‹ Œuvres, trChapitre 84 sur 159 · QUATRIÈME PARTIE. — DE l'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — DE l'ESCLAVAGE

l'enfant qu'il ne pourrait se persuader qu'il a été enfant, si l'expérience et l'induction ne lui en donnaient l'assurance? Mais pour ne pas donner sujet aux esprits superstitieux de soulever d'autres questions, j'aime mieux n'en pas dire davantage.

Propos. 40. Tout ce qui tend à réunir les hommes en société, en et autres termes^ tout ce qui les fait vivre dans la concorde, est utile, et au contraire^ tout ce qui introduit la discorde dans la cité est mauvais.

DÉMONSTR. En effet , tout ce qui fait que les hommes vivent dans la concorde les fait vivre sous la conduite de la raison {par la Propos, 35,pûr^, 4), et conséquemment {par les Propos, 26 et 27 , part. 4 ), est bon. Au contraire {et par la même raison), tout ce qui excite des discordes est mauvais. C. Q. F. D.

Propos. 41. La joie, considérée directement, n est pas mauvaise , mais bonne; la tristesse , au contraire, considérée directement , est mauvaise.

DÉMONSTR. LBi]oie{parlaPropoSyii,part, S^etsonSchol.) est une passion qui augmente ou favorise la puissance d'action du corps ; la tristesse , au contraire , est une passion qui la diminue ou l'empêche. Donc {par la Propos. SSypart. 4) la joie est bonne , etc, C. Q. F. D.

Propos. 42. La gaieté ne peut avoir d'excès, et elle est toujours bonne; la mélancolie y au contraire , est toujours mauvaise,

DÉMONSTR. La gaieté {voyez-en la Déf. dans le Schol. de la Propos. 11 , part. 3) est une joie qui consiste , en tant qu'elle se rapporte au corps, en ce que toutes les parties du corps sont affectées d'une manière égale , c'est-à-dire {par la Propos. 11, part. 3) en ce que toutes les parties du corps ont entre elles les mômes rapports de mouvement et de repos ; et en conséquence ( par la Propos. 39 , part. 4 ) , la gaieté est toujours bonne et ne peut avoir d'excès. Mais la mélancolie {voyez-en la Déf. dans le même Schol. de la Propos. 11, part, 3) est une tristesse qui consiste, entant qu'elle se rapporte au corps, en ce qiielaçuW

i222 ÉTHIQUE,

sance de ce corps éprouve une diminution on un emp£chement; d'où il suit {par la Propos. 38, pari. 4) (JU'elle est toujours mauvaise. G. Q. F. D.

Propos. 43. Le chatouillement est susceptible d'excès et peut être mauvais; la douleur^ à son tour, peut être bonne, en tant que le chatouillement ou la joie sont mauvais.

Dexonstr. Le chatouillement est un sentiment de joie qui consiste, relativement au corps, en ce que Tune de ses parties, ou bien un certain nombre d'entre elles, sont affectées de préférence à toutes les autres ( voyez la Déf. de cette passion dans le Schol. de la Propos. 11, part. 3); et cette affection peut avoir une telle puissance qu'elle surpasse les autres actions du corps (par la Propos. 6, part. 4), et s'attache à lui avec persistance, de manière à empêcher que le corps puisse être propre à recevoir des modifications diverses; d'où il suit {parla Propos. 38, part. 4) que cette affection est mauvaise. Maintenant, la douleur, qui est au contraire un sentiment de tristesse, prise en soi, ne peut être bonne {par la Propos. Ai, part. 4). Mais comme sa force et son accrois^ sèment se mesurent par le rapport de la puissance d'une cause extérieure avec la nôtre {par la Propos. 5, part. ^, nous pouvons concevoir pour cette passion une infinité de degrés divers de force et des modifications infimes (par la Propos. 3, part. 4), et, en conséquence, on peut la concevoir de telle façon qu'elle puisse contenir le chatouillement, en faire disparaître l'excès, et empêcher ainsi {par la première part, de cette Propos.) que le corps ne devienne moins propre à ses fonctions. Or, sous ce point de vue, la douleur est bonne. G. Q. F. D.

Propos. 44. L'amour et le désir sont sujets à l'excès,

DÉMONSTR. L'amour est une joie {par la Déf. ^despass.) accompagnée de l'idée d'une cause extérieure. Le chatouillement est donc un amour accompagné de Tidie d'une cause extérieure {par le Schol. de la Propos. H, part. 3), et conséquemment , l'amour {par la Propos* précéd.) est sujet à l'excès.

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