‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 15 sur 448 · SÛTES · texte numérisé non relu

SÛTES

Celle lettre, dont l'original est conservé par les religieuses de Murcie, fut écrite à Valladolid, en 1579, lorsque la Sainte, sortie de son honorable prison, y passa pour se rendre à Salamanque, où l'appelaient les ordres du P. vicaire général, frère Ange! deSalazar.

Voici des choses sérieuses, s'il peut s'en rencontrer dans une lettre. Mettonsnous donc d'aplomb. A d'autres le ion badin et léger. Ce n'est certes jamais le noire ; et vous vous en êtes déjà aperçu. Si nous nous montrions à la fois prêtre et homme, qui ne serait scandalisé de ce phénomène?

N. I. La Sainte prie l'archevêque de faire imprimer deux petits livres, dont un, qui n'est pus d'elle, est lies é liftanl et sera utile à son ordre; mais l'autre, elle n'en dit rien. C'est qu'il est d'elle. 11 fut imprimé parles soins de l'archevêque, quatre ans après, à Eboia, et il a pour titre: le Chemin de lu Perfection. Puisque c'est un iii-S", il n'est pis si petit; il n'est pas non plus sans mérite. C'est de la théologie mystique, très-orihodoxe et bien écrite. La Sainie, comme on sait, n'était à court ni d'esprit, ni de spiritualité. Son humilité ne l'empêchait pas de se taire imprimer, par la raison que la véritable humilité ne dérobe pas au prochain ce qui lui est utile, mais seulement ce qui lui esi nuisible. Il faut aussi, pour la même raison, que la Vie de saint Albert soil imprimée, et ce sera encore l'affaire de Mgr. de liragauce.

N. 2. Elle fail connaître à ce prélat l'intérêt qu'elle lui porte. -N. 3. En Portugal, par la mort du roi, don Henri, le trône est vacant. Il y a deux prétendants: ce sont Philippe II, roi d'Espagne, et un prince royal portugais, le duc de liragance, cousin de l'archevêque d'Ebora. Il s'agit, comme à l'ordinaire, en pareil cas, d'une grande guerre pour meure en lumière les droits du compétiteur fondé dans ses prétentions, c'est à-dire pour faire passer sur la lèle du plus fort, la petite mais litbc couronne en litige. On se propose donc de traiter la question, en écartant le droit, les armes à la main, au lieu de la plume, car il y avait trop de têtes en Espagne et en Portugal, pour qu'on pût y voir la vérité au sujet du droit contesté. Qu'est-ce que la justice lorsque l'usage lui fait concurrence? Une affaire d'argent ou de sang, selon l'usage. On parle donc de traiter ei de décider cette affaire, selon l'usage. Sainie Thérèse n'est pus pour ce moyen. Une lelle guerre lui fait également peur et horreur. Plutôt mourir, dit-elle, que de voir un si grund mal.

Mais peut-elle le prévenir et faire désister de ses prétentions l'un des deux piélendants? Elle l'espère; pour cela, il suffira peut-être que l'archevêque d'Ebora représeme au duc, son cousin, que le droit n'est pas de son côté ; car, lel est son avis à elle, et l'avis des espagnols éclairés. Si le due a de l'humanité et s'il est capable de commander à son ambition, que de sang humain épargné! quel scandale de moins donné aux infidèles, qui verraient tant de chrétiens s'égorger entre eux, avec d'autant plus de joie qu'ils leur inspireraient un grand mépris, loin en leur épargnant la peine de s'en débarrasser à leurs risques et périls! Quui de plus déplorable! 0 Thérèse! vos raisons étaient bonnes et voire ambassadeur les lil valoir, mais l'éclat de la couronne éblouil son cousin et la guerre se lit. Qui rompra jamais le charme cruel de l'ambition des grands?

A monseigneur l'illustrissime don Alvarez de Mendoze, évêque d'Avila.

Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit-Saint soit toujours avec voire seigneurie. Dieu soit béni de ce que vous êtes en bonne sanlé. Plaise à sa divine majesté de vous y conserver, comme je l'en supplie. Ce me serait une douce consolation de vous écrire bien longuement, si j'en avais le temps, mais je l'ai si peu, que j'hésite à commencer. Marie- Bapllste vous parlera de moi, je ne puis le faire ici. Elle ne manque pas de me donner des nouvelles de Votre Grandeur, chaque fois qu'elle m'écrit. Elle me marque également tout ce qui peut d'intéresser, grâces à Dieu. Néanmoins, ne pouvant souffrir plus longtemps de ne recevoir aucune lettre de vous, je vous en ai écrit plusieurs. 11 en est une qui

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tETTRE LXXXIX.

ne vous a pas été remise, et je sais pourquoi; mais je ne sais ce que sont devenues les autres. Je n'en ai reçu qu'une seule de Votre Grandeur depuis que je suis ici ( j'entends à Albe ).

2. Je me suis acquittée de votre commission auprès de la duchesse. Elle m'a raconté l'histoire et m'a assuré qu'elle n'a jamais pensé que vous eussiez pris part, à la dernière affaire. Elle mérite bien que l'on conserve son amitié. Je ne puis écrire non plus à madame dona Marie. Je lui présente mille respects, quoique la sainte Vierge s'intéresse bien plus à ses servantes, que sa seigneurie à ses sujettes, s'il est vrai, comme on me l'a dit, qu'elle n'a pas ouvert la bouche pour elles dans cette affaire. Que le Seigneur vienne en aide à ce petit ange en faveur duquel Notre-Seigneur fait des choses bien extraordinaires pour le temps où nous vivons. Il me semble donc qu'il n'a permis qu'on l'abandonnât à elle-même que pour la mettre plus à même de prendre ses mesures et de mieux soutenir de tels combats. J'en loue infiniment sa divine majesté.

3. Depuis que Votre Grandeur a tant de saintes, elles se met peu en peine decelles qui ne le sont pas; voilà pourquoi elle m'a mise en oubli. Cependant, il me semble qu'il vous est enseigné de prendre plus de soin des pécheresses que des saintes. Je féliciterais plus volontiers madame dona Marie et madame la comtesse d'autre chose que de leur mariage, quoique je sois bien aise de voir qu'il s'est fait si promptement. Fasse Noire-Seigneur que ce soit pour sa gloire, et que madame Marie et vous, vous vous en réjouissiez longtemps ! Je témoigne à madame dona Béalrix et à madame la comtesse l'assurance de mes respects empressés. Que Dieu vous conserve toujours au nombre des siens.

L'indigne servante et sujette de Votre Grandeur.

TnÉBÈSE DE JÉSDS.

NOTES

Ce serait se défier de l'intelligence du lecteur et lui faire injure, que de commenter celte lettre. Elle fut écrite à Aine en 1574, lorsque la Sainte y passait, en venant de Salamanque, pour aller fonder à Ségovie. L'original se trouve au couvent des religieuses de Sainte-Anne de Madrid. Don Alvarez de Mendoze à qui elle est adressée, fui un des grands protecteurs de la réforme naissante, qu'il continua de soutenir durant ses progrés. Cet évoque fut un homme de mérite.

N. 2. La duchesse dont il est question était la duchesse d'Albe. La dernière aflàire sera, si vous voulez, notre dernière affaire. Elle est restée inconnue. Dona Marie était sœur de don Alvarez. Le péril Ange était dona Casilde de Padille. Elle voulait entrer dans l'ordre, mais les diflicullés étaient si grandes, que sainte Thérèse, pour les aplanir, se transporta à Valladoiid. Elle en vint à hout. Par le temps qui courait, cette demoiselle n'avait que Dieu pour elle. Au milieu de ses comhais, elle venait de perdre son dernier appui, c'est-à-dire l'approbation de dona .Marie, sœur de don Alvarez, à qui la Sainte s'en plaint si finement.

Le N. 5 est charmant. Voyez cette malicieuse pécheresse. EUe ne mérite pas qu'on pense à elle, et elle fait ce'qu'elle peut pour s'attirer l'attention. Fugit ad talices et j.' cupil ante vidai.

