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une autre tournure aux choses et l'on fera peut-être quelque' chose pour la consolalion de ces dames. Je voyais bien que cela ne ferait pas plaisir à madame dona Marie. J'ai eu la pensée de lui écrire, mais je ne crois pas pouvoir le faire. Faites de ma part de grands remerciements à la prieure de la Mère de Dieu. On nous fait ici beaucoup de bien par son entremise. Comme j'ai mal aux yeux, elle m'excusera de ne pas lui écrire. Prenez vous-même soin de votre santé; vous pourriez bien payer tant de travaux et de mauvaises nuits que vous avez eues.
6. Oh 1 quel désir j'ai de pouvoir y aller quelque jour, puisque je n'en suis pas éloignée 1 mais je n'en vois pas le moyen. Dites à ma Casi!dc de lire la lettre de sa tante , et que , si elle veut , je lui enverrai celle qu'elle m'a écrite. II y a longtemps qu'elle est ma maîtresse et une personne à qui je confierais tout. Elle doit m'oublier un peu. Que Dieu soit avec elle et me la conserve 1 Je l'aime extrêmement. Je no sais comment je suis jalouse qu'elle soit si bien avec mon père. Ello sera ici comme elle me trompe et que je la crois grande servante de Dieu. Qu'il la rende sainte. C'est aujourd'hui le 14 mai. J'ai un grand désir de voir ma bonne Marie de la Croix ; dites-lui, ainsi qu'à Stéphanie, bien des choses de ma part. Pierre Hernandez est venu étonné d'elle,
et il a raison.
Votre Thérèse de Jésus.
J'ai eu connaissance des conseils donnés par Isabelle de Saint-Paul, qui m'a fait rire avec ses monastères. Elle m'a donné la vie dans ma mauvaise sanlé; son caractère et son contentement m'ont fait plaisir. Je vous dirai qu'elle est au fond assez capable et que , lorsqu'elle se porte bien, on peut la charger d'une affaire.
NOTES
N. 1. La Sainte écrivit cette lettre à Ségovie en 1574.
N.2. Doua Marie-Baptisie, à qui la Sainte adresse celte lettre, étant encore séculière, avait offert mille ducats pour les besoins de la réforme naissante. Elle s'of- Irit plus lard elle-même à Dieu en se faisant carmélite. A la fin du nombre 4, la Sainte pnle d'un sirop qui lui a ôlé la mélancolie et la fièvre, deux maux engendrés l'un par l'autre.
N. 5. Au nombre 2, il paraît que le P. Dominique Banez et Marie Baptiste avaient écrit à la Sainle pour lui donner connaissance de la mort d'une religieuse que la Sainie qualifie de sainle. Ce ne pouvait être que Béalrix de l'Incarnation.
N. 4. Le mouvement imprimé par Gracian ei Mariai» avait pour but de faire le P. Gracbn visiteur; il fallut un an aux minisires de Philippe II, pour se décider à lui accorder cette dignité. Dominique Banez menait celle affaire, c'est pourquoi la Sainte dit à sa cousine qu'il lui apprendra où elle en esl. Il élait alors visiieur par intérim, et c'est pourquoi, elle l'appelle notre père. Frère Pierre Hernandez, visiieur apostolique, avait donné ei délégué ses pouvoirs à frère Banez, et il finit par le faire prélat; voilà pourquoi la Sainle dit qu'elle a besoin du visiteur principal, et que le prélat est incompétent pour les affaires qu'elle a.
N. S. Au quatrième nombre, elle met une différence marqué* entre père Médina et père Banez.
N. 6. On ignore quelle élait la tante de Casilde. ^ — i,
A la même mère Marie-Baptiste, prieure de Valladolid. (Seconde.) 1. Jésus soit avec vous , ma fille. Votre fâcherie ne m'a pas déplu:
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toutefois je dois vous dire que je ne gagnerai guère à ne pas aller vous voir, ou plutôt j'y gagnerai d'autant plus qu'il me semble que je ne l'eusse pas fait par un motif de perfection , puisque rien ne m'y force. Où il y a le père Maître , quel besoin peut-on avoir de moi ? Ainsi , si on me le commande, j'irai ; sinon , je n'en parlerai pas. 11 me semble bien que je sers à quelque chose partout où je vais , quoiqu'il ne paraisse pas qu'il y ait rien à faire ; mais comme vous êtes si prudente, peut-être que chez vous je ne ferais pas autre chose que de me réjouir. C'est que, sans doute, je ne suis bonne à rien de mieux.
2. Ce n'est pas la peine de parler de ce qui regarde la sœur converse, puisque c'est fait ; mais je dis que c'est un peu fort que trois religieuses , comme on dit, aient tant de converses. C'est tout-à-fait sans exemple. Je crois qu'il faudra se concerter avec le P. visiteur pour qu'il en détermine le nombre, comme celui des religieuses. Je ne sais que dire de ce que vous ne me dites pas à quel point vous allez mal , et cela me fait beaucoup de peine. C'est une grande illusion de croire voir de la perfection dans vos privations , lorsque vous voyez qu'il s'ensuit le dérangement de votre santé. Je ne sais ce que fait mon père ; qu'il sache que je serai fâchée, s'il n'obéit pas en cette circonstance à Marie de la Croix.
3. Je suis très-discrète sur de pareilles choses. A la vérité , j'ai toujours eu peu de perfection, et à présent, il me semble avoir encore moins occasion d'en acquérir, puisque je me fatigue, que je vieillis et que je suis effrayée de me voir. Ces jours derniers j'ai eu un mal d'estomac et les noix sont venues à propos, quoique j'en eusse qu'on m'avait envoyées ici : elles sont fort bonnes. Mangez pour l'amour de mei celles qui vous restent, et faites de grands remerciements de ma part à la comtesse d'Osorno. Je crois n'avoir reçu qu'une lettre de sa seigneurie et ne lui en avoir écrit qu'une ; mais je lui récrirai, si je peux, car il m'est arrivé aujourd'hui trois paquets de lettres, sans compter celles que je reçus hier et mon confesseur est à la grille ; et comme il dit qu'il va expédier incessamment le jeune homme, je ne pourrai pas être longue.
k. Oh ! que la lettre de mon père respire la tristesse 1 Voyez au plus tôt si le père visiteur vous a donné des pouvoirs par écrit. Ces chanoines me donnent de l'inquiétude : les voilà qui demandent au prélat une autorisation de nous obliger au cens. Si mon père peut la donner, ce doit être par écrit, ou par main de notaire. Qu'il voie les pouvoirs qu'il a. S'il peut donner cette autorisation, je le prie de me l'envoyer tout de de suite, s'il ne veut pas qu'ils m'accablent ; car nous serions déjà dans la maison, n'étaient ces trois mille méchants maravédis, et peut-être serais-je assez libre pour qu'on m'y envoyât pour y voir les choses : je le voudrais, ne fût-ce que pour savoir ce que c'est que leur religieux. Dites à Marie de la Croix que sa lettre m'a fait grand plaisir, et que le plaisir que je veux qu'elle me fasse maintenant, c'est de rendre service à Votre Révérence.
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5. Continuez vos bonnes relations avec le recteur, car je vous dis qu'il sera peut-être votre ami plus que personne, et enfin ces pères font des progrès. C'est le recteur d'ici qui fit l'acquisition. Il est entré au chapitre, où il fait fort bien. Que Dieu vous conduise, ma fille. Ne vous fâchez pas : si je vous disais que je désire y aller, ce serait un mensonge ; je ne le désire pas. Si j'y vais, toute cette seigneurie et les embarras me fatigueront assez ; mais je passerai par-dessus pour vous voir.
G. Hier soir je vous ai écrit quelques lignes et c'est assez pour le moment, vu la presse que j'ai eue, vous écrivant celles-ci. Elles se recommandent toutes à vous. Que Dieu vous rende sainte. Vous avez mis beaucoup de politesse dans vos réponses à mon père. Je ne sais à qui croire. Ne vous rebutez pas de m'écrire, pourvu que vous me parliez de votre santé, je vous lirai sans peine. Dites-moi quel est son pays , parce que si c'est Médina, il se trouvera mal de ne pas venir ici. Ce jeune homme est arrivé aujourd'hui 10 juillet , à 10 heures, je le renvoie le même jour à '•* heures. Comment se fait-il que vous ne me disiez rien des affaires de madame doua Marie ! Dites-lui bien des choses
de moi. Que Dieu vous garde.
Votre Thékèse de Jésus.
NOTES
N. 1. Cette lettie fut écrite a Ségovie en 1574. Une partie seulement <lc l'original se conserve au couvent de Soria. Le reste csl lire dos anciennes archives des Carmélites.
N. 2. Aux nombres 3 et A, pour détourner sa cousine des austérités préjudiciables à sa santé, elle lui dit que là-dessus elle a toujours clé prudente; (|u'clle a préféré avoir toujours peu de perfection. Oui, peu de perfection, comme on sait...
N. 3. Au nombre 5, le recteur de la compagnie de Valladolid csl recommandé à Marie-Baptiste, et celui de Ségovie, qui était le P. Garcia de Zaïnore, reçoit des éloges.
M. 4. Celui dont elle demande le pays au nombre 6, est le P. Banez, qui avait écrit à Marie-Baptiste, qui lui avait répondu de manière à mériter les éloges de sa sainte tante. Moicri dit quece père était né en Caslille. Soit.
A la mâne mere Marie-Baptiste, prieure de Valladolid. (Troisième.)
