‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 14 sur 448 · I : NOTES · texte numérisé non relu

I : NOTES

N. 1. L'original décolle leHre et ceux des t: ois suivantes sont conservés a\ec une religieuse vénération par les religieuses de Valladolid. Celle leiue est datée île Tolède, -28 mai 1577.

N. 2. Pour riuielligence du nombre premier, il faul savoirqueGracian, ayant terminé les visites qu'd avaii reçu ordre de (aire à son retour de Madrid, l'année précédente, voulait tenir un chapitre pour régler les articles de la réforme qu'il avait formé

'] - le plan d'établir, lorsque le nonce llorinanèic lui ordonna de venir à la cour a\ec lottes les notes qu'il av. iii prises. Gracian arriva a Madrid au mois de juin. Le mince mourut, et il emporta son projet dans l'autre monde. C'était ce que demandait Tos- Ude, quiprolilade ce m.ubeurp'iur faire des siennes, et brouiller tellement les choses

, - que sainie Thérèse vit le moment où tout était perdu. Une lui resta en ces conjonctures

•-' | que ce qu'elle ne perdit jamais, l'espérance.

N. 5. Dans le dernier nombre, comme elle recommande la prière ! Elle est nécessaire pour la prieure malade, plus nécessaire encore pour la réussite des affaires de l'ordre. La prière est bonne à loul; celle parole de l'homme, qui est aussi celle de la

'.' piété, est comme la paiole de Dieu : Ad omnia utilises!.

A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Quatorzième.)

1. Jésus soit toujours avec Votre Révérence, ma Dlle. Je me servis le mois dernier d'un muletier d'ici pour vous écrire, et mon frère aussi;

£ S je vous marquais que les affaires allaient assez mal, et vous allez

maintenant savoir tout ce qu'il en est par le P. Grégoire; car je no

vous avais pas tout dit. Dieu soit béni; aujourd'hui tout va très-bien, et

d'un jour à l'autre, de mieux en mieux. Noire père se porte bien, et sa

»g commission est arrivée. Néanmoins, je voudrais bien qu'il n'eût plus »"'■ ,. .

*>*; rien de commun avec ces gens-là; ils en inventent tant, qu'il serait

S*s impossible de tout écrire. Ce qu'il y a de bon, c'est que tout leur reJ

v ï- tombe sur le dos et se change en bien pour nous autres.

2. Vous saurez d'abord que frère Michel et frère Ballhazar se soni

s. ïti m. 9

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dédits, bien que Irèrc Michel jurât qu'il n'écrivait pas dans le Mémorial , et que c'élait par force et par menaces qu'on lui avait fait dire le contraire. Voilà ce qu'il avait déclaré, el même autre chose en présence du secrétaire, et devant le Saint-Sacrement. Le roi a compris que ce n'était que de la méchanceté, et ainsi ils ne font du tort qu'à eux-mêmes. Ma tête ne va pas : recommandez-moi à Dieu et à ces sœurs ; que Dieu les éclaire afin qu'ils se sauvent.

3. Je tous dirai qu'il est arrivé ici une chose à l'Incarnation, comme je crois qu'on n'en a jamais vu. Par ordre dcTosladc,le piovincialestvenu, il y a quinze jours, faire l'élection : il avail grande provision de censures et d'excommunications pourcelles qui me donneraient leur voix ; et cependant, elles n'en ont pas élé intimidées; mais comme si on ne leur avait rien dit , cinquante-cinq religieuses ont volé pour moi. A chaque voix qu'elles donnaient au provincial, il les excommuniait et les maudissait, el il brûlait le bulletin. Il les a laissées excommuniées il y a aujourd'hui cinq jours. Elles n'entendent pas la messe, n'entrent pas même au chœur, lors même qu'on ne dit pas la messe ; personne ne leur parle, ni les confesseurs, ni leurs pères ; et, ce qu'il y a de mieux, c'est qu'un autre jour après celte élection assommée, le provincial les a fait venir pour procéder à une nouvelle élection, et qu'elles ont répondu qu'elles n'avaient pas d'auire élection à faire que celle qu'elles avaientfaite. Quand il a vu cela.il les a excommuniées de nouveau. 11 a ensuite fait venir les autres, qui étaient au nombre de quarante-quatre, et il a nommé une autre prieure ; puis il a envoyé les pièces à Toslade pour obtenir sa sanction. Elles l'ont déjà reçue, et les autres tiennent bon, disant qu'elles ne veulent lui obéir qu'à litre de vicaire.

