PREMIÈRE PARTIE. — DE DIEU
par son rapport à Dieu {en vertu de la Propos. 15), d'où il suit (par le CorolL 1 de la Propos. 16') que Dieu est la cause des choses qui sont en lui ; voilà le premier point. De plus, si vous ôtez Dieu, il n'y a aucune substance {par la Propos. 14), c'est-à-dire {par la Déf. 3) aucune chose qui, hors de Dieu, existe en soi; voilà le second point. Donc, Dieu est la cause immanente et non transitive de toutes choses. G. Q. F. D.
Propos. 19. Dieu est étemel; en et autres termes, tous les attributs de Dieu sont étemels.
DÉMONSTR. Dieu en effet {par la Déf. 6) est une substance, laquelle {par la Propos. 11 ) existe nécessairement, c'est-à-dire {par la Propos. 7 ) à la nature de laquelle il appartient d'exister, on ce qui est la même chose, dont l'existence découle de la seule définition; Dieu est donc étemel {par la Déf. S). De plus, que faut-il entendre par les attributs de Dieu? ce qui exprime l'essence de la substance divine en d'autres termes {par la Déf. 4), ce qui appartient à la substance. C'est là, dis-je, ce qui doit être enveloppé dans les attributs. Or, l'éternité appartient à la nature de la substance {comme je viens de le prouver en m* appuyant sur la Propos. 7). Donc, chacun des attributs de la substance doit envelopper l'éternité, et tous par conséquent sont éternels. G. Q. F. D.
ScHOL. Gette proposition devient aussi très-clairement évidente à l'aide de la démonstration que j'ai donnée {Propos. 11) de l'existence de Dieu. Il résulte en effet de cette démonstration que l'existence de Dieu, comme son essence, est une vérité étemelle. Ajoutez que j'ai donné aïïïe\iTs{PrincipesdeDescarteSyPropos.i9yuneButrei^reviye de l'éternité de Dieu, qu'il est inutile de répéter ici.
Propos. 20. L'existence de Dieu et son essence sont une seule et même chose.
Deuonstr. Dieu et tous ses attributs sont étemels {par
1. Paulus et Gfrœrer renvoient ici au CoroU. de la Propos. 6; c'est certainement une erreur; il semble évident que Spinoza a voulu s'appuyer en cet endroit •or le Coroll. 1 de la Propos. 16.
Jll. ^
la Propos, précédente) ; en d'autres termes {par laDéf. 8^ chacun des attributs de Dieu exprime l'existence ^Pw conséquent, ces mêmes attributs qui {par la Dé f. 4expiiment son essence étemelle expriment en mènt^ temps son étemelle existence; en d'autres termes^ c^^ qui constitue Tessence de Dieu constitue en même tem^ son existence, et par conséquent ces deux choses n-ea font qu'une.
CoROLL. 1. Il suit de là premièrement^ que Texistent^ de Dieu, comme son essence, est une vérité étemelle
CoROLL. 2. Secondement, que l'immutabilité appartient à Dieu, autrement dit à tous les attributs de Dieu^ Car s'ils changeaient sous le rapport de l'existence, ils de* vraîent aussi (par la Propos, précédente) cbangersou»le raffr port de l'essence, ou ce qui revient évidemment au même et ne peut se soutenir, de vrais ils deviendraient fauXr
Propos. 2i . Tout ce qui découle de la nature absolue d'un» attribut de Dieu doit être étemel et infini^ en d^ autres ter-^ mes^ doit posséder par son rapport à€et> attribut Vétemité^rinfinité.
DÉMONSTR. Si vous uicz qu'il en soit ainsi^ concevez^ autant que possible, dans un des attributs de Dieu, quelque chose qui découle de la nature absolue decefc attribut, et qui néanmoins soit finie et ne possède qu'une existence ou une durée déterminée : par exemple, dans l'attribut de la pensée, l'idée de Dieu« La pensée, puisr qu'on la conçoit comme un attribut de Dieu, est néeeft> saircment infinie de sa nature {parla Propos. 11). Mai», en tant qu'elle contient l'idée de Dieu, on la suppose finie. Or {par la Déf, 2), elle ne peut être finie si elle n'est bornée par la pensée elle-même. Ce ne sera pas par la pensée en tant quelle constitue l'idée de Dieu, puisque la pensée, ainsi considérée, est finie suivant l'hypo^thèse. Ce sera donc par la pensée en tant qu'elle ne constitue pas l'idée de Dieu; et toutefois, la pensée {par la Propos, H) doit exister nécessairement. On aura donc ainsi une pensée qui ne constitue pas l'idée de Dieu, d'où