1. Jésus soit avec vous, ma 011c , et vous donne d'aussi heureuses et d'aussi bonnes années que je l'en prie : je vous dis que vous me faites rire , comme une autre fois je vous dirai ce que je pense de certaines choses : assurément j'ai des conseils à vous donner. Le dernier jour de ces fêtes on m'a remis votre lettre qui venait par Médina et l'autre d'auparavant, avec celle de mon père Banez. Je n'ai trouvé personne pour vous envoyer ma réponse. Celle-ci m'a fait grand plaisir : j'y ai trouvé des nouvelles de madame dona Marie, qui, d'après une lettre de l'évêque, ayant la fièvre, m'a donné des inquiétudes. Nous l'avions toutes bien recommandée à Dieu. Dites-le lui , et faites-lui bien mes amitiés. Qu'il soit béni de lui avoir rendu la santé. Uecommandez-moi à elle et à toutes ses filles,
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LETTRE LSI 113
2. La lollre a été écrite avec plus de dévotion que d'envie d'accomplir les conditions. Je voudrais bien qu'il y eût quelque accomplissement de :e que je lui dis. C'est une chose étrange que cet autre père ne m'embarrasse pas plus que je le veuille, que si je n'étais rien. Je ne sais presque pas en ce moment ce que je vous écris. Portez-vous bien. Quels travaux nous essuyons dans celte réforme ! Combien elle m'a donné plus de peine que de contentement, depuis qu'elle est commencée! mais c'est surtout an point où elle est parvenue. Auparavant j'avais beaucoup moins de'mal.
3. Si on me laissait faire, j'irais avec vous; on m'a notifié l'ordre du Révércndissime, qui m'enjoint de faire chois d'une maison où je me fixe pour toujours, pour ne plus faire de fondations, parce que, d'après le concile, il m'est interdit de sortir. Bien entendu que c'est le chagrin de ma vie, dans la pensée que c'est faire un grand mal ; et c'est pourtant un si grand bien pour moi, que je ne crois pas même le voir jamais. Je voudrais faire ce choix pour certaines raisons qui ne sont pas pour celle lettre, si ce n'est une qui est, qu'il y a mon père et Votre Révérence. Le P. visiteur ne me laisse pas sortir d'ici, et, pour le moment, il en exige plus que N. Révércndissime. Je ne sais où il s'arrêtera. Ce serait un grand bien pour moi de ne pas me trouver aujourd'hui dans ces embarras de réforme; mais Dieu ne veut pas que je renonce à de semblables travaux, quelque dégoûtée que j'en sois. Notre père dit que je partirai en été. Pour ce qui est de cette maison (je veux dire cette fondation), je n'y laisse rien manquer. Je vois clairement que cel endroit vaut beaucoup mieux pour ma sanlé et même pour mon repos, parce qu'il me fait perdre le souvenir des vaincs idées que je leur avais données là-bas de moi; mais il y a d'autres raisons pour lesquelles il vaudrait mieux que j'eusse ma résidence. Une, entre autres, serait d'être plus rapprochée des maisons. Que le Seigneur en dispose; je ne crois pas avoir un sentiment personnel; je serai contente où l'on m'enverra.
h. Mon frère est venu très-malade, et il est déjà sans fièvre. Il n'a rien entrepris, mais ce qu'il avait étant déjà assuré, il a bien de quoi faire. Il reviendra au printemps ; cette saison-ci n'était pas convenable. Il est très-content de sa sœur et de Jean de Ovalle (ils font tout pour lui), et eux sont très-contents de lui. Il n'a passé ici que très-peu de temps, et je ne lui ai rien dit de l'autre; mais je crois qu'il m'est inutile de le lui dire, et à lui de le faire ; il faut aux enfants un page, et ils ne peuvent s'en passer. Ma sœur dit que, si elle vient ici, je dois compter sur sa mère qui est avec elle. S'il est raisonnable et sage, il étudiera avec eux à Saint-Gilles, et là il sera mieux qu'ailleurs. Pour Jean de Qvalle (comme on le dit chéri de Votre Révérence), il dit qu'il prendra l'affaire fort à cœur, ce qui m'a fait rire ; ce que mon frère s'imagine ru'être agréable, il le fait avec empressement. J'en fais ainsi tellement ses amis que Dieu me fait espérer qu'ils y gagneront beaucoup et qu'il ne perdra pas avec eux, parce qu'il est en repos.
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5. Jean de Ovallc est Irès-bien avec lui, et les cnfanls ne finissent pas de faire son éloge; je le dis parce que cet enfant n'apprendra de lu! qu'à être vertueux. Si, par hasard, il vient (je dis ici pendant qu'ils ne sont pas à Avila au mois d'avril), si je puis remédier à tout, j'en aurai bien de la joie, parce que je tirerai mon père d'inquiétude; car je m'effraie de voir comment il l'a pris à cœur, eu égard à son caractère, et Dieu le fera sans doute, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen. Je serai bien contrariée s'il va à ïoro. Je ne comprends pas comment il se plaît mieux là qu'à Madrid; je crains que cela ne se manque. Que Dieu le dispose pour son plus grand service, qui est ce qui importe le plus au cas. J'en aurais de la peine pour elle, et même je n'aurais plus envie de rester dans cette maison. Je crois bien que, comme je l'ai dit, ou m'enverra où l'on aura un plus grand besoin de moi.
6. Quant à votre sœur, ce n'est pas la peine d'en parler jusqu'à ce que notre père y aille. Certainement j'ai bien peur que pour leur épargner de la dépense, on ne leur en occasionne davantage, parce qu'élevée là depuis son bas âge, j'ignore comment elle va faire là-bas; et, si je l'ai bien compris, elle ne doit pas être très-bien avec ses frères. Je dis qu'elle ne devrait pas y aller pour elle-même, surtout si elle a une sainteté de mélancolie. Enfin, notre père s'informera de tout, et, jusque-là, il n'y a pas lieu d'en parler.
7. On vous aura déjà rendu une lettre de moi où je vous marque comment j'ai envoyé d'ici une prieure à Caravaque. Celle qu'il y avait l'a reçue avec bien du plaisir. Ainsi, la prieure de Malagon (où elle s'est arrêtée) m'a écrit qu'elle était contente. Je vous dis que ce doit être une bonne âme ; elle m'a écrit qu'elle désirait savoir de vos nouvelles; elle dit qu'elle vous doit beaucoup, et elle parle de vous avec beaucoup d'amitié. La maison serait fondée avant Noél, à ce que je comprends : je n'en ai rien su du tout.
8. Je crois qu'il sera bon que vous ne parliez du petit à mon père, jusqu'à ce qu'il ait vu mon frère. Ecrivez-moi quel âge il a, s'il sait lire et écrire, car il faut qu'il aille avec eux à l'étude. Je me recommande beaucoup à ma Marie de la Croix, à toutes et à Dorothée. Que ne m'avez-vous dit comment va le chapelain? Conservez-le, c'est un brave homme. Qu'est-ce que ces fièvres quartes? êtes- vous bien ainsi l'hiver et l'été? Je suis étonnée que vous disiez encore de la supérieure qu'elle n'est pas rendue. O Jésus! comme nous nous connaissons peul Que sa majesté lui donne sa lumière et me la garde !
9. Au sujet de l'Incarnation, vous pouvez écrire à Isabelle de la Croix, qu'elle peut mieux vous aider de là-bas que si elle était sur les lieux, et je m'y prends de cette manière. J'espère de Dieu, s'il laisse vivre le pape, le roi, le nonce et noire père encore un an ou deux, que tout sera bien arrangé. S'il en meurt un , n'importe lequel , nous sommes perdues à cause que Notre Révérendissimc est comme vous savez; mais Dieu pourrait y remédier autrement. Je me propose
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*^ de lui écrire tout à l'heure el de lui témoigner plus de dévouement que %s*
»"* je n'ai encore fait, car je l'aime beaucoup cl je le dois. J'ai bien du *£j
r+$ chagrin de voir ce qu'il fait d'après de mauvais rapports. Nous nous *%
n*i recommandons toutes à vous. w^ £*} 10. Nous ne sommes pas par deux. Pensez- vous que cela soit bien?
Nous recommandons beaucoup notr'c perc à Dieu; c'est une chose !*■•*•
pitoyable que les offenses qu'on lui fait. Ouc sa divine majesté y mette *^
ordre, et qu'il me laisse seule, si je dois le servir tant soit peu; ma vie £<*
est peu de chose; je voudrais en avoir plusieurs. , £*
C'est demain la veille du nouvel an. j*^j
j£*j __ De Votre Révérence, £*
j**^ Thérèse de Jésus. *^
|J3 La vocation de mon frère en est restée la et n'en ira pas plus avant. '££,
j# Notes. $Sj
>*■*! N. t. Celle letlre fui écrite à Scvitlc, en 157a, !e 30 décembre.