k. Les gens habiles disent qu'elles ne sont pas excommuniées, et que les frères vont contre le concile en nommant prieure, celle qui a eu le moins de voix. Elles ont envoyé dire à Toslade qu'elles me veulent pour prieure. Il répond que cela ne sera pas, que si je veux, je puis y aller pour me recueillir, mais qu'on ne peut souffrir que j'y aille pour prieure : je ne sais à quoi cela aboulira. Voilà en substance ce qui se passe. Nous sommes tous consternés de voir des choses qui blessent tout le monde. J'en ferais bon marché, si elles consentaient à rester tranquilles ; je n'ai nulle envie de me voir dans cette Babylone , surtout avec la mauvaise santé que j'ai , et moins encore lorsque je suis dans cette maison. Que Dieu l'arrange pour son plus grand service, et qu'il me débarns<e d'elles.

5. Thérèse se porte bien el se recommande à Votre Révérence ; elle est fort jolie cl a beaucoup grandi; recommandez-la à Dieu, afin qu'il en fasse sa servante. Faites-moi savoir si la veuve est entrée, je le désire, et si son frère est parti pour les Indes.

De Votre Révérence,

Thérèse de Jésus.

6. J'ai un grand désir de pouvoir traiter avec. Votre Révérence de

cmatncs choses, vous me donneriez des consolations ; mais au premier jour que j'en aurai le temps, je le ferai , et je choisirai un messager plus sûr que celui-ci. Dooa Louise nous aide beaucoup et nous rend toutes sortes de services. Recommandez-la à Dieu, ainsi que l'archevêque de Tolède et le roi, qu'il ne faut jamais oublier.

NOTES

N. 1. Cere lettre est de la fin d'octobre So77.

N. 2. Faire des noies pour l'éclaircissement de cette lettre, aillant allumer la chandelle en plein midi.

A lamente mère Marie de Saint-Joseph. (Quinzième.)

1. Jésus soit avec vous, ma fille. Oh ! qu'il y a longtemps que je n'ai vu de vos lettres, et qu'il me semble que je suis éloignée de vous 1 Quoique vous soyez assez près pour que je vous écrive, ces jours-ci il y a eu tant de troubles, comme vous allez voir, que je vous assure que le Seigneur me laisse peu de moments libres. De peur de l'oublier, je voudrais bien que l'Agnus fût garni de perles. I! ne faut pas que jo le perde de vue, puisque c'est une chose qui vous est agréable et qui me l'est également, puisque je liens à le contenter. Ainsi, faites -le à votre commodité.

2. Je voudrais bien qu au milieu de ces tourmentes que la Providence vient, me dit-on, de soulever de nouveau, vous vous lussiez hâtée de les faire sortir de Paterne ; c'est mon plus grand désir. Notre père m'a écrit qu'il vous avait marqué de le faire avec la permission de l'archeveque. Sachez gagner ses bonnes grâces avant qu'il n'y ait autre chose pour nous faire perdre son appui. Ici je pense à vous demander un peu de gomme aromatique, ou caragne, je m'en trouve très-bien ; que ce soit de la bonne, ne l'oubliez pas, je vous en prie. Vous pouvez la faire passer à Tolède bien arrangée et marquée; qu'on me l'envoie par l'homme de là-bas, s'il vient, ce sera bien. Ne manquez pas de faire toules vos diligences pour ce qui regarde Paterne: ne fût-ce pas pour elles, je le voudrais pour vous, car je ne sais comment elles ont pu y tenir : ma compagne vous racontera l'histoire de ces travaux.

3. Ecrivez-moi si elles ont payé celte maison, si elles touchent de l'argent, et ce qui les presse de s'en passer. Je vous apprends que les religieuses de l'Incarnation ont été absoutes après avoir passé près de deux mois sous l'excommunication et tenues de près. Le roi a ordonné au nonce de les faire absoudre. Tostade et ses assistants ont envoyé un prieur de Tolède qui était des leurs, il les a absoutes, mais en les molestant tellement, qu'il serait trop long de vous le dire. 11 les a laissées plus opprimées et plus affligées qu'elles ne l'étaient déjà : le tout, parce qu'elles ne veulent pas pour prieure celle qu'ils veulent leur donner, et qu'elles ne veulent que moi. On leur a enlevé les deux déchaussés que leur avaient donnés le commissaire apostolique et le

