il 'en*Té9uIte donc qvùme idée vraie ne surpasse pasbimeL