‹ Œuvres, trChapitre 46 sur 159 · TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS

quHl est en elle^ de rappeler d'autres choses qui excluent f existence des premières*

DÉMONSTR. Tant que Tâme imagine des choses qui diminuent ou empêchent la puissance d*agir du corps, la puissance de Tâme et du corps est diminuée ou empêchée {comme nous tavons: démontré dans la précéd. Propos.)^ et toutefois, Fâme continue d'imaginer ces choses jusqu'à ce qu'elle en imagine d'autres qui excluent l'existence des premières (par la Propos. 17, part. 2); en d'autres termes {comme nous F avons montré tout à Vheure), la puissance de l'âme et du corps sera diminuée ou empêchée jusqu'à Ce que l'âme imagine ces choses nouvelles dont on a parlé ; et par conséquent elle devra {par la Propos. 9^ part. 3) s'efforcer, autant qu'il est en elle, de les imaginer ou de les rappeler. C. Q. F. D»

CoaoLL. n suit de là que l'âme répugne à imaginer les ^oses qui diminuent ou empêchent sa puissance et celle du corps.

ScHOL. Nous concevons aussi très-clairement par ce qui

précède en quoi consistemt l'amour et la haine. Vamour

û*est autre chose que la/die, accompagnée de Tidée d'unie

^^use extérieure ; et la haine n'est autre chose que la tris-

^sse^ accompagnée de tidée d'une cause extérieure. Nous

^Oyons également que celui qui aime s'efforce nécessaî-

^ment de se rendre présente et de conserver la chose

^11 aime ; et au contraire, celui qui hait s '^efforce d'é>^

^^^er et de détruire la chose qu'il hait. Mais tout cela

^ra plus amplement développé dans la suite.

Propos. 14. Si rame a été une fois affectée tout ensemble ^ deux passions, aussitôt que dans la suite elle sera affectée fie Fune (TelleSy elle sera aussi affectée de l'autre.

DÉMONSTR. Si le corps humain a été une fois modifié Car deux autres corps, dès que l'âme viendra par la suite à imaginer l'un d'^entre eux, aussitôt elle se souviendra de Tautre {par la Propos. 1&, part. 2). Or, les représentations de l'âme marquant plutôt les affections de notre corps que la nature des corps étrangers (par le CoroW» l\

de la Propos, 16, part, 2). Si donc le corps et par rame {voyez la Déf, 11 ly part, 3) a été une fois affecta deux passions tout ensemble, dès^'elle sera p( suite aflfectée de l'une d'elles, elle le sera égalémei l'autre. C. Q. F. D.

Propos. 15. Une chose quelconque peut causer dans t par accident y la joie, la tristesse ou le désir.

DÉMONSTR. Supposons que Tâme soit affectée à h de deux passions, Tune qui n'augmente ni ne dimîni puissance d'agir, l'autre qui l'augmente ou bien q diminue {voyez le Post, Impart, 3). Il suit évidemme: la précédente proposition qu'aussitôt que l'âme vie dans la suite à être affectée de la première de ces passions par la cause réelle qui la produit, passioi {par hypothèse) n'augmente ni ne diminue sa puiss d'agir, elle sera en même temps affectée de la secc laquelle augmente ou bien diminue sa puissance d* en d'autres termes {parle Schol, de la Propos, H, par elle sera affectée de tristesse ou de joie ; de façor cette cause dont nous parlons produira dans l'âme, par soi, mais par accident, la joie ou la tristesse. Oi montrerait de la même façon qu'elle pourrait pro" aussi par accident le désir. C. Q. F. D.

^..o..j%a., r'ar cela seul qu'au moment où notre âme affectée de joie ou de tristesse nous avons vu un certai jet, qui n'est point du reste la cause efficiente de ces sions, nous pouvons aimer cet objet ou le prendre en h

DÉMONSTR. Cela suffit en effet {par la Propos, iA^pa pour que notre âme, venant ensuite à imaginer cet c soit affectée de joie ou de tristesse, en d'autres te {par le Schol. de la Propos, 11, part. 3 ), pour que la sanee de l'âme et du corps soit augmentée ou ( nuée, etc., et conséquemment Çpar la Propos, 12, joûî pour que l'âme désire imaginer ce même objet, ou le Coroll, de la Propos. 13, part. 3) répugne à le i c'est-à-dire {par le Schol, de la Propos. 13, part. 3) ou haïsse cet objet. G. Q. F. D,

Page 1