TROISIÈME PAETIE. — DES PASSIONS
dire existant en acte. Or, Teffort de rame ou sa puissance de penser est égale et simultanée à Teffort du corps ou à sa puissance d'agir {comme il suit clairement du Cordl. de la Propos. 7 et du CorolL de la Propos, 11, part. 2.) Nous faisons donc effort d'une manière absolue pour que cette chose existe, ou {ce qui est la même chose^ par le Schol. de la Propos. 9, part. 3) nous le désirons et nous y tendons» ce qu'il fallait en premier lieu démontrer. En outre, si nous venons à imaginer la destruction d'une chose que nous croyons être une cause de tristesse, c'estàrdire (par le SchoL de la Propos. 13, part. 3) que nous haïssons, noua en serons r^ouis {par la Propos. 20, part 3), et nous ferons effort pour la détruire {par la première partie de cette Démmistr^ ou. bien {;par la Propos. 13, port. 3) poor L'éloigner de nou& de telle façon que nous ne l'apercevions plus comme présente ; et c'est le second point qu'il fallait démontrer. Donc„ toute chose qu'on se représente, etc.,. etc.C. Q.F. D.
Propos. 29. Nous nous efforçons de faire toutes les choses que nous imaginons que les hommes * verront avec joicy et nous avons de l'aversion pour celles quils verront avec aversien.
I^ÎMONSTR. Par cela seul que nous imaginons que les hommes aiment une chose ou la haïssent, nous l'aimons oaBOoa la haïssons {jpar la Propos. Tl^part. 3) ; ce qui revient i dke ^r le Schol. de la Propos, impart. 3) que la présence de cette chose nous réjouit ou. nous attriste ; et en conséquence (par la Propos, précéd.) nous nous effor- {po8 de faire toutes les choses qu'aiment les hommes ou fflianousnoufi imaginons qu'ils verront avec joie, etc. G* Û^P.D.
Schol. Cet effort pour faire certaines choses ou pour na leapoint fsùre, par le seul motif de plaire aux hommes, se nomme ambition, surtout quand on s'efforce de plaire anvolgaice avec un tel excàs. d'ardeur q]u'on fait certaines
ff. d'eat-eMeudir qn^H s'agit ici et dmia^ les Ptopoétioiis suitautes des lioiiiiiieA
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choses, ou qu'on s'en abstient à son détriment ou à celui d'autrui ; autrement, on lui donne ordinairement le nom d'humanité. Quant à la joie qui provient de ce que nous imaginons qu'une action a été faite par autrui dans le but de nous plaire, je la nomme louange; et la tristesse qui nous donne de l'aversion pour les actions d'autrui, je la nomme blâme.
Propos. 30. Celui qui imagine quune chose qu'il a faite donne aux autres de la joie ressent aussi de la. joie y unie à l'idée de soi-même, comme cause de cette joie; en d'autres termes y il se regarde soi-même avec joie; si au contraire il imagine que son action donne aux autres de la tristesse^ il se regarde soi-même avec tristesse.
Demonstr. Celui qui croit causer de la joie ou de la tristesse aux autres éprouve par cela même {en vertu de la Propos, 27, part, 3) de la joie ou de la tristesse. Or, l'homme ayant conscience de soi-même par les aflfections qui le déterminent à agir {en vertu des Propos, 19 et 23, part. 3), il s'ensuit donc que celui qui imagine qu'une chose qu'il a faîte donne aux autres de la joie éprouvera une joie unie à la conscience de soi-même comme cause, en d'autres termes, se regardera soi-même avec joie; et il en sera de même dans le cas de la tristesse. C. Q. F. D.
ScHOL. L'amour n'étant autre chose {par le Schol. de k Propos. 13, part. 3) que la joie, accompagnée de l'idée d'une cause extérieure, et la haine, que la tristesse également accompagnée de l'idée d'une cause extérieure, la joie et la tristesse dont on vient de parler seront donc une sorte d'amour et de haine; mais comme l'amour et la haine se rapportent aux objets extérieurs, il faudra donner d'autres noms à ce genre de passions. Ainsi, la joie ^ accompagnée de l'idée d'une cause extérieure, nous rappellerons vanité, et la tristesse correspondante, honte; entendez par là la joie et la tristesse quand elles proviennent de ce qu'un homme se croit loué ou blâmé. Je nommerai aussi la joie, accompagnée de l'idée d'une cause étrangère, paix intériQMTQ\ etlatrisl^sa^ corcesçondantei