DEUXIÈME PAETTE; — DE L*AME. W
idée fànsse en réalité eten perfection (du moins girand' on ne considère que leurs dénominations întrinsèqnes), et* il y a la mètne égalité de perfection entre xm homme tpii a des idées vraies et celui qui en- a de fausses. De plus, iTôù vient que les hommes ont des idées fausses TEnfin, [gomment un homme saura-t-ii qu'il a des idées qui sont i^àccord avec leurs ohjçts? Pour moi, je répète que je crois avoir déjà répondu à ces questions ; car, pour ce qui est de la dififérence entre une idée vraie et une idée fausse^ il résulte de la Propos. 35, part. 2, que celle-là est par rapport à celle-ci 'comme l'être au non-être. Quant aux causes de la fausseté des idéesj je les ai expliquées {dépuis la Propos, 19 jusqu'à la Propos, S^'avec son Schb" lie), et cela de la manière la plus claire. On voit aussi par ces principes la différence qui sépare l'homme qui a dès idées vraies et celui qui n'a que des idées fausses. Reste le dernier point que j'ai touché : comment un^ homme pourra-t-il savoir qu'il a une idée vraie, laquelle s'accorde avec son objet ? Or, j''ai expiîqué plus que suffisamment tout à l'heure que l'on devra savoir qu'on a ume* telle idée par cela seul qu'en aura cette même idée, làvérité étant à elle-même son propre signe. Ajoutez àrcetà q]çie notre âme, entant qu'elle perçoitles choses suivant leur vraie nature, est une partie dé Tentendement infini de Dieu {par le CorolL de là Propos. 11, part, 2); par conséquent, il est nécessaire que lés idées claires et distinctes de notre âme soient vraies comme celles tie Dîeumême.
PaOFOS. 44. Il nest point de là nature de la raison déper» cevoir les choses comme contingentes^ mais bien comme nécessaires.
DiMONSTR. n est dé la nature de la raison dé percevoir lea choses selon leur vraie nattire {par là Propos. 41," part. 2), c'est-à-dire {par FAx. 6, part. 1) telles tpi'élFés sont, .par, conséquent {en vertu de la Propos. 29) comme nécessaires, et non point comme contingentés. C Q.' F. I>.*
CSbaoLL. 1. ir suit dé là que c'est la seule ima^Q^xi
qui nous fait percevoir les choses comme contingentes, au regard du passé cemme au regard de l'avenir.
ScHOL. Comment en est-il ainsi? C'est ce que je vais expliquer en peu de mots. Nous avons vu plus haut (Propos. 17, part. 2, et son CorolU) que Tâme imagine toujours les choses comme lui étant présentes, quoiqu'elles n'existent pas, à moins que certaines causes ne viennent à agir, qui excluent leur existence présente. Nous avons montré ensuite {Propos. 18, part. 2) que si le corps humain a été une fois affecté simultanément par deux corps extérieurs, aussitôt que l'âme vient à imaginer l'un d'entre eux, elle se souvient à l'instant de l'autre, c'est-à-dire les aperçoit tous deux comme lui étant présents, à moins que par l'action de certaines causes leur existence présente ne se trouve exclue. En outre, personne ne conteste que nous n'imaginions aussi le temps, par cela même que nous venons à imaginer que certains corps se meuvent plus lentement ou plus rapidement les uns que les autres ou avec une égale rapidité. Supposons maintenant qu'un enfant qui aurait vu hier, pour la première fois, le matin Pierre, à midi Paul et le soir Siméon, voie ce matin Pierre pour la seconde fois, n résulte évidemment de la Propos. 18, part. 2, qu'aussitôt qu'il verra la lumière du matin, il imaginera aussitôt le soleil parcourant la même partie du ciel qu'il lui a vu parcourir la veille; il imaginera donc le jour tout entier, et en même temps, avec le matin Pierre, avec l'heure du midi Paul, avec le soir Siméon ; en d'autres termes, il imaginera Paul et Siméon avec une relation au temps futur. Au contraire, si on suppose qu'il voie Siméon le soir, il rapportera Paul et Siméon au temps passé, les imaginant l'un et l'autre avec le temps passé d'une manière simultanée. Et tout cela se produira d'autant plus régulièrement que l'enfant dont nous parlons aura vu plus souvent ces trois personnes dans le même ordre. Que s'il arrive, un soir, qu'au lieu de voir Siméon, il voit Jacob, le lendemain matin il ne joindra plus à l'idée du soir la per-