‹ Œuvres, trChapitre 57 sur 159 · TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DES PASSIONS

ei ne croit lui avoir donné aucun sujet de haine, le hait à son tour.

Demonstr. Celui qui imagine une personne animée par la haine ressent aussi de la haine {par la Propos. 27, part. 3) ; en d'autres termes {par le SchoL de la Propos, 13, part. 3), il éprouve une tristesse accompagnée de Tidée d'une cause extérieure. Or {par hypothèse) il n'imagine ici aucune autre cause de tristesse que la personne même qui le hait; en conséquence, par cela qu'il imagine qu'il est haï par elle, il éprouve une tristesse accompagnée de l'idée de la personne qui le hait ; en d'autres termes [par le même Scholie déjà cité), il la hait à son tour.

Sghol. Que s'il vient à imaginer qu'il ait donné à celui qui le hait un juste sujet de haine, il éprouvera de la honte {par la Propos. 30 et son Schol.). Mais cela arrive rarement {par la Propos. 2^, part. 3). J'ajoute que cette haine réciproque peut aussi venir de ce que la haine est suivie (par la Propos. 39, part. 3) d'un effort pour faire du mal à celui qui en est l'objet. D'où il résulte que celui qui se croit haï par un autre se le représente comme une cause de mal ou de tristesse, et partant est saisi d'un sentiment de tristesse ou de crainte accompagné de l'idée de celui qui le hait ; en d'autres termes , il le hait à son tour, ainsi qu'on l'a démontré plus haut.

CoROLL. I. Celui qui se représente l'objet aimé comme ayant pour lui de la haine est combattu entre la haine et l'amour. Car en tant qu'il croit que l'objet aimé a pour lui de la haine, il est déterminé à le haïr à son tour {par la Propos, précédente). Mais {par hypothèse) il aime cependant celui qui le hait. Il est donc combattu entre la haine et l'amour.

Coroll. II. Celui qui imagine qu'une personne pour laquelle il n'a encore ressenti aucune espèce de passion a été poussée par la haine à lui causer un certain mal s'effbrcera incontinent de lui causer ce même mal.

Demonstr. En effet, celui qui imagine qu'une certaine personne a pour lui de la haine la haira & %oxv \û\v\ V^-^aT

U Propos. prccéd.)y et s'eiforcwptt {par la PropoA. âB, part. 3) de se rappeler et de tourner contre cette p«^ sonne {par la Fn^pos. 39, pari. 3) tout ce qui peut kii être une cause de tiistesse. Or {par hypothèse) y ce qu'elle imagine tout d'abord, c'est le mal qu'on a voulu lui faire; ee sera donc ce même mal qu'elle s'eftorcera de rendra à qui le lui destinait. G. Q. F. D.

ScHOL. L'effort que nous faûsous pour causer du nal è Tobjet de notre haine se nomme colère; celui que nom faisons pour rendre le mal qu'oa nous a causé, cfest la yeogeance.

Propos. 41. Celui qui irmffCnequitestaimédumeertaiM personne, et croit ne lui aueir donné aacun sujet iatuour ( ee qui peut arriver, en vertu du QorolL de la Propos, tt et de la Propos. 16, part. 3), aimera è sm tùur etittepKh sonne.

Cette proposition se démontre par la même voie que la précédente. {Voyet aussi le SchoL deeetle-ci.}

ScHOL. Que si cdui dont nous parions croit avoir donné à la personne qui l'aime un juste sujet d'amour, il sa glorifiera ( par la Propos. 30 et son SckoL , part, â) ; et e'esl là ce qui arrive le i^us fréquemment (par la PropoK 35> part. 3 ), le cas contraire étant celui où Ton se croiA l'oly* jet de la haine d'autrui (ooy. le SchoL de la préeédewée Propos.). Or, cet amour réciproque et l'effort qui es est la suite (par la Propos. 39, part. 3) pour faire du biaa à qui nous aime et veut ainsi nous faire du bien se nomne reconnaissance ou gratitude ; d'où l'on volt que les hommes sont beaucoup plus disposés à Sie vengev d'au* trui qu'à lui faire du bien.

CoBOLL. II. Celui qui croît être aimé d'une persoimt cfu'il déteste sera combattu entre la haine et l'aiaour. Cela se démontre par la même voie que le premi^ GoarolL de la Propos, précédente.

ScHOU Si la haine domine, il s'efforcera de faire dit

mal à l'objet dont il est aimé; et c'est là la passion qnVrn

JH>mme cruauté ^ surtout quand ou. croit que cehii« qui

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