TUÉIU'SE DE JÉSUS
, NOTES
N. I . La m,aiSnn de Madrid eonsr-wc une partie de crttn lelire qui est larérée, et lesoratoriens'i de Grenade conservent l'aune. Lil: aurait éié crriie l'an 157G le 19 février, du cou velU (l,. Sl-..; ,,.
N. 2. La prieoirc de Caravarjue, que la Sainte excuse dans le nombre premier, était
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Lettres xi.thi-xmx.
Anne Je Saini-AUicrl. Dans son livre des Fondations, sainte Thérèse dit de celte religieuse qu'elle vaut bien mieux qu'elle. Quel éloge et quelle humilité !
N. 5. Avant l'acquisition dont il csi question au nombre "2, les religieuses de Garavaque avaient o; ci, é la maison de M. de Moya. Lzs Fondations de sainte Thérèse en font foi.
N. i. Dans le quatrième nombre, elle donne de sages conseils pour sortir des embarras suscités p:ir le proviseur, qui, du reste, lui servent à la faire augurer bien de cette fondation, puisqu'elle ne passe pas sans contradiction.
N. o. La dame dont le rétablissement lui cause de la joie était la soeur Françoise, qui fut la première professe de Caruvaque, et qui était la sœur de M. de Moya.
A Pierre de la Yancle, chevalier de Salamanque,
Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous , monsieur. Amen. Je suis venue ici dans le désir de me mettre incessamment à l'ouvrage pour établir convenablement ces sœurs. Je n'ai que peu de temps pour m'en occuper; donc pour celte raison , et parce que c'est le moment favorable pour faire bâtir, je suis un peu contrariée de ne pis vous rencontrer sur les lieux. Eiles ont la cédule du roi et l'on n'attend plus rien pour procéder à l'cnquèle; je vous prie de venir au plus tôt, car l'affaire est pressée et de grande importance. Dieu me fait espérer que vous vous entendrez avec moi. Qu'il conduise cette affaire selon son bon plaisir et vous mène par la main.
2. La maison me paraît bien , mais il me semble qu'il ne faudra pas moins de cinq cents ducats pour y entre;-. Quoi qu'il en soit, je suis contente et j'espère que Notre-Seigneur vous donnera la satisfaction de la voir employée à une si bonne destination : qu'il vous conserve longtemps. Considérez que ce serait un grand avantage de commencer les travaux par le beau temps que nous avons ces jours-ci. Pour l'amour de Dieu, faites-nous le plaisir de venir au plus lot. Que si vous ne pouvez \ enir de suile, je vous prie de ne pas trouver mauvais que nous commencions à faire travailler aux murs de clôture. Il en faut plus de deux cents mesures, cela ne nuirait en rien à la maison , quand même elle vous resterait, faute de nous accorder sur le prix. Ce que je vous demande, c'est que vous veniez au plus lot : nous prenous sur nous la dépense. A votre arrivée toul s'arrangera. Que sa divine majesté vous accorde une longue vie et la grâce de l'employer toujours à gaguer la vie éternelle. Le 2 août.
Votre indigne servante vous baise les mains. Thérèse de Jésus.
NOTES
N.l. C'est du collège de Salanianque.où elle se conserve, que celle lettre fut écrite, en 1573.
N. 2. L'acquisition de la maison de Pierre de la Vande n'eut pas lieu, et la Sainte en fut pour ses travaux.
A Matthieu de las Penurlas.
Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit avec vous, monsieur. Ja
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vous assure que votre lettre m'a fait un grand plaisir. Dieu vous rende le plaisir que me causent les choses que vous me dites et votre lettre. Quant au reste, j'ai passé par des temps qui m'ont fait m'oublier moimême, à combien plus forte raison, les vivres des autres. S'il me vient quelque moment de relâche, je vous assure que je m'en occupe davantage que lorsque j'y étais. Je ne comprends pas comment vous dites que c'était moi qui vous encourageais, lorsque c'était vous qui nous donniez à tontes du courage, et je vous prie de le faire encore.
2. Je suis très-fâchée que l'on commence à prendre sur le grain qui esta vendre pour faire du pain. Comme je comptais qu'on le vendrait, je crains qu'on ne perde d'un côté ce qu'on gagne de l'autre. Je viens de donner l'ordre d'acheter du pain avec le prix du grain qu'on vend. J'ai bien ici d'autres soucis; il faut que je voie si je pourrai trouver de quoi faire le voyage pour m'en aller. Enfin j'espère que Noire-Seigneur ne mo laissera pas dans l'embarras. Ne manquez pas cependant de nous continuer vos bontés ordinaires. Je vous recommanderai à Dieu, faitesle au moins pour moi. Je me porte bien , et j'ai tant à écrire que jo ne puis vous en dire davantage.
