QUATRIÈME PARTIE. — DE L'eSCLAVAGE
en tant qu'elle se peut expliquer par Tessence actuelle de Iliomme {en vertu de la Propos, 1^ part, 3). Ainsi donc , la puissance de Thomme, en tant qu'on l'explique par son essence actuelle , est une partie de la puissance infinie , c'est-à-dire ( par la Propos. SA, part, 1 ) de l'essence de Dieu ou de la nature. Voilà le premier point. En second lieu » si l'homine ne pouvait souffrir d'autres changements que ceux qui se peuvent concevoir par la nature même de l'homme , D s'ensuivrait {par les Propos. 4 et 6, part. 3) qu'il ne pourrait périr et qu'il devrait exister toigours ; et cela devrait résulter d'une cause soit finie , soit infinie , c'est à savoir , ou bien de I^ ^eule puissance de l'homme qui serait capable d'écarter de soi tous les changements dont le principe est dans tes causes extérieures , ou bien de la puissance infinie de la nature , qui dirigerait de telle façon toutes les choses particulières que l'homme ne pourrait souffiîr d'autres changements que ceux qui servent à sa conservation. Or, la premièr-e supposition est absurde {par la l^fi)pos, pr^céd,, dont la démonstration est universelle et se peut appliquer à toutes les choses particulières); si donc l'homme ne pouvait souffrir d'autres changements que Ceux qui se peuvent concevoir par sa seule nature, et s'il était conséquemment nécessaire {comme on vient de le faire Mir) qu'il existât toujours , cela devrait résulter de la puissance infinie de Dieu ; et par suite ( en vertu de la Prcpos. i6 jpart. 1), de la nécessité de la nature divine, en tant qu'elle est affectée de l'idée d'un certain homme, devrait se déduire Tordre de toute la nature , en tant ' qu'elle est conçue sous les attributs de l'étendue et de la pensée ; d'où il s'ensuivrait (par la Propos. 2i, part. 9) que l'homme serait infini^ ce qui est absurde {par la première partie de cette Démanstr.). Il est donc impossible qae l'homme n'éprouve d'autres changements que ceux dont il est la cause adéquate. C. Q. F. D.
CoBOLL* n suit de là que l'homme est nécessairement loi^Qiirs.isouinis aux passions, gn'il suit l'ordre commun
de la nature et y obéit et s'y accommode , autant que la nature des choses l'exige.
Propos. 5. La force et r accroissement de telle ou telle passion et le degré ou elle persévère dans l'existence ne se mesurent point par la puissance avec laquelle nous faisons effort pour persévérer dans l'existence ^ mais par le rapport de la puissance de telle ou telle cause extérieure avec notre puissance propre.
DÉMONSTR. L'essence de telle ou telle passion ne se peut expliquer par notre essence seule ( en vertu des Déf, 1 et 2, part. 3); en d'autres termes {en vertu de la Propos» 7 , part. 3 ) , la puissance de cette passion ne se peut mesurer par la puissance avec laquelle nous faisons effort pour persévérer dans notre être ; mais ( comme on le montre dans la Propos. 16, part. 2) elle se doit nécessairement mesurer par le rapport de la puissance de telle ou telle cause extérieure avec notre puissance propre. C. Q. F. D.
Propos. 6. La force d'une passion ou d'une affection peut surpasser les autres actions ou la puissance de l'homme, de façon que cette affection s'attache obstinément à lui.
DÉMONSTR. La force et l'accroissement des passions et le degré où elles persévèrent dans l'existence se mesurent par le rapport de la puissance des causes extérieures avec la nôtre {par la Propos, précéd.), et par conséquent {en vertu de la Propos. 3 , part 4 ) elles peuvent surpasser la puissance de l'homme , etc. C. Q. F. D.
Propos. 7. Une passion ne peut être empêchée ou détruite que par une passion contraire et plus forte.
DÉMONSTR. Une passion , en tant qu'elle se rapporte à l'âme, c'est une idée par laquelle l'âme affirmé la force d'existence plus grande ou plus petite de son corps (^ vertu de la Déf. gén. des passions qui se trouve à la fin delà partie 3). Lors donc que Tâme est agitée par quelque passion, le corps éprouve en même temps une affection qui augmente ou diminue sa puissance d'agir. Or cette affection du corps reçoit de sa cause ( par la Propos. 5,