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dernier nonce; on les a emmenés de force comme des malfaiteurs, et j'éprouve une grande peine de les voir au pouvoir de ces gens-là; car j'aimerais mieux les voir entre les mains des Maures. On raconte que le jour de leur arrestation on les a battus deux fois de verges , el qu'on leur a fait toutes sortes de mauvais traitements. Le P. Jean de la Croix a été emmené par Maldonnd, qui est le prieur de Tolède, pour être conduit devant Tostade. Frère Germain a été enlevé par le prieur d'ici, pour être conduit à Saint-Paul de la Moraléja. A son retour, le prieur a dit aux religieuses de son Lord, qu'il a corrigé ce traître comme il faut ; et l'on raconte qu'en chemin il rendait le sang par la bouclic.

k. Les religieuses en ont été et en sont plus affligées que de toutes leurs persécutions, quoiqu'elles en souffrent de grandes. De grâce, recommandez-les à Dieu, ainsi que ces saints prisonniers. Les religieuses disent qu'ils sont des saints, el que durant tout le temps qu'ils ont passé chez elles, elles n'ont rien vu en eux qui ne lût de vrais apôtres. Je ne sais à quoi doivent aboutir les folies de ces gens-là. Que Dieu parsa bonté y porte remède, comme il voit qu'il y en a nécessité. Je me recommande particulièrement à frère Grégoire ; qu'il fasse recommandera Dieu tous ces maux. C'est pitié que les souffrances de ces religieuses, elles sont martyres. Je ne le lui écris pas, car il n'y a pas longtemps que je l'ai fait; la lettre est partie avec la vôtre. Je me recommande bien à ma Gabrielle et à toutes. Dieu soit avec vons; le 10 décembre.

S. Je ne vois pas du tout avec quel argent elles espèrent payer celte autre maison, et je ne me rappelle pas si celle-ci est déjà payée; il me semble que vous m'avez dit que la rente est déjà amortie; mais si celle autre ne devient pas religieuse, il est clair qu'elle voudra rentrer dans ses fonds, surtout si elle marie sa sœur. De grâce, expliquezmoi toul cela en détail : par la voie de père Padille , les lettres viennent sûrement; vous les donneriez à l'archevêque ou à notre père; elles arrivent aussi plus tôt que par Tolède. Si on a tant d'argent, qu'on n'oublie pas qu'on en doit à mon frère qui paie cinq cents ducats de rente pour un héritage qu'il a acheté; et, ne lui donnât-on que deux cents ducats, ils lui seraient bien utiles, car on ne lui a rien envoyé des Indes.

G, Faites-moi savoir aussi où en est la séparation des provinces , quel est le vicaire nommé. Recommandez-moi au père évangéliste , et dites-lui que Dieu lui donne de bonnes occasions de se sanctifier; parlez-moi de sa santé et de celle de toutes; si vous ne le pouvez, ma Gabrielle me l'écrira. Bien des compliments à Béalrix et à M. Garcia Alvarès de la maladie duquel j'ai été affligée ; dites de ma part bien des choses à toutes et au P. Nicolas. Dieu vous garde.

Votre servante ,

Thérèse de Jésus.

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LETTRE LWTIU.

NOTES

N. 1. (.l'Ile lettre fut é-rite le 10 décembre 1577, dans le temps le plus orageux pnur la réforme

(i. i. Après avoir passé la précédente sans éclaircissement, nous en forons à peu près aillant de celle-ci ; mais iihii~ ne saurions la passer san- quelques réflexions.

N.3 N'imlire premier : D eu me l.iis-e peu de moments de liberté, dil la Sainte. Depuis 1572 qu'elle avait entrepris la réforme, elle n'avait cessé d'èire dans de grands travaux, mais à l'époque de celte dernière lettre elie n'avait rien à faire ; seulement elle avait beaucoup à souffrir, et à tel point qu'elle n'avait pas le temps d'écrire. Die i travaillait, et toute la fatigue retombait sur e'Ie.

N. i. Dans la prévision de l'orage, elle pren I îles précautions pnur faire rentrer dans l'arche les réformatrices de Paterne, l-.lles firent leur retraite le 4 du même mois.