A vous , TnÉRÈSE de Jésus, carmélite.
Faites-moi l'amitié de voir de ma part M. François de Salcède , et dites-lui que son malheur m'a affligée , mais que depuis que co jeune homme m'a assurée qu'il ne pensait plus au procès , j'en ai eu bien de la joie. On m'a dit que depuis que je lui ai écrit, il était bien fâché et cela m'a fait de la peine : il ne doit pas avoir reçu ma lettre. Occupezvous des lettres des villages, et voyez ce qu'il y a à faire.
NOTES
N. t. On ne connaît ni la date de celle lettre ni ceux qui la conservent. Matthieu de 1ns Pcnuclas.à qui elle était adressée, était d'Avih, et majordome ou bienfaiteur de la maison de l'Incarnation, dont Thérèse était la prieure en litre. Absente, elle se faisait rendre compte de l'administration de cette maison, où il y avait alors plus de 150 religieuses.
N. 2. On voit au deuxième nombre, qu'il y avait du grain a vendre outre le grain destiné à la subsistance, et que le majordome faisait connaître à la Sainte que l'on commençait à faire du pain avec le grain destiné àêtre vendu. Sur quoi elle lui indique un moyen préférable en administration, etc.
A Roch de Jluerta. (Première.) 1. Jésus soit toujours avec vous, monsieur. Amen. Lundi malin il y a eu huit jours que je vous ai écrit par un courrier d'ici pour vous faire connaître les arrangements que nous avons faits avec le provincial Madeleine, et je vous ai envoyé la provision et la notification qui lui a été faite. Je n'ai pas encore su si cela vous était parvenu. Je désirerais bien que vous me le fissiez savoir, car j'en suis fort inquiète. Vous verrez dans ce billet ce qui s'en est suivi. Ces religieuses me font grand pitié; elles m'en font tant que je ne sais qu'en dire, si ce n'est au'il
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rare
me semble que Dieu les aime bien, puisqu'il les met dans de si rudes
épreuves.
2. Depuis que le provincial et A aldémcrc sont ici, ils n'ont fait autre *<g - - chose que des démarches, des menaces et des recherches de personnes
qui leur disent par quels châtiments il faut les contraindre si elles re- *<«{ fusent d'obéir et de voter contrairement à ce qu'elles ont fait et à ce
qu'a approuvé le conseil. Après avoir fait ce qu'il a voulu, il se rend %Z maintenant à l'assemblée générale en toute diligence. On pense que
c'est pour présenter au conseil les signatures des religieuses. Je vous
prie , en grâce , monsieur , de faire connaître la vérité et qu'il les a £3 prises de force; cela fera tirand bien à ces pauvres filles. Il ne faut pas ***, que le conseil pense que les informations de ces pères sont véritables,
puisque tout s'est fait par des voies de rigueur. Que si AI". Padille >».-* reut prendre connaissance de ce billet, donnez-lui en coœmunica-
tion.
^$ 3. Madeleine a dit ici, pour le sûr, qu'il avait une provision royale
j£^ pour faire arrêter Padille , s'il se trouvait ici, qu'il était déjà à deux *^
lieues de Madrid lorsqu'il l'a reçue, et que Tostadc a des pouvoirs
pour les chaussés et les déchaussés et qu'il a déjà envoyé à Rome le ^ pève Jean de la Crois. Due Dieu l'en délivre, puisqu'il est en leur pou- »-*. voir, et qu'il vous donne à vous sa sainte sràce. Le 9 mars. ***-,
~~ Votre indigne servante,
Thérèse de Jlsus. î -'-■
4. Je vous en prie pour l'amour de Dieu, faites connaître le plus tôt ^2
possible au conseil qu'ils ont fait violence à ces religieuses ; ce sera un £* grand remède à tout le mal, et il n'est personne qui prenne coaipas- J***< sion de ces martyrs.
*j". NOTES.
»*** N. 1. Celle leilre, écrite d'Avila, en I57S, se trouve dans la sacristie de l'éslisede;
carmélites de Madrid. Roch de Bueria était un noble et riche courtisan. L'adressa
porte : Ait magnifique s igneur, Roch de Huerta, garde majeur de los montes; ailleu: •f&H le qnalilie do majordome may or de los montesde Madrid. Il fut aussi secrétaire ducon- >*<<< seil roval, et il passa différents actos pour les déchaussés.
N. 2'. .Madeleine, provincial de Caslille, était le P. Jean de la Madeleine, et Yalde- £S morcelait un autre maître de l'Observance. Père Padille était un prêtre aimé du roi, &*/ à cause de sa venu bien connue.