A monsiigneur l'illustrissime don Alvarez de Mendoze, évéque d'Avila.

(Deuxième. ) Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit toujours avec Votre Gran-

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j£Jj dour. Chaque jour j'apprécie davantage la grâce par laquelle Noire- ïv*

Seigneur me fait comprendre l'utilité des souffrances, pour prendre, »*

sans s'inquiéter, le peu de contentement que donnent les choses de >»>*

cette vie, puisqu'elles disparaissent si vite. Je vais apprendre à Volro j».^

Grandeur que, comme je ne pensais qu'à passer un bon printemps à £.*

Avila, ou à Valladolid, il nous est arrivé le P. Gralian, établi provin- jj^

cial de l'Andalousie par une commission du nonce, qui lui a été en- ££

voyée après le contre-bref. Ce père est un homme si accompli et si *^

distingué, que je serais bien aise qu'il vous offrît ses hommages, comme g£

il en a le désir depuis que je lui ai dit combien Votre Grandeur a à *^

cœur le bien de l'ordre : vous me diriez ensuite si je me trompe sur >»-<* son compte. J'ai toujours eu une grande joie de l'y voir entrer.

2. Enfin, nous partons pour l'Andalousie la semaine prochaine, ce £3

sera lundi. Nous aurons cinquante lieues à faire. Je crois bien qu'il ne ^

m'y mènera pas de force ; mais il y tient tellement, que, si je n'y allais î^

pas, je craindrais manquer à l'obéissance qui est un devoir que j'ai jj^

toujours désiré accomplir. Par rapport à moi, j'en suis contrariée , et »^

ce n'est pas pour mon plaisir que j'irai àSéville, au milieu des brû- S*

lanles chaleurs de l'été. Que Dieu y trouve son compte , le reste n'est **

rien. Je supplie Votre Grandeur de m'envoyer sa bénédiction , et de no >£

pas oublier de me recommander à Notre-Seigncur. j£

Cet endroit-ci se trouvant écarté , j'ai manqué de commissionnaires. On dit qu'à Séville nous en trouverons à volonté. J'écrirai de celte ville à Votre Grandeur. Veuille Notre-Seigneur que vous jouissiez do la santé que je vous souhaite , et que je lui demande pour vous. Le P. Jean d'Avila fait pour vous les mêmes vœux. Il m'est d'un grand secours. Il vous présente ses hommages. Nous pensons souvent à vous, £ à la maison de Saint-Joseph et au doux repos qu'on y goûte. Que tout jj serve à la gloire de Notre-Seigneur, et qu'il vous fasse vivre plus longtemps que moi. £

C'est aujourd'hui la veille de l'Ascension. S

L'indigne servante et sujette de Votre Grandeur, £

P. S. Je me suis bien portée ici, et , grâces à Dieu, je m'y porte beau coup mieux qu'à mon ordinaire.

notes.

L'original de celte lettre se trouve à Grenade, dans une maison particulière. Elle fut écrite à Vcas, le 11 mai 1575.

N. 1. La Sainte y traduit saint Paul, qui dit : Prœterit figura hujus mundi. Les choses de ce monde, dit-elle, passent si vile. Sonl-ce les astres, ou le glolie terrestre qui passent? Eli non! ce sont ces petits habitants habillés de la troisième planète du soleil, que le temps, dans son vol rapide, étouffe sous son aile toujours jeune et meurtrière. Qu'y faire? Suivre le conseil éclairé do la Sainte : comprendre l'utilité des souffrances pour prendre, sans s'inquiéter, le peu de contentement que donnent les choses de la vie. Pour cela, il f.iut la foi et la grâce de Dieu. L'une et l'autre est en notre pouvoir. L'une et l'autre est pourtant un don de Dieu ; mais il l'accorde toujours, lorsque le cœur le demande. Vous ne le demandez que des lèvres. Vous voulez l'avoir pour des paroles. Dieu ne vous le donnera jamais que cour votre cœur.

