QTJATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE
part. 4) la force de persévérer dans son être , et cette force ne peut donc {par la Propos. Q^part, 2) être empêchée ou détruite que par une cause corporelle , qui fasse éprouver au corps une affection contraire à la première (par la Propos. ^,part. 3), et plus forte {par VAx. i, part, 4); et par conséquent Tâme est affectée {par la Propos. 12^ part. 2) de Tidée d'une affection contraire à la première , et plus forte ; en d'autres termes (par la Déf. gén. des passions) y elle éprouve une passion contraire à la première et plus forte , qui exclut par conséquent ou détruit la première ; d'où il résulte finalement qu'une passion ne peut être empêchée ou détruite que par une passion contraire et plus forte. C. Q. F. D.
CoROLL. Une passion, en tant qu'elle se rapporte à l'âme , ne peut être empêchée ou détruite que par l'idée d'une affection du corps contraire à celle que nous éprouvons et plus forte. En effet, la passion que nouséprou* vons ne peut être empêchée ou détruite que par une passion plus forte et contraire ( en vertu de la Propos, précéd.); en d'autres termes (par la Déf. gén. des pass.)^ que par l'idée d'une affection du corps plus forte que celle que nous éprouvons et contraire.
Propos. 8. La connaissance du bien ou du mal n^est rien outre chose que la passion de la joie ou de la tristesse , en tant que nous en avons conscience.
DÉMONSTR. Nous appelons bien ou mal ce qui est utile ou contraire à la conservation de notre être {par les Déf. 1 et ^y part. 4); en d'autres termes {par la Propos. 7, part. 3), ce qui augmente ou diminue, empêche ou favorise notre puissance d'agir. Ainsi donc (par les Dé fin. de la joie et de la tristesse qu'on trouve dans le Schol. de la Propos. 11 , part. 3) , en tant que nons pensons qu'une certaine chose nous cause de la joie ou de la tristesse , nous l'appelons bonne ou mauvaise ; et conséquemment la connaissance du bien et du mal n'est rien autre chose que l'idée de la joie ou de la tristesse, laquelle suit nécessairement {par la Propos. 22 , part, 2 ) de ces deux nu <, ^ — ^ V^
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mêmes passions. Or cette idée est unie à la pa?sion qu'elle représente de la même f«nçon que Tâme est unie au corps {pm^t la Propos. 2i,part, 2); en d'autres termes {commi^ on Va montré dans le SchoL de cette même Propos, ) , cettG idée ne se distingue véritablement de cette passion , c'est-à-dire {par la Dé fin. génér, des pass, ) de l'idée de l'affection du corps qui lui correspond , que par le seul concept. Donc la connaissance du bien et du mal n'est rien autre chose que la passion elle-même , en tant que nous en avons conscience. C. Q. F. D.
Pbopos. 9. La passion dont on imagine la cause comme présente est plus forte que si on imaginait cette même cause comme absente.
DÉMONSTR. Imaginer, c'est avoir une idée par laquelle l'âme aperçoit une chose comme présente {voyez la Dé fin. de Vimagin. dans le SchoL de la Propos. 17, part. 2); et cette idée cependant marque plutôt la constitution du corps humain que la nature de la chose extérieure {par le Coroll. 2 de la Propos. 16, part. 2). Une passion, c'est donc {par la Dé fin. gén. des pass.) un acte d'imagination, en tant qu'il marque la constitution du corps. Or {par h Propos, il, part. 2), l'imagination a plus de force, tant qu'on n'imagine rien qui exclue l'existence présente de la chose extérieure. Donc aussi la passion dont ou imagine la cause comme présente devra être plus forte que si on imaginait cette même cause comme absente. C. 0* F.D.
ScHOL. Quand j'ai dit plus haut, dans la Propos. 18) part. 3, que l'image d'une chose future ou passée nous affectait de la même manière que si celte chose étttt présente, j'ai expressément averti que cela n'était vrai qu'en tant que nous considérons seulement l'image de la chose ; car cette image est de même nature, soit quel nous ayons déjà imaginé la chose, soit que nous ne' l'ayons pas encore imaginée. Mais je n'ai point nié que cette image ne devînt plus faible quand nous venons à contempler des choses présentes qui excluent l'existence