N.5. Elle dit, dans le dernier nombre, qu'il n'y a personne qui ait pi lié de cesmar- ££ 'yrs; c'est le sort de ceux qui souffrent pour lr jusiiee. Celui qui les a traités lèpre»
imer de bienheureux l'a éprouvé plus qu'aucun autre.
Au même Roch de Huerta. (Deuxième.) 1. Jésus soit toujours avec vous, monsieur, et vous fasse la grâce de voir la fin de ces grandes fêles et le commencement de la nouvelle annéeavec autant de joie que j'en ai éprouvéd'une si bonne nouvelle. Celle que nous avait apportée Pierre Riez m'avait fait passer les deux premiers jours dans une grande peine ; mais lorsque le matin de la fête de saint Jean cet autre petit courrier est arrivé, nous avens été exlrêmcs. m. m. 7
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ment consolées. Que Dieu soit béni de nous avoir fuit une si grande grâce. Je vous dirai, monsieur, que ce succès réduit à bien peu de chose mes autres peines. Cependant ce me serait une grande consolation, si je voyais ces deux pères en liberté. J'espère de Notre-Seigneur qu'après qu'il nous a accordé cette faveur, il ne nous refusera pas les autres.
2. Quant a la province, que sa majesté en ordonne selon le besoin qu'elle voit que nous en avons, Dieu vous récompense, monsieur, d'avoir donné de l'argent au licencié et de tout ce que nous vous devons. Si vous en aviez davantage, je n'en aurais pas été fâchée, mais c'est assez en attendant votre réponse. Puisque vous avez avancé cet argent, quand j'y pense, je vous le rembourserai au plus tôt, et je n'y manquerai pas. Je vous prie de faire remettre en main propre les lettres ci-joinles, cela convient. Donnez-moi toujours avis de celles que je vous écris, car j'en suis inquiète et j'en ai sujet. Veuillez bien faire attention qu'il importe que toutes ces lettres parviennent à coup sûr à leur destination. Que je voie seulement nos pères en liberté ; je m'inquiète peu des autres, car Dieu fera pour le mieux, puisque c'est son œuvre. Présentez mes respects à dona Agnès et à ces dames. Le dimanche des Innocents.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus.
NOTES
N. 1. Celle lellre est pour le même, et datée de la môme année que la précédente.
N. 2. Les deux pères dont la Sainte désire la liberté étaient père Graciai! et père Doria, qui étaient en arrestation dans leOrmel de Madrid.
N. 5. Au nombre 3, la Sainte se charge de rembourser un prêt d'argent avancé pour les affaires de la réforme, et promet de s'acquitter au plus tôt, etc.
Au même Roch de la Iluerta. (Troisième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous, monsieur. J'ai reçu votre lettre, ainsi que celles de Joseph Bullon. Que Dieu ait soin de vous; je suis bien inquiète de vous voir partir pour un si long voyage ; mais il y en a si grande nécessité, il faut bien passer par-dessus. Nous vous avons de grandes obligations. Vos talents et vos vertus vous rendent bien estimable. Que Dieu vous fasse réussir I Je vous prie de me faire connaître le jour de votre départ et l'état de votre santé. Je ne vois pas quand je quitterai ce pays, les choses allant de la sorte ; puisse» t-il ne nous arriver aucun malheur, ce serait en de terribles conjonctures.
2. Que Notrc-Seigneur vous tienne compte des bonnes nouvelles que vous m'écrivez. Sachez que, depuis que ces deux messieurs et mes pères dominicains se sont entendus pour agir de concert , j'ai cessé de m'inquiéler de nos affaires, parce que je les connais, et que quatre hommes comme ces qualre-là, arrangeront tout pour l'honneur et la gloire de Dieu, qui est uniquement ce que nous prétendons.
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3. Ce qui me cause maintenant de l'inquiétude, ce sont les pères. En effet, Se peut-il plus vilains cas pour mortifier celles qui portent noire habit 1 Que Dieu y remédie et qu'il vous garde, qu'il vous tienne compte do votre dévouement pour notre ordre et de vos travaux qui me font louer Noire-Seigneur. Partout où il y a de la charité, sa divine majesté fait naître des occasions de l'exercer. Qu'il vous garde ainsi que madame dona Marie. Je ne me lasse pas de l'en prier, quelque misérable que je sois, et je lui demande encore de vous rendre très-saints.
Le 2 mai.
Votre indigne servant
Thérèse de Jésus, notes.
