‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 123 sur 448 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les passions apportent à l'âme deux dommages, l'un privatif, l'autre positif. On le prouve par plusieurs passages de l'Ecriture.

AÙn de connaître plus distinctement ce que nous avons dit jusqu'ici , il est nécessaire de déclarer de quelle manière les passions causent à l'âme deux sortes de dommages, dont l'un est privatif et l'autre est positif. Le premier consiste en ce que les passions privent l'âme de l'Esprit de Dieu, et le second, en ce qu'étant fortes, elles fatiguent l'âme, elles la tourmentent, elles la remplissent de ténèbres et de taches, elles l'affaiblissent; c'est ce que Jérémie exprime en ces termes : Mon peuple, dit-il , a fait deux muux : il m'a quitté , tnoi qui suis la fontaine d'eau vive, et il s'est fait des citernes qui sont percées de tous côtés, et qui ne sauraient garder l'eau [Jerem. II, 13). Une seule opération de la passion produit ces deux mauvais effets dans l'âme ; car aussitôt que l'âme s'affectionne à quelques créatures, plus cette affection jette de profondes racines, moins l'âme est capable d'aller à Dieu, puisque l'amour de Dieu et l'amour des choses créées sont contraires, et ne peuvent subsister ensemble dans le cœur. En effet, quelle comparaison y a-l-il entre les créatures et le Créateur, entre les choses

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