N. 2. Cette lettre a plusieurs endroits peu intelligibles. Ils ne l'étaient pas pour '«-3 jj^ Marie-Baptiste. Le nombre 2 n'était apparemment clair que pour elle. 11 parait que
)M< la Sainte y parle d'un dévot qui avait l'air d'éluder ce qu'elle lui avait enjoint pour »<**
IJJ] le guérir de quelque scrupule qu'il lui avait proposé. ,**-<*i
£ ;. N. 5. On voit au nombre 5, qu'on lui avait intimé la défense de fonder de nouveaux 5^
i%-^ couvent?, et signifié l'ordre d'en choisir un pour sa résidence parmi ceux qui étaient *<*;
établis, avec défense de le jamais quitter. On y voit le choix qu'elle aurait fait, clsa i**)
ES disposition a entrer dans celui qu'on lui désignerait. *"5
$-<* N. 4. Elle apprend à Marie l'arrivée à Séville de son frère Laurent de Cépède qui, J^
î*-^ pour certaines affaires, avait passé à la cour, où il devait retourner en été. &*$
2;ï N. 5. Au nombre 5, le P. Banez promet à la Sainte de procurer un pa?e aux en- *î
^.ti, fants de Laurent, son frère. 11 s'agissait, ce semble, d'un fils de bonne famille ap- J<^
J*-*} pauvrie. jMf
£2 N. 6. Au nombre 6, elle parle d'une prétendante que l'on croit èire la sœur du *5
It^r-, petit page en question ci-dessus. LaSainte n'approuvait pas le dessein de cette jeune %^
!*-^i personne, qui lui paraissait avoir une sainteté de mélancolie. )•**<
j*î N. 7. Au nombre 7, elle parle d'une grande religieuse imitatrice de son obéissance *"*
j£5 el de son humble résignation. On pense que c'était Jéionyme de Jésus, qui mourut ^^
&*i au couvent de Véas, où elle n'était pas encore alors. *<*«,
N. 8. Au nombre neuvième, Isabelle de la Croix, qui avait été la supérieure de la *'*}
j T. Sainte dans le couvent de l'incarnation, lui parait devoir être même plus utile de **
loin que sur les lieux. LaSainte fait dépendre la fortune de la réforme de quatre it-<n
!•"■*< hommes. S'il en mourait un dans deux ans, tout serait perdu, à moins que Dieu n'y ^^
|J^ remédiât par d'autres moyens. Lh bien ! le nonce Hormansio, qui était le troisième, J3
mourut, et tout parut désespéré; mais Dieu, par d'autres moyens, rétablit tout et ?*<*<
g H fit marcher la réforme. *<*<
fcjj N. 9. Laurent de Cépède, qui fait le sujet du post-scriptum, prit l'habit des dé • £^
),^ chaussés, le porta jusqu'à sa mort, mais il mourut séculier el sans avoir fait pro- ^^
)*"* fession. *<*<
jgj LETTRE LXII. g*j
^Jj A la mère Anne de l'Incarnation, prieure de Salamanque. **
*<3 1- Jésus soit avec Votre Révérence. Faites-moi savoir comment **
vous vous portez, vous et toutes les sœurs ; faites-leur mes compli- *>■*
menls ; je voudrais bien pouvoir être en même temps là-bas avec elles ?***<
et ici avec celles-ci. Je crois que je serai mieux 1 J'ai un ermitage d'où £*j
je vois la rivière; je la vois aussi de ma chambre à coucher; je jouis de ^
Celte vue qui a pour moi un grand agrément. Je me suis mieux portée j£Jj
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aujourd'hui qu'à l'ordinaire. Dona Quilérie a la fièvre, elle dit l'avoir moins forte. On a emmené d'ici un médecin pour madame dona Jcronyme qui est encore malade; recommandez-la à Dieu, nous le faisons ici; elle me tient dans l'inquiétude. Que Dieu vous conduise par la main.
2. La duchesse m'a envoyé aujourd'hui cette truite; elle me paraît si belle que je me suis procuré un commissionnaire pour la faire porter à mon père, frère Barthélémy de Médina, si elle arrive à temps pour être mangeable. Faites-la lui tenir au plus tôt avec celle lettre. Si Michel n'est pas prêt pour la porter, ne laissez pas de l'envoyer pour voir s'il écrira quelques lignes.
3. Ne manquez pas, madame, de m'écrire et de manger de la viande ces jours-ci. Que l'on fasse connaîlrc au docteur votre faiblesse, et qu'on lui fasse mes compliments. Quoi qu'il en soit, Dieu soit avec vous. Amen. Je me recommande à mon père Oscar, et je ne le laisserai pas là. Jeanne de Jésus me fera savoir comment elle va. Lorsqu'elle vint me voir, elle avait bien mauvaise mine.
C'est aujourd'hui le mercredi.
Et je suis à vous,
Thérèse de Jésus
4. Comment va la comlesse? la femme du corrégidor m'a fait demander de ses nouvelles ; qu'on m'en donne. Je vous marquerai comment va votre sœur, et jusqu'à ce que je le sache, je ne veux pas envoyer à Navarre, parce que je lui en dirai aussi quelque chose. Ce messager portera les six réaux, si j'y pense demain matin, car je les ai déjà oubliés aujourd'hui. Si Lescano demande quelque chose, il faut le lui donner; je le paierai; mais on est convenu que s'il avait quelque besoin, Votre Révérence y pourvoirait. Je crois bien qu'il demandera.
Thérèse de Jésus.
.Notes.
N. 1. La mère Anne, prieure de Saint-Joseph (d'après l'adresse de celle lettre,) fui la première prieure de Salamanque ; elle était sœur d'Agnès de Jésus, et cousine de la Sainte, qui lui écrivit celle fois d'Alva, le 8 février 157 ï.
N. 2. Au nombre ï, la Sainte se prive d'une belle truite que la duebesse vient de lui envoyer pour la fêler de son retour de Salamanque , pour la faire poricr à son confesseur. Sainte Paule en avait déjà donné une à saint Jérôme qui élail le sien. Le P. Médina, auparavant détracleur de Thérèse, en élait devenu, au dernier voyage de celle Sainte à Salamanque , l'admirateur enthousiaste pour toujours. Sans dôme ce changement avait prouvé à la Sainte le bon goût du père.
.4 la mère Marie de Saint-Joseph, prieure de Séville. (Première.] Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec Votre Révérence, ma fille. J'ai écrit une longue lettre à notre père, et je n'ai pour le moment autre chose à vous dire, si ce n'est que je désire avoir de vos nouvelles cl que la mère prieure de Malagon va un peu mieux. Mon frère me charge de vous demander si vous avez reçu une lettre de lui qui contenait quatre réaux oour un pharmacien dont la maison touche
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à la vôtre, pour lui payer de l'onguent qu'il lui avait donné dans le temps, je crois qu'il avait mal à une jambe. Si vous ne les avez pas reçus, veuillez les avancer de votre argent et ne manquez pas de lui écrire ; car il me semble que c'est ce qu'il cherche, quoique je lui aie envoyé vos compliments. Je me recommande beaucoup à toutes les sœurs. La prieure vous écrira par le muletier, je ne laisse pas de le faire en ce moment, pensant que vous paierez moins de port. Il vient de ni'arriver plus de lettres que je ne pensais et ainsi je suis bien pressée.
2. Je désire recevoir des nouvelles de mon père prieur des Grotcs, et savoir ce qu'on a fait de l'eau. Que Dieu l'arrange comme il le peut, qu'il vous garde toutes. Faites-leur nws compliments, je vous en prie, ne manquez pas d'avertir notre père d'avoir soin de lui et traitezle bien. Tenez bon compte des 40 ducats, et prenez garde d'être trop simple. Faites ce que je vous dis et payez aussi les ports, je les vérifierai. Ici, je recommande à loutes de vous recommander à Dieu, bien que je voie qu'il n'est pas nécessaire. C'est la vigile de saint Matthieu, et je suis
de Votre Révérence, etc.
Thérèse de Jésus.
N. 1. Celle lellre fui écrite de Séville le 20 septembre 1S76. Le nombre des lettres que sainte Thérèse a écrites à celte religieuse prouve combien elle l'aimait ; elle lui en a plus écrii à elle seule qu'à louics ses autres Dlles ensemble.
N. 2. Il n'y a rien de plus digne de remarque dans ce billet que celle recommandation ; Ne soyez pas trop simple. Quoi! une prieure serait trop simple, si elle était désintéressée ou sans défiance ? Oui, si elle l'est au préjudice de sa maison, Oit sainte Thérèse. P.dafox dit à ce sujet : Ce n'est ni poli, ni courtois, ni spirituel; il parait que sainte Thérèse pouvait être plus grande. Mais il se réfute lui-même de toutes ses forces, et nous ne pouvons que l'applaudir. .i i i ■ i
A la même mère Marie de Suinl-Joseph. (Deuxième.)
1, Jésus soit avec Votre Révérence. Je vous ai écrit il y a deux jours par le grand courrier. Je n'ai donc rien à vous dire aujourd'hui, si ce n'est que mon frère va déjà mieux et (je l'ai oublié) que l'étamine se vend moins cher. Celle dont on fait ici les jupes est comme celle dont on en faisait à Thérèse et même plus grossière, et plus elle le sera, mieux elle vaudra. De grâce, ne manquez pas de me donner des nouvelles de notre père par la voie que je vous ai indiquée dans la lettre qu'il a portée lui-même; je désire savoir s'il est arrivé en bonne santé et comment il a fait son voyage. Comprenez que si, lorsque j'étais auprès, j'avais tant d'inquiétudes, je puis être tranquille à présent.
2. Je voudrais bien que vous vous occupassiez peu de remplir la maison de religieuses, à moins qu'il ne se trouvât quelqu'un qui vous Vint en aide et fit une partie de la dépense. Je voudrais aussi que vous
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tous fussiez entendue avec l'employé des droits de l'Etat. Je vous assure que je suis fort inquiète de voir ces personnes chez vous. Dieu veuille qu'elles n'y soient déjà plus et que vous jouissiez de la santé que je vous souhaite. Je me recommande à toutes les sœurs el à mon inlirmière que je n'oublie pas, du moins pendant la nuit : je ne récris pas à notre père aujourd'hui, parce que, comme je l'ai dit, j'ai écrit avanthier une longue lettre à sa paternité, et que je le crois si occupé, qu'il convient de ne pas l'occuper de choses sans importance : nous le recommandons beaucoup à Dieu. Ne vous découragez pas là-bas. Faites de grands compliments de ma part à frère Grégoire , dont vous ne me dites pas s'il se porte bieu. C'était hier la Saint-Matthieu.