N. 1. Cette lettre, dont l'original est perdu, doit avoir été écrite l'an 15S0.
N. 2. Rullon, dont elle dit, nombre premier, avoir reçu des lettres, était hère Jean de Jésus Roca. Ce religieux, partant secrèiement pour Rome, où il allait plaider la cause de la réforme, se déguisa en milila.irc, et cliangea son nom de Jean en celui de Joseph, et celui de Roca qu'il avait liérité de sa mère, en celui de Bouillon qui était le nom de son père, Llle s'alllige de le voir panir pour un si grand voyage; mais il est nécessaire, et elle s'y résigne. Bullon a des talents et de la vertu, tout ce qu'il foui pour réussir, et il réussit. C'est extraordinaire.
N. 5. Au nombre 2, il est question de quatre hommes sur lesquels sainte Thérèse 6e repose de tout. C'étaient don Louis Manrique, grand-aumônier du roi ; frère Laurent île Villavineence, augustin ; frère Ferdinand del Castillo, et frère Fcrnandez, dominicains. Le roi les avait adjoints au nonce pour examiner ce qu'il y avait à déterminer relativement à la réforme.
A Diego Ortiz.
Jésus. - 1. QueNotre-Seigneur vousdonne, monsieur, sa divine grâce ! J'ai eu ces jours derniers une grande envie de vous voir, et c'est pour cela que je vous ai fait prier de venir; mais voyant que vous ne me faites pas cette amitié et que le moment de mon départ approche, je compte partir demain malin; j'ai voulu revenir sur nos conventions de l'autre jour au sujet des messes chaulées, les dimanches et féles. J'ai remarqué que je n'avais pas bien compris lorsque je vous en ai parlé; je ne pensais pas même alors qu'il fût nécessaire de s'en occuper, et je croyais que quand on avait passé l'acte on avait trouvé ma fia toute simple : mais on me dit que je suis obligée de m'en expliquer.
2. Eh bien ! ce que je prétendais , c'est que messieurs les chapelains fussent obligés à chanter les jours de fêtes ; car alors nous suivions notre constitution et nous n'y obligions pas les religieuses qui, d'après la règle, peuvent à volonté chanter ou ne pas chanter ; la constitution leur donnant cette liberté, il n'y a pas pour elles matière de péché à ne pas chanter. Voyez vous-même, monsieur, si je devais les y obliger; je ne le ferais pas pour quoi que ce soit. Personne ne me l'a demandé, c'est moi qui demandai celte disposition pour notre commodité. Si on commit une erreur dans l'écrit, il n'est pas juste de leur demander de force ce qui est libre de leur part; et puisqu'elles sont disposées à vous faire plaisir et à chanter ordinairement les messes, je vous prie de trouver bon
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lOi LETTRES I.1V-LV.
qu'elles usent de leur liberté, lorsqu'elles se trouveront empêchées de le faire. Pardonnez-moi de vous écrire d'une main étrangère : les sangsucs m'ont affaiblie et ma tèle ne me permet pas de vous en dire davantage. Que Noire-Seigneur vous garde !
3. J'ai été bien contente de monsieur Martin Ramirez. Dieu veuille en faire son serviteur cl vous conserver pour le bien de tous. Vous m'obligerez beaucoup, monsieur, en vous expliquant sur ce qui regarde vos messes. Puisqu'on en chante presque tous les jours , il est raisonnable que vous nous otiez tout scrupule et que vous rendiez le contentement à ces sœurs et à moi-même sur un point de si légère
importance.
Votre indigne servante,
TnÉRÈSE DE JÉSUS.
NOTES
Cette lettre fui écrite à Tolède, en 1570, dans le courant du mois d'août. L'adresse portait:. 4u magnifique seigneur Diego Orliz; mon seigneur Ortiz était un noble habitant de Tolède. Dette lettre est la 41« que la Sainte lui a écrite. Elle semblerait avoir besoin d'autres notes. Ou n'en voit pas l'utilité.
.4 une personne d'Avila.
Jésus. — La grâce du Saint-Esprit soit toujours avec vous , monsieur. C'est un grand bonheur d'avoir pour le temps 'du besoin un bon dépositaire. Je suis maintenant dans un grand besoin; je vous prie donc, monsieur, de donnera M. Julien d'Avila ce que vous pourrez de ce que vous avez. C'est pour frais de voyage qu'on lui a avancés. Je vous en donne décharge en mon nom par ce reçu. Recommandez-moi à Notre-Seigncur ; je le fais pour vous quoique misérable. Dites à M. Le Maître cl a madame Catherine Daza d'en faire autant. C'est pour moi une grande privation de vivre si éloigné de quelqu'un qui m'est si cher : ainsi se passe la vie. Si on n'est pas bien préparé à la trouver remplie de croix, elle devient pénible. Que Noire-Seigneur vous donne le repos et la sainlelé que je vous souhaite A Saint-Joseph de Séville, le h juin 1575.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus, carmélite.
