‹ Œuvres, trChapitre 86 sur 159 · QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE

pass.) sont contraires à la raison et partant mauvaises {par les Propos, 26 et 27, part, A). C. Q. F. D.

Propos. 49. L'estime rend aisément orgueilleux l'homme qui en est Vobjet,

DÊMONSTR. Si nous voyo;is que, par amour pour nous, on pense de nous plus de bien qu'il ne faut, nous serons aisément disposés à nous en glorifier {par le SchoL de la Propos, 41, part, 3), c'est-à-dire à en éprouver de la joie {par la Déf, 29 des pass,); et ce bien qu'on dît de nous, nous le croirons aisément {par la Propos, 25, part. 3) , d'où il arrivera que, par amour pour nous, nous penserons de nous plus de bien qu'il ne faut, en d'autres termes {par la Déf, 27 des pass. )y que nous deviendrons aisément orgueilleux. C. Q. F. D.

Propos. 50. La pitié est^ de soi, mauvaise et inutile dans une âme qui vit selon la raison.

En effet, la pitié est une sorte de tristesse {par la Déf, 18 des pass.), et partant elle est, de soi, mauvaise {par la Propos, 41, part, 4). Quant au bien qui en résulte, je veux dire celui que nous faisons en nous efforçant de délivrer de sa misère l'objet de notre pitié {par le Coroll, 3 de la Propos, 27, part. 3), la raison seule nous porte à désirer de l'accomplir (par la Propos. 37, part. 4), et ce n*est même que par la raison {par la Propos, il, part. 4) que nous pouvons faire le bien, en sactant certainement que nous faisons le bien ; d'où il suit que la pitié est, de soi, mauvaise et inutile dans une âme qui vit solon la raison.

GOROix. Il résulte aussi de là que celui qui vit selon la raison s'efforce, autant qu'il est en lui, de ne pas être touché par la pitié.

ScHOL. Celui qui a bien compris que toutes choses résultent de la nécessité de la nature divine, et se font suivant les lois et les règles éternelles de la nature, ne rencontrera jamais rien qui soit digne de haine, de moquerie ou de mépris , et personne ne lui inspirera jamais de pitié ; il s'efforcera toujours au contraire, autant que le

comporte Tliumaîne vertu, de bien agir et, comme on dit, de se tenir en joie. J'ajoute que Thomme qui est aisément touché de pitié et remué par la misère ou les larmes d'autrui agit souvent de telle sorte qu'il en éprouve ensuite du regret; ce qui s'explique, soit parce que nous ne faisons jamais le bien avec certitude quand c'est la passion qui nous conduit, soit encore parce que nous sommes aisément trompés par de fausses larmes. Il est expressément entendu que je parle ici de l'homme qui vit selon la raison. Car si un homme n'est jamais conduit, ni par la raison, ni par la pitié, à venir au secours d'autrui, il mérite assurément le nom d'inhumain, puisqu'il ne garde plus avec l'homme aucune ressemblance {por la Propos, 27, part, 3).

Propos. 51. Un penchant favorable pour une personne n est pas contraire à la raison; il peut s'accorder avec elle et en provenir,

DÉMONSTR. Un penchant favorable, en effet, c'est l'amour qu'on a pour une personne qui fait du bien à autrui (par la Déf. 19 des pass,)j et par conséquent, il se peut rapporter à l'âme, en tant que l'âme agit {par la Propos, 59, part. 3), c'est-à-dire (en vertu de la Propos, 3, part 3) en tant qu'elle comprend, d'où il suit que cette inclination est d'accord avec la raison, etc. C. Q. F. D.

Autre DÉMONSTR. Celui qui vit selon la raison, désire pour autrui ce qu'il désire pour lui-même {par la Propos, si, part. A). En conséquence, de cela seul qu'il voit une personne faire du bien à autrui, son propre effort pour faire aussi du bien en est favorisé ; il éprouve donc un sentiment de joie {par la Propos. 11, part. 3), lequel {d'après l'hypothèse) est accompagné de l'idée de la personne qui fait du bien à autrui. Ainsi donc {par la Dif. 19 des pass.)iï a du penchant poUr elle. C. Q. F. D.

ScHOL. L'indignation, telle que nous l'avons définie {voyez la Déf, 20 des pass.)^ est nécessairement mauvaise (par la Propos. 45, part. 4) ; mais il faut remarquer que lorsque le souverain, animé du désir de maintenir la

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