Je suis, de Votre Révérence, Thérèse de Jésus.
Nous nous portons bien.
notes.
N. 1. L'adresse élait : A la mère prieure de Suinl-J oseph du Car met, à Séville, aux tarmélitet déchaussées, rue de Saini-J oseph, derrière Sanu-François,
N. 2. L'original de celle lettre se trouve clicz lus religieuses do Carlhagène. Llle fui écrite à Tolède le 22 septembre 1576.
N. 5. Au nombre premier, elle dit que son frère va mieux; c'élail Laurent de Céuède tombé malade après son relour des liulcs. » i — — — ■
A la mtme Marie de Saint-Joseph. (Troisième.)
1. Jésus soit avec Votre Révérence. Le messager qui doit porter la présente est si pressé que je n'ai que le temps de vous dire que je me porte bien, et que le pèreMarian est arrivé hier soir bien tard. Votre lettre m'a causé bien de la joie : je remercie Dieu de ce que vous êtes loulis en bonne santé. Ne recevez pas la fille du Portugais ( ou quelqu'il soilj, à moins qu'il ne dépose entre les mains de quelqu'un ce qu'il a à lui donner . j'ai su qu'on lui donnerait de quoi, et nous n'avons pas besoin en ce moment de faire des admissions gratuites : avez bien soin de ne pas faire autrement. Donnez ces lettres à notre père provincial lui-même el dites-lui de n'être pas en peine, que le père liarian cl moi nous avisons ici, de concert , aux moyens de remédier au mal, que nous ferons tout notre possible , qu'après lui avoir écrit, comme le bon Alonzo Ruits allait partir pour Madrid, le P. Marian est entré ; que j'ai eu bien du plaisir de le voir et de savoir que le Seigneur a disposé les choses de manière que ces pères s'en vont sans qu'on les renvoie.
2. Votre Révérence aura la bonté de m'écrireau plus tôt et de me marquer principalement ce qui se passe ; qu'elle ne se fie à notre père, il n'y a pas sujet. Mes salutations à M. Garcia Alvarez, que je voudrais bien voir : voyez comme je désire une chose impossible en apparence. Que Dieu lui rende tout le bien qu'il nous fait et qu'il le garde, ainsi que notre bon prieur (père Panlojaj. Nous l'avons beaucoup recommandé à Dieu; je me réjouis qu'il soit un peu mieux. Donuez-moi
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LETTRE LXYI.
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aussi des nouvelles de sa santé et de celle de notre père. J'aurais bien voulu que le pèreMarian l'eût attendu.
3. Je me recommande aux filles , et allez avec Dieu , ma fille : celles de Caravaque ont été malades; elles disent vous avoir écrit qu'elles vont déjà mieux et qu'elles sont en marché d'acheter une maison ; comme je n'ai pas répondu à leur lettre, je ne vous l'envoie pas : celles de Véas et les contes du père Grégoire m'ont amusée; je vous en dirai quelque chose. La mère prieure de Mulagon est bien mal. 26 septembre. Et moi à vous,
Thérèsb de Jésus,
NOTES
N. 1. L'original quatre de celle lettre, éci i:e quatre jours après la précédente, es conservée avec vénération dans le couvent des dominicaînsdeSainl Paul deValladolid.
N. -2. Ce fut le 24 septembre que le P. Marian arriva de Séville h Tolède.
N. 3. Ce P. que Harian n'a pas attendu . fin dis nnnibre 2, est Gracian. Marian était pressé; il vei ait de Séville pour se rendre à .Madrid < ù il était appelé par le grand conseil, afin de décider la question de la séparation des provinces. Il passa à Tolède pour prendre sur ce grave sujet les instructions de sa vénérable mère.
A la même Marie-Baptiste de Saint-Joseph. (Quatrième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Esprîl-Saint soit avec Votre Révérence, ma fi' e. Vo're maladie m'afflige beaucoup: je ne sais comment il se fait que je m'afflige moins de celles des autres prieures. Celle de HaTagon va mieux, grâces à Dieu. Prenez garde à vous : n'écoutez pas ceux qui vous conseillent la tisane de salsepareille et ne gardez pas cette fièvro sans faire des remèdes, pourvu que ce ne soient pas des purgatifs : je me console un peu en me rappelant que parfois vous aviez l'air d'avoir la Oèvre sans l'avoir. Que Dieu vous rende la santé et vous conserve. Amen.
2. Les paquets de lettres sont arrivés exactement et ils viennent toujours par Figuière. Le port csl bien ainsi : vous pouvez mettre en létc de l'adresse Le port, et vous n'oublierez pas non plus de le mettre dans la lettre. Il faut que vous me disiez par quelle voie vous recevez mes lettres, car je suis en ce moment dans le doute si celles que je vous ai envoyées vous sont parvenues. Avec ce petit Figuière elles ne risquent rien de mon côté; il est avisé, et c'est une bonne chose. Quoique vous répondiez à certaines de mes lettres, je ne distingue pas facilement auxquelles. Que Dieu vous garde; car il le fait bien : il ne me semble pas nécessaire de mettre les miennes daus les vôtres, c'est trop d'ouvrage.
3. Oh! combien je leur envie ces sermons , et combien je voudrais être en ce moment avec elles ! On dit ici que j'aime mieux les sœurs de celle maison que celles d'aucune autre , et certes , je ne sais ce que je fais, mais j'ai pour elles un grand amour : je ne m'élonne donc pas que Votre Révérence en ait tant pour moi, puisque j'en ai toujours eu beaucoup pour vous, au point que ce m'est un plaisir de l'entendre dire (et il nu faut plus parler du passé, je crois bien certainement au'il n'es'
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120 LETTRE IXVI.
plus en notre pouvoir). Voire courage me fait plaisir; je crois que Dieu tobs viendra en aide ; qu'il lui plaise de vous donner la santé, comme je l'en prie. La prise d'habit et la profession m'ont fait grand plaisir : félicitez-les de ma part, ainsi que Saint-François (Isabelle Je Saint-François), dont les lettres me sont Irès-agréablcs, et dites-lui, ainsi qu'aux autres, qu'elles m'excusent de ne pas leur répondre. Ce n'était rien que mes peines là-bas, ici j'en ai de terribles.
h. Quant aux parentes de Garcia Alvarez, faites-en ce que bon vous semblera : il vous dira la vérité, et ce qui est de lui ne saurait être mal. Si j'en ai l'occasion, je vous en écrirai, pour vous recommander de ne pas laisser de les faire confesser, car j'en ai éprouvé de la peine ; sinon, dites-le vous-même de ma part : je suis bien affligée de la maladie de notre bon père prieur (le prieur de la Carlnja) , et je le recommande à Dieu : je suis dans la crainte que le courrier ne parte, et ainsi je ne lui écris pas. Vous êtes menacées d'une grande perte; mais Dieu, qui durera éternellement, vous restera.
5. Pour ce qui est de l'oraison de ces sœurs , j'en écris à notre père, il vous en parlera : lorsque Saint-Jérôme aura quelque chose, écrivezle moi : il n'y a pas à s'occuper de Rodrigue : envoyez de grands compliments de ma part à Acosta : il est certain que je suis très-bien avec lui et nous lui devons beaucoup.
6. Je me réjouis des arrangements au sujet des droits ; mon frère vient d'acheter la Serne, qui est une propriété arrondie, non loin d'Avila (riche en herbages, en céréales et en bois); it la paie li mille réaux, mais il n'a pas déjà ces fonds, et l'argent lui manquant, ce ne serait donc pas le moment de lui refuser sa rente dont il a besoin pour vivre; cependant j'espère de Dieu que cela ne sera pas nécessaire : si on prend peu à peu ce que donneront ceux de la maison , ce sera un grand point : vous ne médites rien de celle du lieutenant; faites-lui mes compliments , ainsi qu'à toutes les sœurs, aux autres- que vous verrez, à Dclgndo et à Biaise, et soyez avec Dieu.
7. J'envoie mes compliments à frère Grégoire et je le prie de me donner toujours des nouvelles de sa santé. Que Dieu vous en donne une bonne, car vos travaux ont bien du prix à mes yeus : toutefois ne filez pas avec cette fièvre; elle ne se passera pas tant que vous remuerez les bras pour filer, et pour filer autant que vous faites : mes compliments à Marguerite. Si on a besoin d'une sœur converse, il y a une parente de notre père qui nous fait bien la guerre; dites-moi si vous pouriez la prendre. La prieure de Valladolid l'a vue , elle la juge très-propre à faire une bonne converse ; elle ne doit pas savoir lire ; notre père ne veut pas en entendre parler. Sa petite sœur est remarquable, clic est d'un caractère plus charmant que Thérèse, elle est d'une adresse étonnante; elle me plaît extrêmement. 13 octobre.
La servante de Votre Révérence,
TuÉltÈSE DE JÉSLS.
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LETTRE LXYII.