Le Maître était Gasp.ir Daza, celui-là mémo qui avait examiné son esprit, comme clic le rapporte dans le livre de sa Vie, cliap. 23, n. 5. et le même qui plaça le Saint Sacrement dans la première maison de sa réforme. Catherine Daza pouvait être nue sœur de ce digne prêtre.
A Dona Thérèse, de Layz, fondatrice d'Alva. Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit avec vous, madame. J'ai reçu votre lettre, mais je ne puis guère à ce que vous me dites. Lorsque j'en parle à la mère Thomassine Baptiste , elle dit que des pieds à
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la tête elle est troublée à la pensée de retourner clans celle maison ; £';£
puis elle donne de si bonnes raisons de ce qu'elle est bien pour la Iran- j£2 *•* quillité de son esprit, qu'il ne se trouvera pas un supérieur qui prenne £"£ sur lui de le lui ordonner. Elle a maintenant une grande et très-belle maison, et elle est à son souhait. Si vous l'aimez bien, vous devez-vous en H -■*•; réjouir, et non chercher à l'avoir avec vous lorsqu'elle ne le veut pas. Dieu la pardonne; je désirerais tant vous contenter que, s'il m'était possible, je vous contenterais en tout. De grâce, ne vous mêliez pas en peine : il y a assez de sœurs dans l'ordre pour qu'il y ait moyen j£*J de remplacer sœur Tliomassiue. ^S 2. Si vous vous êtes mise en tète que la mère Jeanne du Saint-Esprit && doit être la prieure, désabusez-vous ; elle m'a écrit que pour rien au monde elle ne reprendrait pas celte charge. Je ne sais ce que vous me diles de ces religieuses; je crains que les prieures n'y soient pas long- Wi S a temps, elles renoncent toutes. Je vous en prie, madame , examinez quel )»«; est L'état de voire maison ; dans le trouble on ne saurait servir Dieu. 11 est nécessaire que vous ne leur passiez rien et ne leur accordiez aucune grâce, qu'autant qu'elles seront ce qu'elles doivent être. Que peut :, i:
leur faire une prieure?. Mais ce sont des enfantillages et des caprices indignes des déchaussées et de celles qui n'ont rien de commun avec les chaussées. Peu à peu je parviens à connaître celles qui inquiètent les
autres, et si Dieu me donne la santé, j'irai, dès que je le pourrai, prendre *-*<
connaissance de ces intrigues. Je suis bien peinée : j'ai su avec cerli- ,-***
lude que l'on rend compte à des frères d'un autre ordre de choses bien ?*>*,
inutiles et qui font l'entretien des gens de l'endroit. Ainsi par leurs en- ;4 -'
fanlillages et leurs imperfections, elles font un grand tort à l'ordre et ',1'V.
donnent à penser qu'il est comme celui des chaussées. '^
3. Je vous prie, madame, de le lui dire et qu'elle fasse ses efforts ^^5
,»** pour établir l'ordre, car le P. Gracian ne tardera pas à s'y rendre. Rcn-
)*># dez-moi ce service, puisque telle que je suis, je suis toujours empres- **
£<# sée à vous obliger. Si j'avais su certaines choses que l'on vient de me £ M
ppl dire, je le dis, j'aurais remédié plus tôt au mal; maintenant je dois >«^
j£5 faire pour cela tout mon possible. Je vous prie de faire part de celle *J*
*;J lettre au P. Pierre Sanchez, et de l'assurer de mon respect. Qu'il ré- *^jj
primande celles qui le méritent et qu'il les empêche de communier fré-
**j quemment ; il ne faut pas qu'elles puissent penser que ce n'est rien de *$
troubler un monaslère et d'entretenir des rapports avec ceux de dehors ***•
j*=t sur des choses aussi préjudiciables à celles que le monde regarde déjà ,-***-.
&U comme de bonnes religieuses. 0 Seigneur ! comment se fait-il que là ,V<*<
où il y a votre esprit, les choses aillent mal? Que Dieu se gloriûe lui- £<*i
même et vous conserve longtemps avec la santé que je vous souhaite. j£jj
j£J C'est aujourd'hui le jour de la Transfiguration. j£|J
**\ - Voire indigne servante, #-<*i
*S Thérèse de Jésis. *<*
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100 LETTRE LTI.