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!f-*i LETTRE XC. 163 ^

N 2. Vous êlcs si conleiit <Ie ce que je viens de vous dire, que vous ne vous £<«,

occuperez pas du reste de cène lettre qui, sans cela, ne vous cûi servi de rien. #/*,

ÎE3 LETTRE XG. J$

***< A dort Pedro de Castre, alors chanoine d'Avila , et depuis éveque de >r*i Segovie.

1. Jésus soit avec vous, Monsieur. Lcplaisir que m'a causé votrclcllro $£*

J*-"* j'espère que sa divine majesté m'accordera toute ma vie la grâce de *■<*, l'obéissance. Je ne pense pas que votre absence me donne la liberté :

a été sigrandquej'cnai remercié Dieu le premier par un TeDeum, parce *^

pg qu'il m'a paru que je devais ce service à celui qui est l'auteur de tous *^

*-ïï les biens. Je vous remercie mille fois, et je désirerais vous témoigner »£*

**| ma reconnaissance autrement que par des paroles. Que la miséricorde &*

de Dieu est grande! Quoi! mes iniquités vous ont fait du bien! Ah! &*

j£5 c'est avec raison, puisque vous me voyez échappée à l'enfer que j'ai jr*. *J bien mérité depuis longtemps. Aussi bien j'ai intitulé ce livre : Les mi- J^

«£JJ eéricordes de Dieu. £<*,

2. Qu'il soit à jamais loué! Je n'en avais pas espéré la grâce qu'il *J

jt^ vient de me faire. Cependant je me troublais chaque fois que j'enten- »|J*

dais ses paroles menaçantes. Je ne voudrais pas vous en dire davan- «-£

£ï| tage par écrit. Je vous supplie donc de venir me voir demain soir, jour J»*(

£5 de la Présentation , afin que je puisse vous ouvrir mon âme. qui s'est ^^

*2 désespérée tant de fois. Je vous prierai de me faire entendre tout co J^

que vous penserez qui est propre à me rendre agréable à Dieu ; car *£'

|mS j'y renonce-, car je vois les désordres qu'elle a enfantés. C'est impos- *>*

j£5 sible. Mais je trouverai de grands biens dans l'obéissance , si vous ne *=<**

ï^ ^n'abandonnez pas, et vous ne le ferez pas. En témoignage de ma réso- *>,«.

** lulion, je me propose de garder ce billet, quoique j'en aie une garantie j£$

£* plus sûre. £$

3. Je vous supplie, an nom de Notre-Seigneur , de ne jamais oublier J£J|

m ce que je suis, pour ne faire aucun cas des faveurs que Dieu m'ac- **j

jjjj corde , si ce n'est pour me regarder comme la plus misérable des *=*

créatures, puisque je le sers si ma), et que je ne fais que m'endetter *-<rç

de plus en plus. Vengez plutôt ce Dieu de bonté, qui ne veut se ven- *><^

ger de moi que par des bienfaits , quoique ce ne soit pas une légère £5

)*** punition pour qui se connaît. jTjj

£* k. Lorsque vous aurez fini de lire ces cahiers , je vous en donnerai ***

*** d'autres qu'il ne vous sera pas possible de lire sans concevoir une juste *><*

2) horreur, en voyant combien je deirais être différente de ce que je suis. ^,^5

Je crois néanmoins qu'ils vous causeront quelque plaisir. Que le Sei- *j*< iJïl gneur vous accorde un parfait contentement. Amen. Vous n'avez pas %* perdu auprès de moi dans le style de vos lettres : j'étais tentée de vous j£$ faire compliment des fleurs dont vous les ornez. Tout profite au ser-

j£$ Vice de Dieu , quand l'intention et le fonds sont vraiment pour lui. %Sj j^jj Qu'il soit béni en tout. Amen. Car il y a bien longtemps que je n'ai

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éprouvé un si grand contentement que cette nuit. Je vous fais bien mes compliments pour l'adresse , car elle est bien grande pour moi. A Monsieur le docteur Castro el Nero.