NOTES
N. I. Les religieuses deValladolid conservent avec vénération l'original de cette lettre, datée de Tolède 1576.
N. 2. Sainle Thérèse, dans le nombre premier, se montre une mère eompatis-
nrpcpril n M crenr* ftoin t tncanli Hi> c'n^^nnpr ilil coin il*» cîl CQnl^ Elle
«. 2. saune inerese, oans le nomnre premier, se montre une mere compatis sanle. Elle prescrit à la sœur Saint-Joseph de s'occuper du soin de sa santé. EU exclut de son traitement certains remèdes comme inutiles ou dangereux. Elle entend la médecine, c'est que la ebarité est un docteur de toutes les facultés.
N. 5. D'après le nombre 2, il parniiraii qu'en son temps, celui qui écrivait marquait le port des leitres et qu'il n'y avait pas de tarif.
N. 4. Les sermons qu'elle, regrette de ne pas entendre , étaient sans doute ceux du P. Gracian, excellent et zélé prédicateur.
N.5. Au nombre G, elle parle de l'acquisition que son frère vient de faire. Elle envoie ses compliments au lieutenant qui lui avait donné une hospitalité de quelques jours. C'est de la reconnaissance.
N. 6. Au nombre 7, Marguerite était sœur Marguerite de la Conception qui fut la seconde professe de Séville; elle était alors novice. La petite sœur du P. Gracian était celle qui fut par la suite sœur Isabelle de Jésus-Marie; elle fil sa profession à Tolède et mourut saintement à Cuença.
On voit avec intérêt la Sainte interdire à sa fille la quenouille, à cause de sa fièvre. Elle se la représente à l'ouvrage, elle la voit . et les mouvements qu'elle fait des bras doivent entretenir la fièvre. Comme elle l'aime!
A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Cinquième.)
1. Jésus soit avec Votre Révérence, ma fille. Je vous en prie , lâchez de savoir quand notre père recevra ma lettre. Je ne manque presque jamais de répondre aux vôtres, et dans une des siennes, datée du 22 octobre, qu'on m'a remise aujourd'hui , je trouve qu'il y a longtemps qu'il n'en a pas reçu de moi, et je ne cesse de lui écrire, surtout par le courrier ; je lui en ai écrit beaucoup, je ne voudrais pas qu'on les gardât; il n'y a pas grand mal qu'elles soient perdues. Si elles ne se trouvent pas chez votre courrier, à coup sûr elles sont chez le nôlre : vous auriez dû envoyer demander de temps en temps s'il y avait des lettres. De peur de l'oublier, il a paru de grands agnus et des bagues bénites; il y en a de belles à Avila, comme vous le verrez dans ces lettres. Mon frère me dit que les siennes lui ont fait plaisir et l'ont beaucoup fait rire; il les adonnées à Saint-Joseph : une autre fois il vous écrira qu'il y a une grande dévotion. Pour moi je vous dis qu'il ne m'en manque pas.
2. Nicolas dit avoir beaucoup à faire avec elles et qu'il faut qu'il les confesse : c'est une fort bonne chose. Faites-lui bonne grâce, et marquez-moi comment vous allez, et cela sans détours , mais en toute vérité. Je ne sais que vous dire de la prieure de Malagon, si ce n'est qu'elle est bien ma'. Nous parlions tout à l'heure de la faire transporter ici, mais le médecin prétend que ce serait la faire mourir tout de suite. La maladie est de nature à ne pouvoir être guérie que par Dieu seul, qui est le véritable médecin ; la terre n'y peut rien. Je vous renouvelle l'avis de ne pas leur laisser prendre de l'eau de salsepareille: j'ai écrit à Garcia Alvarez et à notre père à son sujet : dites-moi dans le plus grand détail comment il va et pourquoi il ne fait pas manger de la viande à noire mère certains jours de la semaine. Soyez avec Dieu :
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li>2 LETTRE LXVIIt.
il v a si peu do temps que Je vous ai écrit que je n'ai plus rien à vous
dire, si ce n'csl de faire à (ouïes mes coraplimenls.
La vigile de Toussaint.
La servante de Votre Révérence,
Thérèse de Jéscs.
NOTES
Celle leHta est île \'\"G.
Au N. 1, la Srtintr» fait peu de en? de ses leltres: peu lui impnrte qu'elles se perdent. La postérité n'a pas élé de snn avis. Nous regrettons infiniment qu'il y en ail en innl de perdues, cl c'est incomparablement le pins grand nombre qui a éprouvé ee mauvais snrt.
Au nombre î, Nicolas était un ecclésiastique qui se nommait Pnria; il n'élait pas encore déchaussé, mais il le devint et il se distingua beaucoup dans l'ordre. In prieure incurable était sneur Rrianda. I.a Sainie venait d'écrire à Garoia et :iu P. Graeian, an sujet de ce dernier qui éiait malade , et elle charge sa cousine d'en prendre un grand soin.
A la mtme mère Marie de Saint-Joseph. (Sixième.)
1. Jéscs soit avec Voire Révérence, ma fille , je n'ai pas le temps de vous dire ce que je voudrais. Le courrier m'a remis aujourd'hui votre lettre. Plus elle est longue , plus elle me fait plaisir. J'en ai tant reçu aujourd'hui que je ne pourrai pas même lire celles qui sont des sœurs. Recommandez-moi bien à elles. Je vous ai déjà engagée à prendre les soeurs de Garcia Alvarez; il me semble que ma lellre a dû vous parvenir. Si elles sont si bien, elles ne donnent que des espérances. Je vois avec peine que nous nous imposons le fardeau d'un grand nombre de religieuses et que nous ne remédions a rien. Au moins avec les trois cents ducats qu'elles doivent, failes le paiement de celte année, et redonnez pas l'argent à ce pauvre Alonzo Rnilz (il peut bien avoir de quoi vivre avec ce qu'il a gagné à Malagon ), je vais vous trouver quelqu'un à qui il vaut mieux les donner, c'est mon frère, afin qu'il ail, lui aussi.de quoi pourvoir à quelque besoin (je vous disque je me fais conscienre de voir combien nous avançons peu ici). Quoique celle qui est présentée par Nicolas ne les vaille pas, je ne la refuse pas. Recommandez-moi bien à lui, et dites-lui que son cousin est venu me voir et qu'il m'a envoyé des aumônes.
2. Je ne sais que vous dire de ce qui regarde Paul ; je ne l'ai pas encore bien compris, il faut que je le relise. Pourquoi lant vous presser avant le commencement de l'année prochaine? S'il vous donne quinze cenls ducats avec ce qu'il doit payer celle année, il est à propos de renoncer; car ces héritages ne omis valent jamais rien et ils n'aboutissent à rien. N'acceptez pis d'héritage, conlenlez-vous de leur faire passer une obligation pour ce qu'ils ont à donner à la maison. Qu'il ne vous passe en lêle d'accepter d'héritage. Dites que vous ne le pouvez, £areo que vous ne devez pas avoir de rentes. Enfin, là-dessus il n'y a pas sujet dem'écrire; voyez là-bas ce qui vaut le mieux. Je ne voudrais pas ou'on relâchât rien sur cette dot , ni sur celle de Péatrix, mais
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plutôt qu'elles fussent payées ensemble. Nous ne saurions gagner à ce £î?
qu'on les payât par termes chaque année et à mesure que nous en £$
aurions besoin pour faire faire nos travaux; je ne doute pas que nous JJ,
n'y perdissions beaucoup. Au sujet de la converse, j'écrirai à Valla- *^
dolid, je répondrai et je récrirai aussitôt. Je me porte bien. C'est le 9 >***
novembre. »**
3. Je ne mettrai pas de couvert sur les lettres de notre père ; je met- >wt
trai l'adresse sur les vôtres, avec deux ou trois croix. Il vaut mieux ;»<*<
deux qu'une, il n'en manque pas ici. Vous l'avertirez de ne pas mettre *^
lui-même mon adresse, mais delà faire mettre par vous, et vous le ferez £^
avec le même signe pour les vôtres. Ceci le couvrira mieux et sera un £^
meilleur expédient que celui que j'avais donné. Dieu veuilie que vous j£2
ayez dit vrai en disant que vous vous portez bien. Soyez avec lui. j£*t
À VOUS, TnÉRÈSE DE JÉSUS. I**i
Je vous ai déjà marqué que les lettres ont été rendues à mon frère **i
et qu'il en a éprouvé un grand plaisir. Il se porte bien, de même que **t
la mère orieure. Brianda de Saint-Joseph, comme à l'ordinaire. %*[
N. 1. L.i date est de Tolède, 8 novembre 1576. La Sainte, très-pressée, se borne ^5
à annoncer rapidement les sujets qu'elle touche ; mais son laconisme ne nuit pas à la ^«J
clarté. An premier nombre, elle décide la question de l'admission des filles de T*-*!
Garcia Alvarez ; elle les traile de sœurs. On ne sait si c'est de cousines germaines, jj "**
on, par anticipation, de religieuses. Elle demande les 500 ducats de leur dot p mrson ^^
frère, de préférence à Alonzo Ruitz, mais elle s'en fait scrupule. ?»<*l N. 2. Après avoir décidé la renonciation d'une novice, elle prescrit à la prieure de
4 renoncer aux héritages, et c'est suis doute pour se conformer à l'esprit de pauvreté J£ï
'* rie l'Evangile. Elle disait souvent à ses filles : Ne craignez pas de mourir de faim pour mu
2 Notre-Seinneur ; il ne vous accordera pas une si grande grâce. *>'•*>
^ N. 3. Elle indique, au quatrième nombre, des précautions à prendre pour la su- Jj£j*
reiédu P. Gracian qui était le pivot de la réforme. Les croix qu'elle envoie doivent n<^{
être portées sur la poitrine. "J*i
NOTES
ç# LETTRE LXIX. £*
*>% A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Septième.) %**
)t>* Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Révérence , nn £22
!£°J| fille. Il y a peu de temps que je vous ai fait réponse. Je reçois de vous
{M moins de lettres que vous n'en recevez de moi. Vous ne m'avez jamais i**t
►"« écrit les détails de la visite qu'a faite notre père ; faites-le, je vous en *•*?