NOTES
C'est le couvent du noviciat de Valladolid qui conserve cette lettre. Thérèse Laiz, à qui la Sainte l'adressa, fut la Fondatrice de la maison d'Alva. Sainte Thérèse raconte dans l'histoire di> cette Fondation, que Thérèse Laiz parla trois jours après sa naissance; que Noire-Seigneur lui envoya des songes prophétiques, et qu'elle fut favorisée de plusieurs entretiens avec l'apôtre saint André.
Sainte Thérèse écrivit la lettre à celte daiue, de Palence, le 6 août 1K82.
A dona Agnès Niéto.
Jésus. — 1. 1.a grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous. J'ai reçu une lettre de vous, madame, et le chapelain qui en était porteur, est venu me voirel me parler. Que Notre-Seigneur vous tienne compte des bontés que vous ne cessez d'avoir pour moi. Je prends une si grande part à vos travaux et j'en suis si fatiguée moi-même, que, s'il n'en tenait qu'à moi, vous en auriez déjà vu la fin; mais je suis si misérable que je n'ai pas grand crédit auprès de Notre-Seigneur. 'Qu'il soit loué do toutl S'il permet qu'il en soit ainsi, c'est qu'il le faut pour que vous méritiez une plus grande gloire. Oh! madame, combien sont grands les jugements de notre grand Dieu! Viendra le temps que vous en ferez plus de cas que de toutes les douceurs que vous avez goûtées en celte vie. Maintenant le présent nous est insupportable; mais si nous considérons le chemin qu'a parcouru sa divine majesté en cette vie, et celui de tous ceux que nous savons en possession de son royaume, il n'y aura rien qui nous cause plus de joie que de souffrir, et il ne doit pas y avoir de marque plus certaine pour nous inspirer la confiance que nous allons bien dans le service de Dieu.
2. Ces pensées me consolent en ce moment de la mort de cette sainte dame, madame la marquise de Velada; j'ai ressenti d'autant plus sensiblement sa perte, que toute sa vie a été une vie de croix. J'ai donc la conGance que Dieu la fait jouir maintenant de cette éternité qui n'a pas de fin. Prenez courage , madame : lorsque finiront ces maux , et ce sera bientôt, s'il plaît à Dieu, vous vous réjouirez et M. Albornos avec vous, de les avoir supportés, et vous en éprouverez l'avantage en vos âmes. Je lui présente mes respects; je souhaiterais bien vous voir ici ; cela me serait tout à fait agréable. Que Notre-Seigneur vous comble de grâces, autant qu'il le peut et que je l'en supplie. Nous sommes aujourd'hui le 17 de septembre.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus, notes.
N. 1. Il paraît que celte lettre fut écrite en 1580; mais peu importe. Ce qui importe, beaucoup, c'est de senlir cette force d'aine avec laquelle la grande Thérèse relève le courage abattu de madame Niéto.
N 2. Dans le premier nombre, elle lui dit pour sa consolation qu'elle porte ellemême une bonne partie du poids de ses peines, dont sans doute elle s'était plainte; compassion bien propre à loucher le cœur de celle qui souffrait. Ainsi préparée, comment ne recevrait-elle pas celle doctrine plus solide, qu'à de plui grands travaux
ES
{m^Miimixumimummimimmïmitiim.
mi
ImJ lettre lvii. 107 *J
correspond une pas grande gloire? Transportée ensuiio dans le ciel par la Sainle, peut- ES
elle rabattre quelque chose de ce qu'elle lui dit conformément à ce principe, que ;**■
lous ses maux auront pour elle ulus de prix que toutes les douceurs de cette £*•
vie' etc. ***.
N. 5. Au nombre 2, elle confirme sa doctrine du précédent par l'applicalioiv £•**
(£2 qu'elle en fait à dona Yelada, dont elle déplore la mort récente. ;***
g LETTRE LVII. *$
Ç* 4«tte rfame. ££
-? t Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous , madame. Je *** £*j nai pas besoin de vous avoir vue, madame, pour sentir ce que vous jfejj faites pour moi , en m'offrant l'occasion de vous présenter mes respects.
&JJ Depuis que j'ai entendu dire comment vous appréciez ce qui est bien, * *
j£j| je me serais procuré ce contentement de moi-même , si je l'avais pu. £4s
Je vous prie donc, madame, d'entendre que, lorsque vous viendrez ££
ici, vous me ferez un bien grand plaisir; et si c'est dans des circon- £**
stances où voire séjour puisse se prolonger beaucoup, j'y gagnerai £2
d'autant. J'aurais eu si peu de temps le jour de saint Thomas, que j'ai ** été charmée que vos affaires vous l'aient fait remettre à un autre jour.
