PREMIÈRE PARTIE. — DE DIEU
nous existons, nons, on bien en nons-mêmes, on bien en un autre être qui existe nécessairement {voir VAx. 4 et la Propos. 7). Donc TÉtre absolument infini, en d'antres termes {par la Déf. 6) Dien existe nécessairement. C. Q. F. D.
SCHOL. Dans cette dernière démonstration, j'ai vonln établir l'existence de Dieu a posteriori, afin de rendre la cbose plus facilement concevable; mais ce n'est pas à dire pour cela que l'existence de Dien ne découle a priori du principe même qui a été posé. Car, puisque c'est une puissance que de pouvoir exister, il s'ensuit qu'à mesure qu'une réalité plus grande convient à la nature d'une cbose, elle a de soi d'autant plus de force pour exister; et par conséquent, l'Être absolument infini ou Dieu a de soi une puissance infinie d'exister, c'est-à-dire existe absolument. Et toutefois plusieurs peut-être ne reconnaîtront pas aisément l'évidence de cette démonstration, parce qu'ils sont babitués à contempler exclusivement cet ordre de cboses qui découlent de causes extérieures, et à voir facilement périr ce qui nadt vite, c'est-à-dire ce qui existe facilement, tandis qu'au contraire ils pensent que les cboses dont la nature est plus complexe doivent être plus difficiles à faire, c'est-à-dire moins disposées à l'existence. Mais pour détruire ces préjugés, je ne crois pas avoir besoin de montrer ici en quel sens est vraie la maxime : Ce qui naît aisément périt de même, ni d'examiner s'il n'est pas vrai qu'à considérer la nature en- . tière, toutes cboses existent avec une égale facilité. Il me suffît de faire remarquer que je ne parle pas ici des cboses qui naissent de causes extérieures, mais des seules substances, lesquelles {par la Propos. 6) ne peuvent être produites par aucune cause de ce genre. Les choses, en efifet, qui naissent des causes extérieures, soit qu'elles se composent d'un grand nombre ou d'un petit nombre de parties, doivent tout ce qu'elles ont de perfection ou de réalité à la vertu de la cause qui les produit, et par conséquent leur existence dérive de la ^^ifeç.\\sycv ds^
cette cause, et non de la leur. Au contraire, tout o^ qu'une substance à de perfection, elle ne le doit à aucune cause étrangère, et c'est pourquoi son existence doi' aussi découler de sa seule nature et n'êti'e autre chos^ que son essence elle-même. Ainsi donc la perfectioX3 nîôte pas Texistence, elle la fonde ; c'est Timperfectioi^ qui la détruit, et il n'y a.pas d'existence dont nous puièJsions être plus certains que de celle d'un être absolument infini ou parfait, savoir. Dieu; car son essence ex^— cluant toute imperfection et enveloppant la perfectiorx absolue, toute espèce de doute sur son existence disparaît, et il suffit de- quelque attention pour reconnaîtra que la certitude qu'on en. possède est la plus haute cer^ titude.
Pbopos. 12^. On ne peut concevoir selon sa véritable nature aucun attribut de la substance duquel il résulte que Ic^ substance soit divisible.
Si vous supposez, en effet, la substance divisible, les parties que vous obtiendrez en la divisant retiendront ou non la nature de la substance. Dans le premier cas, chacune d'elles devra êlre infinie {par la Propos. 8), cause de spi {par la Propos. 6), et constituée par un attribut propre; et par suite, d'une seule substance il pourra s'en former plusieurs, ce qui est absurde {par la Propos, 6). Ajoutez que ces parties {en vertu de la Propos, 2) n'auront rien de commun avec le tout qu'elles composent, et que le tout {par la Déf, 4 et la Propos, 10) pourra exister et être conçu indépendamment de ses parties, conséquence dont personne ne peut contester l'absurdité. Dans le second cas, c'est-à-dire si les parties ne retiennent pas la nature de la substance, il en résultera que la substance, quand on la divisera tout entière en parties égales, perdra sa nature et cessera d'être, ce qui est absurde {par la Propos, 7). '
Propos. 13. La substance absolument infinie est indivisible, Demonstr. Si elle était divisible, en effet, les parties