&M prie. Plût à Dieu qu'il suive le plan que suit, au dire de notre père, |£$
»■», le visiteur de l'évêque et que suit notre père pour ses religieuses; ce
)m| serait un grand profit. Ce n'est pas possible, quoiqu'il ait tant de zèle,
£3j mais que sa divine majeslé lui soit en aide. Je désire beaucoup avoir {*'*t
jj£5 L'es nouvelles des sœurs de Paterne. Je crois qu'elles feront très-bien
2£B d après ce que vous dira notre père de ne pas admettre Toslade. La ?*-<*
!**> réforme des déchaussées ne se bornera pas à ce seul monastère. Que *-5
*<* Dieu y veille, car les choses paraissent miraculeuses de la manière dont £^t
»<* elles vont. %%
%% 2. J'ai été bien contente de l'écrit du P. Gracian pour Garcia Alvarez ; £*
5$ il ne laisse rien à désirer sur le sujet, tout s'y trouve. On ne sait pas *£J
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12i LETTRE LXX.
qui sera recteur : Dieu veuille que ce soit celui que dit le P. Acosta. Ce que je vous ai écrit l'autre fois, ne le faites pas maintenant ; je ne vous en dis pas, ni je n'en sais pas davantage. Je ne sais rien de plus de la prieure de Malagon que ce que je vous en ai écrit, on m'a dit encore depuis qu'elle allait mieux et qu'Alonzo lluitz avait une rechute; mais s'il était mort, je crois que je le saurais. Je me recommande beaucoup a toutes mes filles. Soyez à Dieu, je n'ai pas autre chose à vous dire. Je vous envoie celte lettre pour que vous me donniez de9 nouvelles de ma Thérèse, afin que nous la recommandions à Dieu. Que sa majesté me la garde.
3. Alberte a écrit à dona Louise et elle lui a envoyé une croix; elle n'a pas même reçu une réponse. C'est une chose singulière que le plaisir que prend dona Yomar à ce qui lui vient de ses religieuses. Cette dame vient de se marier; qu'elle ne soit pas une petite ingrate et qu'elle soit à Dieu. C'est aujourd'hui le 3 décembre.
Votre servante, Thérèse de Jésus.
notes.
N. 1. L'original de cette lettre se trouve au couvent de Calahora ; elle fut écrite, à Tolède, le 3 décembre 1576.
N.2. La Sainte demande sur quel pied le P. Gracian , visiteur apostolique, a mené la maison de Séville, où il vient dépasser. Le premier nombre s'entend assez.
N. 3. Le nombre 5 prouve qu'Alljerte, prieure de Caravaque, avait envoyé quelques croix à dona Louise île la Cerda, nouvellement mariée. Il faut savoir qu'il s'agit de croix avec lesquelles on avait touché la croix miraculeuse de Caravaque, que l'on disait être entièrement de la croix de noue rédemption. Un raconte à ce sujet que le patriarche de Jérusalem la portait pour croix pastorale, mais qu'un ange la lui enleva et la porta en Espagne, et la donna à saint Gênez, qui ne pouvait continuer la messe qu'il disait, faute de cette croix. On raconte d'autres miracles qui auraient été opérés par celle croix ;ce sont autant de pieuses légendes qui prouvent la simplicité de la foi dans ces temps peu raisonneurs.
A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Huitième.) Jésus. — 1. Ma fille, l'Espril-Saint soit avec vous. J'ai déjà répondu à vos lettres qui me sont exactement parvenues parle courrier. Elles .n'ont fait grand plaisir, mais je suis en peine de votre dérangement de santé. Hâtez-vous, je vous prie, de m'en parler et de me dire de notre père (Gracian) ce que vous en savez. Je vous envie votre confessioa générale, je ris de voir que vous aviez moins que moi matière de confession ; car vous ne l'auriez pas faite si facilement. Dieu soit béni de ce qu'il nous aime tous. Mon frère me marque dans une lettre que je recois en ce moment qu'il vous a écrit et qu'il a réclamé la rente que lui doit votre maison. Il se porte bien et l'acquisition est un fait entièrement accompli. Les sœurs de Saint-Joseph ne s'acquittent pas mal. Thérèse m'écrit : Les agnus-Dei et les bagues sont arrivés. Dieu soit béni, j'en ai été inquiète d'abord. Je me porte bien, on vous le dira cl ainsi je ne serai pas longue.
2. Je désire avoir des nouvelles de mon bon prieur des Croies
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LETTRE LXX. f25
(P.Pantoja). La semaine dernière on nous a envoyé unlhondcMalagon : il n'était pas cuit et il était fort beau et bon. Je n'ai pas rompu le jeûne depuis le jour de la Sainte-Croix : voyez si je nie porte bien. Notre prieure de Malagon m'a écrit qu'elle va mieux; elle l'a fait, la sainte fille, pour me tirer de peine, car son mieux n'est rien. J'ai reçu aujourd'hui une lettre d'elle : elle est très-mal et elle ne peut rien prendre, ce qui est le pire pour sa grande faiblesse. Nous la recommandons beaucoup à Dieu, mais malheureusement mes péchés sont grands. Je vois qu'il est inutile que je vous dise de la recommander de votre côté et je le fais de toutes parts. Dona Yomar a pris aujourd'hui le voile. Elle se réjouit d'apprendre que vous vous portez bien. Il en est de même de dona Louise qui ne m'a jamais tant aimée et qui ne néglige rien pour me faire plaisir ; ce qu'elle fait pour cela n'est pas peu de chose. Recommandez-les à Dieu, vous le leur devez et recommandez-moi aussi tout particulièrement aux sœurs.
3. Je suis bien préoccupée des monastères qui sont à la charge de notre père Gracian). Je lui offre les déchaussées et vous les lui offrirez bien volontiers avec moi. Je lui dis que c'est pitié, il me dit que cela lui fait plaisir. Dieu vous garde, empêchez-le, je vous en prie, de manger avec ces religieux. Je ne sais pourquoi il va là-bas, si ce n'est pour nous donner du mal à toutes.
4. Je vous ai déjà dit de mettre sur le compte d'Avila ce que vous dépenserez pour lui à Saint-Joseph. Comprenez que ce serait simplicité de faire autrement et je m'entends. Nous pouvons le payer sans en être gênées. Faites-le donc. Que la bonne sous-prieure en tienne compte; elle peut même compter l'eau. Dites-le lui et faites mes compliments à ma chère Gabrielle. Dieu soit avec elles. Qu'on se hâte de faire rentrer ce que doit la sœur ainsi que ce qui peut d'ailleurs revenir à ceux de la maison ; afin qu'on n'ait pas d'intérêts à payer, ce qui est une triste chose.
La servante de Votre Révérence,
Thérèse de Jésus,
notes
t. £ J'.K0^?,'"3,1 de.ce.lte 'fUre esl conservé avec vénération par les carmélites de Talladolid. Elle fui écrite, d apres.les affaires dont elle traite, en 1570, et peut-être avant la précédente.
An nombre premier, la Sainte, à l'entendre, est une grande pécheresse. Plus de six de ses confesseurs ont eu l'indiscrétion de publier qu'ils n'ont pas trouvé dans ses confessions nianere a l'absolution. Qui croire ? les témoins ou la partie * l'humilite ou la vérité ? Oh ! Thérèse ! que diront donc les pécheurs »..
N. 2. Au nombre 2, on remarque ses jeunes. Elle parle ensuite de dona Yomar et dedoni Louise de la Cerda, sa mère, qui croissaient toujours en vertu.
N. 3. Elle dit, au nombre i, que Gracian réforme des monastères, et qu'elle l'appelle a reformer ses déchaussées.
N. i. La sous-prieure, du nombre S, était Marie du Saint-Esprit, que l'on appelait, dans la maison, Clarence, à cause de son ingénui'é et de sa bonne foi Elle finit en recommand.ini de finir de payer la maison avec ce que donne Bé itrW, qui venait de faire profession. Reconnaissance, charité, justice, religion, la Sainte ne perdait jamais de vue aucun devoir ni aucune vertu. P.is une de ses lettres qui ne fasse laire celte réflexion et qui ne porle notre condamnation. >»•<*
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A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Neuvième.)
Jésus.— 1. Ma fille, que l'Esprit-Saint soit avec Voire Révérence: jusqu'à ce qu'on m'ait marqué qu'elle est sans fièvre , je ne serai pas tranquille. Faites bien attention que cela a coutume d'arriver aux personnes d'un sang léger. J'en ai passé par là , moi qui en avais l'occasion. Le remède serait une fumigation à la vapeur de l'absinthe, du coriandre, avec des coquilles d'eeufs , un peu de vinaigre, du romarin et du pied d'alouette. On la prend au lit. Je vous assure que je n'y pensais plus, c'est elle seule qui m'y a fait penser. Je croirais à propos qu'elle en fit plusieurs essais. J'eus une fois la fièvre pendant huit mois , et ce remède m'en guérit.