2. Ce que vous dites, madame, serait bien plutôt de nature à actroi- * ï,
tre qu'à affaiblir mon contentement ; si ce n'est pas pour traiter de &H
^ choses de spiritualité, toutes les autres choses ne pourront qu'y ga- £*
|£2 gner beaucoup. C'est ainsi qu'il doit en arriver, lorsque vous en êtes sur %%
jjjj le service de Dieu , puisque vous respirez une si bonne doctrine. Il |£*
JEJj paraît que vous le méritez bien, madame. Veuille Notre- Seigneur que "H
(£* la misérable servante que vous voulez prendre ne vous en fasse rien *i"4t
**| perdre. Considérez donc , madame, ce que vous faites ; après m'avoir »">*
£3 admise en cette qualité, vous restez liée et dans l'obligation de ne pas ?-*,
>M< me renvoyer. En toutes choses, il sert de beaucoup de prendre garde £^
>M< aux commencements, afin que les fins soient bonnes. Pour moi, je ne £*j
£!* saurais manquer de l'être : ainsi , le jour que vous voudrez, et à l'heure £j
j»3j qui vous conviendra. le plaisir sera grand pour moi. Que Notre-Sei- *î
£5 gneur soit toujours, madame, votre lumière et votre guide. £*
îtîj Votre indigne servante , **;
#-'*, Thérèse de Jéscs. £*
jtï rotes. ^^
».^ N. 1. La beauté et le laconisme du style, non moins que les fleurs délicates de la J2
f=t{ plus exquise politesse, caractérisent éminemment cette lettre, l'une des plus remar- *>ï!
*J qu.ibles de la Sainte. On ignore à qui elle fut adressée, ainsi que le temps et le lieu jj*
ft% où elle fut écrite. L'original est à Valladolid, entre les mains de don Josepb Lazo da ££*
j»*î Mendoze, vicomte de Viloria. j»,^
N. -2. D'après le nombre premier, il paraîtrait que la dame avait demandé un en- ?»■■•!
j».^ tretien à la Sainte qu'elle désirait voir. Elle lui répond poliment qu'elle lui accorde £**
*-^ sa demande et qu'elle n'a pas moins le même désir. Elle enchérit encore : ayant ap- >r2
rjj pris quel était son goût pour tout ce qui est bien, elle serait allée au devant de ses /t*n
#*£ désirs et l'aurait prévenue, si elle l'avait pu. Cela donne à entendre qu'il s'agissait ***
n-^ d'une dame de distinction. Elle emploie ensuite les attraits de l'amitié : la visite sera £jj
*<*! d'autant plus agréable, qu'elle sera plus longue. Elle est différée; tant mieux, elle ?t»*t
£3 en sera plus longue. Tout cela se dit avec une précision, une douceur de style et
)t% une finesse de langage inimitable et dont on voit peu d'exemples non-seulenieni dans J^
ssmgmEmggggmsms^
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la laii"uc espagnole, au dire même des naturels, mais encore dans la nôtre, du moins Selon moi.
N. 5. La première phrase du nombre 2 donnerait à entendre que celle dame lui avait marque qu'elle n'était pas venue le jour où la Sainte n'aurait eu que peu de temps à lui donner pour se ménager le plaisir de s'entretenir long-temps et seule à seule. Celte attention n'esl pas perdue pour la Sainte. 11 n'y a qu'à relire ce nombre pour voir comment elle s'en lire. Imitons une de ses finesses. Soyons laconique.
A une dame.
Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saiut soit avec vous , madame. Amen. Je vous apprends, madame, que l'évêquc nous envoya hier douze fanèques de blé. Puisque c'est à cause de vous que l'aumône nous est faite, il est bon que vous le sachiez et vous le verrez par vous-même. Je vous prie de me faire savoir comment vous vous porlcz parce temps humide, et si vous vous êtes confessée pour la fête de ce glorieux Saint, qui est si grand et auquel vous avez bien raison d'avoir de la dévotion, puisqu'il a tant aimé les pauvres.
2. Madame dona Marie m'a fait dire qu'eue ne se lient pas payée du
reliquaire , tant que vous ne me l'ayez donné ; elle en parle comme
s'il était à elle : je pense comme vous que vous y avez droit. Comme
c'est à Dieu de récompenser cette libéralité et toutes celles que vous
nous faites, il verra clair dans ce procès et il le jugera selon le bon
droit. Que sa divine majesté vous conduise par la main et vous guide
de longues années. La mère prieure et les sœurs se recommandent à
vos prières.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus.
NOTES
N. 1. Celte lettre qui ne le cède guère en politesse à la précédente cl qui était encore, selon les apparences, pour une dame de qualité, est conservée dans le cou\ eut d'L'clès. Point de date, ni d'adresse.