NOTES

Ce billet est exposé à la vénération publique dans l'église de Cordoue. Nous l'y avons vu et lu.

N. \. Don Pedro de Castro n'éianl encore que chanoine àAvila, et Thérèse simple carmélite, reçut de celle religieuse le livre de sa Vie, écrile par elle-même. Après l'avoir lu avec l'intention bien arrêtée d'en faire bonne justice el de ne rien passer à l'auteur, le chanoine resta interdit et sensiblement touché de ce qu'il s'était proposé de critiquer. Sous l'impression de ces sentiments inattendus, il écrivit à la Sainte que la lecture du livre de sa Vie lui avait fait du bien. Quel ne fut pas l'élonnejnent, ou plutôt l'admiration de celle-ci? Dans son attendrissement, elle s'écria en lui répondant: Que les miséricordes de Dieu sont grandes! quoi! mes iniquités vous ont fait du bien ! Oui, Thérèse, nous vous le dirons pour don Pedro : vos imperfections ont tellement relevé vos vertus, ces ombres font un effet si saisissant sur le tableau, que je n'ai pu le contempler sans répandre des larmes d'admiration. C'est donc pour vous avoir admirée, qu'à votre tour vous m'admirez. Et dans aurunede ses lettres, la Sainte ne s'est montrée attendrie comme dans celle-ci. Le principal sujet de sa joie vient de se croire échappée à l'enfer. Elle en remercie Dieu par un Te Deum et elle lui élève un monument de sa reconnaissance en intitulant son livre : les Miséricordes du Seigneur.

N. 2. Jusqu'alors elle s'était crue perdue, mille terreurs l'avaient agitée. Elle lui en fera un plus long détail dans un entretien qu'elle lui demande pour le lendemain, afin de lui ouvrir son âme rassurée après ses désespoirs. Elle impute à son indocilité ses désordres passés. L'obéissance en arrêtera le cours et les expiera. C'en est fait, il ne faut pas qu'il l'abandonne. Elle promet l'obéissance, et si elle y manque, ce sera ce billet qu'elle garde qui sera son accusateur.

N. 5. Qu'il ne prenne pas garde aux faveurs que Dieu lui accorde; ce Dieu de bonté ne veut se venger d'elle que par des bienfaits ; toutefois ce n'est pas là une légère punition pour qui se connaît. Il ne faut pas qu'il imite Dieu, et qu'il la ménage. Elle est la plus misérable des créatures, elle vit si mal! grand Dieu, quels sublimes sentiments! Je l'ai déjà dit : Thérèse, que vous avez un grand cœur !

N. 4. Lorsqu'il aura fini la lecture de ces cahiers, elle lui en donnera d'autres qui ne manqueront pas de lui inspirer d'elle une juste horreur. On pense qu'elle lui promet ici le Livre des demeures. Le stgle de vos lettres ne vous fait pas de tort auprès de moi. Vous les ornez de fleurs de bon goût, et tout profile pour Vieu, quand c'est l'amour de son service qui l'inspire. Grande maxime de perfection! il y a longtemps qu'elle n'a passé une si bonne nuit. L'adresse qu'il a mise à sa lettre, est bien grande pour elle.

Elle ne signa pas ce billet, qui est cependant de sa main.

A don Pedro Hlanzo , alors chanoine de la sainte Eglise de Burgos, et , depuis, évéque de Calatrava.

Jésus. — t. La grâce de l'Esprit-Saint soit avec yous , Monsieur. Notre père provincial m'a chargé de vous dire qu'il a reçu une lettre où on lui marque qu'un père qui va à Rome, doit passer à Soria, pour vous parler, et qu'il n'aura pas le temps de s'arrêter. En effet, il est parti ce matin, et, malgré le désir qu'il avait de vous voir, il ne l'a pas fait à cause des nombreuses occupations qui lui ont pris hier tous ses moments. 11 vous prie de le recommander à Dieu. Il nous a laissées dans une grande solitude, et je vous supplie de songer que vous avez dorénavant ici des filles, au nombre desquelles je me trouve, et que ,

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