2. Je ne puis remercier assez Dieu de ce que Rlaise s'est trouvé là la nuit de la mort de cette bonne vieille. Que Noire-Seigneur l'ait avec lui , comme nous l'en avons prié ici. Il me semble qu'il n'y a que faire de donner des consolations ni à sa sœur, ni à sa cousine. Faites-leur mes compliments; elles doivent être contentes que celte âme soit allée jouir de la présence de Dieu. Mais Réalrix ne doit pas former ce désir, et elle doit prendre garde de commettre quelque péché dans celte simplicité. Vous m'avez fait bien plaisir de me le marquer dans tous les détails, et je suis bien aise que l'on ait fait un si bon héritage. Je vois que le démon ne vous a pas jouées comme moi par pusillanimité; car je comprends maintenant que c'était lui ; mais j'ai repris mou ancienne marche.
3. Qu'est-ce que ceci? Le Don prieur des Groles écrit au P. Marian de leur procurer un peu d'eau. Je ne vois pas comment, et cependant cela me ferait grand plaisir. Certainement il s'en occupe, comme si c'était pour lui-même. Dieu soit bénil car il est bon. Je le leur écris. Recommandez-moi à toutes et à ma Gabrielle. Dites-moi si elle fait une bonne tourière et ne manquez jamais de faire mes compliments à Delgada. Faites-moi connaître l'état de la santé de frère Rarthélemi d'Aguilar. Je ne sais comment vous êtes mal, ayant auprès de vous notre père. Chaque jour Dieu vous fait la grâce de le voir seule à seul.
h. C'est au Pérou que doit être mon frère, et je crois même qu'il est déjà plus loin. Laurent me l'apprendra. Quant à ce qu'ils font, il n'y a rien d'arrêté; il n'a pas d'établissement, et, comme on dit, il est aujourd'hui dnns un endroit et demain dans un autre. J'ai envoyé voire lettre à mon frère Laurent. Si on le disait dans le pays où est cet homme, peut-être il connaîtrait quelqu'un à qui il pourrait le recommander. Informez-vous-en et marquez-le-moi.
5. Il faudrait que Réatrix payai la maison ; puisqu'elle a été cause , à ce que je crois, qu'on nous a transplantées là. Dilcs toujours à Gabrielle de me faire savoir comment on se trouve à Paterne, pour qu'elle ne soit pas dans la peine. Ce n'esl pas merveille qu'elles ne soient pas trop
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LETTRE LXSII.
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tranqnilles. Demandez à mon père s'il serait bon que Marguerite allât
avec elles, si elle en avait le courage, car elles sont bien seules, et jo
crois qu'elle pourraitdéjà faire profession, bien que je ne me rappelle pas
quand elle a pris l'habit. S'il en tombait quelqu'une malade, ce serait
peu de chose, il n'y manquerait pas de converses. Dieu soit avec vous.
Amen. Le jour de sainte Lucie.
De Votre Révérence,
Tbérèse de Jésus.
6. Vous verrez comment se trouve la prieure de Malagon , par la lettre ci-jointe qui est du médecin.
Lisez ces deux lettres afin que vous ne fassiez pas ce que vous conseille saint François, .je vous envoie la sienne décachetée' , cachetezles. Si le P. prieur vous donne les estampes, n'en prenez aucune pour moi. Il vous en donnera tant que vous voudrez. ,
NOTES
N. 1. Les religieuses de ValladoliJ ont conservé l'original de celle lettre, écrite encore à Tolède, en 157(3.
L'ordonnance de la Sainte pourla fièvre est un moyen liomœnpalhique, lrè>-ralionnel et Irès-efficace pour la gnérison de celle maladie débilitante, toujours causée par une faiblesse d'estomac ou par un engorgement de cet organe.
N. -2. Il mourut au couvent de Séville une bonne vieille qui servait les religieuses. A cette mort subite se trouva Biaise, qui était sacristain. La vieille laissa, à la maison, par smi testament un bon héritage ; elle était pa rente de Béat ri v ei de Jeanne de la Croix. Va pour les vieilles ! dira t-on ; mais celle-ci va au ciel, el cVsl Tbérèse qui l'y envoie. Béitrix en est consolée; mais elle pourrait même se réjouir n'eu être débarrassée ; ce serait un \ léclié. La Sainte l'en avertit.
N. 5. Les religieuses de Séville manquaient d'eau. Le P. Carluja chargeait '«2 P. Marian, qui était àla cour, d'ouvrir des négociations pour leur en obtenir. Gabriclle était Elé'inore de Saint-Gabriel, et elle avait, à Séville, la ebarge d'infirmière. La Sainte s'en était bien trouvée. Delgada était quelque bonne connaissance de la Sainte. Aguilar était un dominicain ; il en est question dans la lettre LXXXVI. Plus loin, notre père était le P. Gracian.
N. i. Au nombre 6, elle s'inquiète toujours de Brianda de Saint-Joseph, et enfin elle passe à Isabelle de Saint-François, prieure de Paterne. Bien ne lui écbapi e,v n e même les estampes ; tout à l'heure, elle étaii au Pérou : l'Espagne et l'Amérique étaient à l'aise dans sa tète.
LETTRE LXXIL
A la même mère Marie de Saint-Joseph. ( Dixième. )
1. Jésus soit avec Voire Révérence, ma chère fille. Je ne puis vous écrire que quelques mots, parce qu'il est deux heures après minuit , et, pour la même raison, je n'écris pas au bon Nicolas. Souhaiiez^lui de ma part la bonne année. La femme de son cousin était aujourd'hui ici , et celui du monastère est dans le bon dessein où il l'a laissé ; mais il attend là qu'on ait terminé les affaires à la cour , parce que le père Gracian, y élant retenu, ne vient pas pour l'admettre.
2. J'ai bien de la joie que ayez reçu une si bonne religieuse. Je me recommande à toutes. Les lettres de mon frère que vous m'avez envoyées m'ont fait un grand plaisir. Ce qui me fait de la peine, c'est que vous ne me parlez pas de votre sanlé. Que Dieu vous la donne comme je le souhaite. II nous fait une grande grâce d'en donner une
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{28 LETTRE LXXIH.
aussi bonne à notre père. Qu'il soit à jamais béni ! Le courrier m'a remis la lettre que vous envoyez à Malagon ; j'ignore s'il a apporté l'arsent. C'est une grande simplicité de ne pas prendre ce que vous donne mon frère. Plût à Dieu qu'il donnât davantage! Vous ferez bien de m'envoyer des dragées. Si elles sont bonnes, je vous assure qu'elles me feraient plaisir, parce qu'il y a des sœurs qui en auraient besoin.
3. Je me porte bien, quoique j'aie été mal à mon aise quelques jours avant ces fêtes, et que j'aie eu bien du ensse-tète de certaines affaires. Néanmoins je n'ai pas foulé la paillasse. Faites mes compliments à tous ceux que vous jugerez à propos, et en particulier au P. Fra Antoine de Jésus. Demandez-lui s'il a juré de ne pas me répondre. Je me recommande à frère Grégoire. Je suis bien contente que vous ayez de quoi faire vos paiements de cette année. Dieu pourvoira au reste. Que sa majesté vous garde. Je désire déjà bien recevoir une lettre de vous.
C'est le jour de saint Jean l'évangéliste, et je suis
De Votre Révérence,
Thérèse de Jésis.
notes.
N. t. L'original de celle lettre se trouve au couvent deBudia. Elle est du 27 décembre 1576. .... r J .•
On voit, au nombre premier, que qnelqu unse proposait de faire une londanon que poursuivait à la cour le P. Marinn.
N. 2. La profession dont il est question était celle de Blanche de JésrjS-Mane.lille du Portugais, dont il est parlé dans la lettre LXV1I1. La lettre de son frère éiait sans doute rie Laurent de Cépède.
N. 5. Que le vieux P. Antoine de Jésus fit attendre ses réponses , il n y a pas a s'en étonner. Les vieillards sont Ienis à écrire.
A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Onzième.)
1. Jéstjs soit avec vous, ma fille. Vous aurez eu sans doute de belles fêtes et un bon premier de l'an, puisque vous avez avec vous mon père. Il en eût été de même de moi, si j'y avais été. Il paraît que les choses ne doivent pas s'arranger là-bas si vite, et je suis inquiète ici de son absence. Oh! quelles gelées nous avons; peu s'en faut qu'elles soient comme celles d'Avila. Néanmoins je suis bien portante, mais désireuse d'avoir une lettre de là-bas, car il me semble qu'il y a longtemps que je n'en ai reçu. Les courriers éprouvent les mêmes retards en allant qu'en venant. Il est vrai que tout est en retard pour celui qu1 désire.
2. L'adresse de votre lettre m'a fait connaître que vous allez mieux depuis que vous avez été saignée. Si vous êtes sans fièvre, c'est tout co que je veux savoir. Votre lettre m'a fait bien du plaisir, mais j'en aurais bien davantage, si je vous voyais, et j'en éprouverais un plaisir tout particulier, si c'était maintenant, car il me semble que nous sommes bien amies. Il en est peu avec qui j'aimerais autant à m'cnlretenir
** de grandes choses, coreme avec vous, parce que je vous assure que
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JLETTRE LXXIV. 12»
vous me convenez. Aussi je nie réjouis en voyant dans vos lettres que, si Dieu veut que nous nous revoyions, il ne s'agira pas de bagatelles et que vous sentez ce que je vous demande. Aussi je suis très-sensible à votre maladie.