N. 2. Le saint qui aime tant les pauvres est certainement saint Joseph.
N. 5. Le procès agréablement intenté dans le second nombre est plaidé parla Sainte en laveur de sa partie adverse. Cette dame a droit au reliquaire, parce qu'elle croit y avoir droit et que la Sainte est de son avis. Elle l'a bien gagne par ses largesses et sa protection : Dieu est pris pour juge en dernier ressort cl s'il ne le lui adjuge pas, ce sera à lui de le payer. Que la dame qui avait jeté celte pomme de discorde, fut dona Marie de Meudoze, ou toute autre, nous n'y tenons pas.
A la mère Marie-Baptiste, prieure de Valladolid et cousine de la Sainte.
(Première.) 1. Jésus soit avec vous , ma fille. C'est un si grand marcheur que votre serviteur, que je l'attends demain malin de Madrid où je l'ai envoyé, faute de trouver quelqu'un à qui je confie ces affaires. Il est armé hier, jeudi. J'écrirai en même temps des lettres pour Avila , et je ne pourrai l'expédier que demain à midi , parce que mes yeux et ma tète n'en peuvent plus. Ainsi, si Dieu le veut, il partira demain. J'aurais voulu vous écrire longuement, ainsi qu'à madame dona Marie.
Je suis presque guérie ; le sirop dont je parle à notre père m'a délivrée du tourment de ma mélancolie, et ainsi je crois qu'il m'a ôté la fièvre.
2. Comme j'étais de bonne humeur, la lettre jointe à la vôtre m'a fait rire un peu ; ne le dites pas à notre père Dominique , à qui j'en écris une fort gaie, peut-cire vous la montrera-l-il. La sienne et la vôtre m'ont fait un grand plaisir et surtout la dernière. En apprenant que celte sainte jouit du repos et qu'elle a fait une telle mort, je suis étonnée qu'il se trouve quelqu'un qui s'afflige de son grand bonheur, à moins qu'on ne lui porte envie. Je vous plains , ma fille , de la peine que vous auront donnée ces grandes affaires ; je les connais, mais je ne crois pas que vous vous fussiez mieux portée. Au contraire, moins bien, si vous fussiez resiée tranquille comme vous dites ; et cela me paraît certain, car je connais votre tempérament et je ne trouve pas mauvais que vous travailliez. Dans le fait, il faut que vous soyez sainte d'une manière ou d'une autre ; le désir de la solitude vaut mieux poui vous que la solitude
3. Oh ! si vous voyiez le mouvement que l'on se donne , quoique en secret, en faveur des déchaussés ! Il y a de quoi louer le Seigneur. Les auteurs de celle heureuse entreprise sont Gracian et Marian, qui sont partis pour l'Andalousie. Toutefois , ma joie est bien rabattue par la peine que cela va causer à noire père général, que j'aime beaucoup , et par la mauvaise situation où nous nous trouvons. Je la recommande à Dieu. Le P. Fra Dominique vous dira ce qui se passe et vous le verrez dans les papiers que je vous envoie. Ne m'envoyez plus ainsi ce que vous m'écrirez, mais servez-vous d'une personne sûre, dussiezvous pour cela attendre quelques jours. Le P. visiteur nous fait bien faute , nous avons du malheur qu'il soit si loin ; mais le fût-il encore plus, je crois que nous devrions lui adresser un message. Nous avons des affaires pour lesquelles il ne suffit pas de noire prélat, ou pour lesquelles il n'est pas compétent. Qu'il le soit longtemps.
'*. Quant au père Médina, lors même qu'il ferait encore pis , il n'y a pas de danger que cela me trouble ; je ne fais qu'en rire. Un demimot du frère Dominique me ferait bien plus de peine. Pour lui, il ne nie doit rien, et s'il ne me rend pas justice, cela ne me gène guère. Il n'a pas gouverné nos monastères , il ne les connaît pas, il ne doit pas s'y intéresser à l'égal de frère Dominique, qui les aime, et qui en fait sa propre affaire , lui qui en a élé le vrai soutien. Us ont eu là de grands embarras d'affaires, mais ils en auront encore quelqu'un dans celles de leur maison.
5. Faites de ma part de grands compliments à dona Marie de Samaniégo : dites-lui qu'ainsi va le monde, et qu'on ne doit mettre sa confiance qu'en Dieu seul. Je crois tout ce que Votre Révérence m'écrit d'elle-même et de sa sœur. Il est fort heureux qu'on n'ait pas élé plus loin : nous devons être reconnaissantes, et c'eût élé une grande ingratitude envers notre évoque. Avec le temps, Notre-Seisneur donnera