N.5. Au nombre 5,el(e désapprouve l'acquisition d'une maison que celte prieure avait en vue. Elle y revient aux nombres 4. 5 ri 7. Ri en de plus clair qu e l'histoire de l'excommunication d'au* la lettre pièce lente. L'histoire de l'absolution ne l'est pas moins dans celle-ci. El ces deux pères emmenés prisonniers, l'un recevant une double ration de coup,, l'autre vomissant le sang ; la Sainte en ay mt tant de comp is-ion qu'elle aimerait mieux le- voir au pouvoir des Maur.-s qu'entre de telles mains ! de tels ouvriers, de tels travaux méritaient bien une récompense.

A la même mère Marie de Saint-Joseph. (Dis-septième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Espril-Sainl soit avec Voire Révérence, nia fille. J'ai reçu votre lettre, et avec elle les patates, un petit baril cl les citrons. Tout est arrivé en bon état ; mais les frais d'envoi sont si considérables qu'il ne faut plus que vous m'envoyiez autre chose, je m'en ferais conscience. Il y a un peu moins de huit jours, je vous ai écrit par Madrid ; ainsi je ne serai pas longue aujourd'hui, d'autant moins qu'il n'y a rien de nouveau dans les choses dont je vous pirle, ce qui nous cause beaucoup de peine; car, quoiqu'il y ait aujourd'hui seize jours que nos frères sont en prison, nous ignorons si on les a nii s en liberté : néanmoins, nous avons la confiance que Dieu y remédiera. Comme nous sommes à la veille des fêtes de Noël, et que le cours de la justice dans les tribunaux va se trouver suspendu jusqu'après l'Epiphanie, si on n'y a pas déjà remédié, ceux qui souffrent en auront pour longtemps. Les religieuses de l'Incarnation me font aussi bien pitié, car elles sont tenues de près et dans la persécution ; et ce qui les afflige le plus, c'est qu'on les ait privées de ces saints confesseurs, cl de voir qu'on les opprime de la sorte. Par charité, recommandez-les tous à Dieu, car c'est grand' pilié qu'ils souffrent lanl.

2. Je me réjouis que vous vous portiez bien, ainsi que ces sœurs, et que l'on ait découvert la bonne œuvre (tue faisait Bernarde. Dieu veuille que la veuve fasse ce que vous dites, c'est-à-dire, quelle ne demande pas l'argent. J'ai écrit au père prieur des Grotes, cl j'ai envoyé-la lettre avec celle de Vrotre Révérence, par .Madrid, comme je vous le dis. Comme je ne sais si ce messager sera sûr, je ne vous en dis pas davantage; faites mes compliments au P. Garcia Alvarès et au P. frère Grégoire à qui je ne fais pas de réponse, quoique sa lettre in ait fait plaisir pour la raison que je dis : je chercherai a savoir s'il y a ici

si .

138 LETTRE I.KXIX.

quelqu'un qui connaisse ce rccleur, cl je lui ferai écrire, je me recommande bien à maGabrielle.sa lellre m'a causé de la joie; je me recommande à toutes les sœurs. Faites à Dona Eléonore lous les compliments que vous voudrez de ma part, et dites-lui que je suis bien consolée d'apprendre qu'elle exerce tant de charité envers celle maison. Pour qu'elle sache ce qui se passe, le port de ce qu'elle m'a envoyé s'est monté à douze ré.iux, encore tout était en mauvais état, je ne sais pourquoi. Soyez avec Dieu, et qu'il vous donne de bonnes fêtes comme je le désire; 10 décembre.

3. Thérèse el loules ces sœurs se recommandent bien à vous. J'ai la tète en bien mauvais état (je ne sais comment on veut qu'il en soil autrement), et loutes ces peines réunies me fatiguent parfois. Je ne sais quand vous recevrez celle-ci, ni si elle sera sûre. M. Laurent de CépèJe, mon frère, se porte bien; ne manquez pas de dire à toutes bien des choses de ma pari : dites-en de même à celles de Paterne, leurs chants me conviennent beaucoup; d'après ce que j'en vois, leurs espérances seront bienlôl évanouies, et elles le verront clairement. Je vous donne la permission de dire de ma part tout ce que vous voudrez.

L'indigne servante de Votre Révérence ,

Thérèse de Jésus.

4. Failes attention que je vous commande très-sérieusement d'obéir à Gabrielle en ce qui concerne votre traitement : je lui recommande à elle d'avoir grand soin de vous, car elle doit voir combien votre santé nous est importante.

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