3. Personne n'entend rien à celle de la mère prieure de Malagon. On dit qu'elle va un peu mieux, mais que la fièvre ne la quitte pas et qu'elle ne peut pas se lever. Je désire beaucoup qu'elle se trouve en état d'être amenée ici. Qu'on ne cesse pas de la bien recommander à Dieu : comme je sais qu'il n'est pas nécessaire de vous en charger, je ne le fais pas chaque fois. Ne vous élonnerez-vous pas de ce que toutes les fois que j'écris à mon père (Gracian), il me prend la fantaisie de vous écrire aussi, quoique j'aie tant d'occupations? Je vous assure que je m'en étonne; au moins si j'écrivais de temps en temps à ma Gabriellel Recommandez-moi bien à elle, à Béalrix, à sa mère et à toutes.
4. Je marque à mon père que l'on ferait une bonne chose, puisqu'à Paterne on a besoin de sœurs, je dis de converses, d'y envoyer des nôtres pour aider celles qui y sont, et je lui dis qu'elles sont en petit nombre. Envoyez-leur mes compliments et dites-moi toujours comment elles sont. Frère Ambroise me dit que notre père va très-bien. J'en fais les honneurs à Votre Révérence, car je pense qu'il en est redevable à vos bons soins. Dieu soit béni de ce qu'il nous fait cette grande grâce 1 Dites de ma part bien des choses à frère Antoine. Comme il ne me répond jamais, je ne lui écris pas. Autant que possible, qu'on ne sache rien de tant de lettres ; recommandez à mon père de n'en rien dire.
5. Mes compliments à Garcia-Alvarez et aux autres que vous verrez. Ici je pense à vous demander : Que fera-t-on la nuit pendant les matines? Faites-le-moi savoir et soyez avec Dieu; que sa majesté vous rende sainte, comme je le lui demande. C'est le 3 de janvier. Mon frère m'écrivit hier; les gelées ne l'incommodent nullement. Il y a de quoi louer Dieu des grâces qu'il lui accorde dans l'oraison : il dit que ses oraisons sont des oraisons de déchaussées. Il fait de grands progrès et nous fait du bien à toutes. Qu'on ne l'oublie pas. A vous.
Thérèse de Jésus.
Tournez le feuillet.
Donnez à une sœur l'écrit de notre père, l'écrit pour la translation
de Garcia-Alvarez; il est très-utile pour chaque maison; et pour Avila,
il semble que le démon en est disparu. Envoyez-m'en en tout cas une
copie bien fidèle et ne l'oubliez pas.
NOTES
Celte lettre fut écrite, àTolède, le 5 janvier o. .. u original a passé par plusieurs mains. On ignore s'il existe encore el qui le posséderait maintenant.
Celte lettre est aisée à entendre ; en fait de notes, elle ne donne lieu qu'à le noter.
A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Douzième.) Jésus. — 1. L'Espril-Saint soit avec Votre Révérence, ma fille. Je
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130 LETTRE LXXtV.
vous dirai que je pourrais commencer par quelqu'un de ces grands éloges hyperboliques dont vous êtes prodigue pour notre père, et c'est d'autant plus vrai que je ne sais ce que j'en ai pour aimer comme je le fais. Je suis dans la persuasion que vous me payez de retour, Dieu veuille que vous le fassiez voir en me recommandant bien à lui.
2. Hier, jour de la conversion de saint Paul, le courrier me remit et votre lettre, et l'argent, et tout le reste; tout venait si à propos, et tout est arrivé si heureusement, qu'il fallait voir. Dieu vous tienne compte du contentement que m'a donné ce que vous avez envoyé pour la mère de notre père ; car aucun autre n'a fait autant que vous, et cela lui a fait, à lui, un grand plaisir. Comment ne vous aimerais-je pas beaucoup, lorsque vous êtes sans cesse à me donner des plaisirs? Seulement j'ai attendu un peu l'agnus que je désirais donner ces jours-ci à l'administrateur (qui ne manque en rien à ce qu'il peut faire pour m'obiiger; il a beaucoup fait dans la maison de Malagon, et il y travaillerait encore), et l'on est tellement à court dans celte maison, qu'à raison de mon caractère, j'en souffre beaucoup. Dans chaque maison il y a quelque petite croix, et cela ne me fait pas de la peine.
3. Dieu me fait une grande grâce en ce que celles de celle maison so suIGsent; je ne sais de quoi je pourrais me plaindre, lorsque tout va si bien, particulièrement de ce qu'il me donne l'espoir d'élre à même de payer quelque chose du prix de cette maison; car quand je songe que j'ai à donner plus d'un ducat par jour, je ne laisse pas d'en élre inquiète. Il est utile de demander à Dieu qu'il leur ôte ce fardeau, qu'il lui plaise au moins de l'alléger. Av\en.
k. J'en reviens à l'agnus; comme vous savez pour qui il est, ayez bien soin de l'envoyer; le reste le demandait, car c'était très-beau. On a pris ici un peu de baume , parce que La petite Isabelle a dit qu'on en avait beaucoup là-bas, et trois poupées, aGn que ma petile ne croie pas être la Glle d'une marâtre qui n'a rien à lui donner et qui ne lui laisse que ce qu'elle ne peut lui ôler. Dieu vous en récompense, ma fille; amen, amen, amen. Et les patates, elles sont arrivées dans un moment où j'ai un grand appétit, et elles sont en Irès-bon élat; cl les oranges, on en a réservé quelques-unes pour les malades, quoiqu'il n'y ait pas grande maladie ; tout le reste est très-bien ; les dragées de mémo, et il y en a beaucoup. Dona Louise est venue aujourd'hui ici; je lui en ai donné quelques-unes, et quand j'ai remarqué qu'elle en faisait tant de cas, je me suis mis en léle de les lui envoyer de votre part; car il ne faut qu'un rien pour lui faire plaisir, et il semble plus convenable pour nous autres de ne faire que de petits cadeaux à ces grandes daines. Mon frère m'avait envoyé la caisse mieux que je n'envoie les dragées.
5. Je suis bien aise qu'il ne vous en ail rien coûté. On peut bien, lorsqu'on rencontre quelqu'un qui a des moyens, demander quelnno chose pour une personne, celle qu'on voudra, ou si on nous donne, aire que nous recevons pour quelqu'un, ou une personne, et ce n est pas
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LETTRE LXXiV. 131
ainsi donner du bien du couvent. Je n'avais rien envoyé à la prieure de Malagon de ce que mon frère m'a donné, de peur qu'avec la fièvre qu'elle a, cela ne la fît mourir. Je ne voudrais pas que vous lui envoyassiez rien d'échauffant, mais vous pourriez très-bien lui envoyer d'autres choses qui ne le seraient pas, comme des oranges douces, qui sont très-agréables au goût et ont des propriétés utiles pour les maladies. Ah! que je voudrais l'avoir ici 1 Mon espoir est maintenant dans l'eau de Loja. J'ai déjà écrit à notre père qu'il me fasse savoir si on aura le temps, et j'en enverrai chercher. Je crois qu'elle est bien traitée, parce que je lui donne beaucoup de consultations : ce sont les petits gâteaux qui sont maintenant de son goût.
6. Je voudrais répondre longuement à vos lettres, car je les ai reçues toutes; mais le courrier part demain matin, cl j'ai déjà sous les yeux ce qui est pour notre père. Pardonnez-moi le port; la chose est si importante qu'il faut un bon courrier; vous aurez soin au plus tôt, ainsi que le père Grégoire, et vous le lui demanderez de. ma part, de m'envoyer pour les prendre quelqu'un de sûr (Diego, s'il y est), et qu'il aille vile; il le fera bien volontiers pour l'amour de moi. Si vous n'aviez pas une personne alerte et sûre, n'envoyez personne; le muletier n'étant pas sûr, je n'oserais rien envoyer.
7. Ici, on a vu aussi l'ordre du général qu'on m'avait envoyé là-bas; il me défend, non-seulement à moi de sortir, mais encore à toutes les religieuses ; on ne pourrait ni les envoyer dans les maisons pour prieures, ni elles ne pourraient sortir pour leurs besoins et ce serait une abolition entière, si la commission de notre père venait à expirer; car quoique nous soyons sous la conduite de déchaussés, ce n'est pas assez, s'il n'en fait la déclaration étant commissaire. Pour elles et pour moi, sa déclaration suffit, et d'une heure à l'autre, il peut arriver que nous nous trouvions en cet étal. Pour cela, faites vos diligences, je vous en prie, et vous pourrez observer à celui qui portera ces lettres, qu'il ne faut que peu de temps pour arriver et pour revenir auprès de Votre Révérence. Si ce n'est pas le muletier, en mettant un bon port , n'envoyez rien. Dites à notre père que je vous ai marqué qu'il fallait qu'on vous adressât l'envoi. C'est une chose étonnante que nous ayons été si simples. L'administrateur, qui est un grand légiste, et le docteur Vélasquez l'ont bien vu et ils disent que cela peut se faire. Ils envoient même l'instruction. Que Dieu fasse ce qui convient le plus à son service. On me mande de le faire au plutôt et ainsi je le fais.
8. C'a été un bonheur qu'on n'ait pas donné l'argent à Alonzo Rnilz, parce que l'alcade qui devait le prendre est ici. J'avais dit à celui qui paie mes ports de donner les vingt réaux, pour que nous ne restassions pas en arrière des petits comptes, mais on fera ce que vous dites. On a retenu aussi un peu de gomme; je voulais vous en envoyer demander. On s'en sert pour faire des pastilles avec du sucre râpé, forl bonnes pour les rhumes. C'est bien; jeudi prochain on vous en portera avec
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