I.ETTUE X'MI
comme l.i plus indigne, j'ai besoin que vous ne m'oubliiez pas. La mère prieure el toutes les sœurs vous présentent leurs respects.
2. La cérémonie de la prise d'habit aura lieu, dit-on, vendredi prochain. C'est monseigneur qui la fera. Que Dieu se donne à nous, afin que ces absences nous soient moins pénibles. Qu'il vous garde, et vous fasse croître beaucoup en sainteté. 11 serait nécessaire que vous me parliez avant de traiter avec aucun prêtre pour le placer ici. Cependant, si vous en trouvez un, ne vous en inquiétez pas
Votre indigne servante et sujette, notes.
Celte lettre fut écrite à Burgos, la seconde semaine de mai I5S2. Un habitant de Bribie*ca en conserve l'original. Don Pedro Manzn était de la maison des Manzns Znnigas, de Calahora ; de chanoine qu'il était à Burgos, dans le temps que la Sainte lui adressa cette lettre, I devint évêquj de Calahora. comme la Sainte l'avait prédit. Le père, liant le déinit pour Rome fait un grand vide d:ins la maison, étml le P. Graciai). Elle prie le P. Manzo de venir les consoler et réparer la taule que leur fait Gracia n.
M. 2. LMIastrissime qui devait donner l'h > 1 > ï t était don Christnval Vêla, et la novice qui devait le prendre, dnna Bé itrix de l'Arco-Covarnibias. Nouveaux regreis de l'absence de Graciai). Parents, amis, loul nrnis quille, il n'y a que Dieu avec qui nous puissions être toujours. Qu'il se donne doue à nous! Elle avait demandé un chapelain au chanoine. Avant de rien arrêter avec celui de sou choix, il ferait bien de l'envoyer à la Sainte. De ce qui nous convient, nos propres yeux sont les meilleurs juges.'
A Madame l'illustrissime et excellentissime Dona Maria Henrtquez ,
duchesse d'Alva.
Jésus. — 1. La grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Excellence. En m'envoyant ce live, Votre Excellence m'a fait un si grand plaisir que je ne sais comment l'en remercier. Je vous présente mille fois mes respecls, el je tiendrai ce que je vous ai promis. Si cela peul être agréable à Votre Excellence, comme je ne vois pas qu' il puisse aller si loin en sûreté, je retiendrai ici le père Médina , jusqu'à votre retour à Albe, si vous le permettez. Que Voire Excellence charge la prieure de me dire si elle consent à ce que je lui ai fait demander ; que si elle ne m'en parle pas, je comprendrai que Votre Excellence est disposée à me rendre ce service.
2. Que Noire-Seigneur accorde à Votre Excellence la parfaite santé que lui demandent pour vous toutes ces filles et moi. J'offre à sa divine majesté le déplaisir vivement senti que m'a causé le départ de Voire Excellence , sans que je lui eusse baisé les mains. Qu'il soit à jamais béni de ce qu'il prend soin de me donner si peu de contentement sur la terre; que sa volonté soil f.tite en toutes choses ; je comprends que c'est tout ce que je mérite. Sous un rapport , vous vous trouverez mieux (autant que j'ai pu m'en apercevoir) à cause des peines que vous aviez ici : je veux dire ea y rencontrant ma présence
s th. m. M
«tP******** I . .; ,....•.-■■'.'•.■■:.■.■■-.■•.■.■.-..-
106 ETTttE XCIII
Chaque jour je prie Dieu d'accorder la sanlé à monseigneur le duc, cl à Votre Excellence beaucoup d'années, pour le moins plus qu'à moimême. Le rhume dont Voire Excellence est atteinte m'a ôté tout le plaisir que m'a causé votre lettre. Je supplie Votre Excellence de ne plus m'écrire ainsi à mes dépens : c'eût été assez pour moi que Voire Excellence m'eût t'ait adresser quelques mots par sou secrétaire. Je tiens toutefois à ce que Votre Excellence me nonne de temps en temps des nouvelles de sa sanlé et de celle de monseigneur don Fadrique. Que Noire-Seigneur la conserve toujours bonne à vos seigneuries. Lors même que vos seigneuries me mettraient en oubli, je n'oublierai pas de faire ce à quoi je suis obligée dans mes pauvres prières, tant pour vous que pour ceux à qui Votre excellence veut du bien.
3. Le père provincial me donne de bonnes espérances des affaires. Cette nouvelle m'a donné beaucoup de consolation, ainsi que l'honneur que lui fait Votre Excellence, eu lui permettant de lui tenir compagnie. Je ne crois pas faire un péché en lui portant envie. Sa Révérence me marque qu'elle désire impatiemment de recevoir l'ordre do se rendre auprès de vous; mais je voudrais bien supplier Votre Excellence, pour l'amour de Noire-Seigneur, de ne pas le lui donner en ce moment; car il fait imprimer les constitutions de l'ordre, dont nous avons un besoin pressant. Les monastères les attendent. Que Notre- Seigneur soit avec Votre Excellence.
L'indigne servante de Votre Excellence, et sa sujette ,
Thérèse de Jésus, notes.
Errile à Avilit, fin de 1581, cette lettre est conservée par les religieuses de Médine des('.hamps, autrement pour l'espagnol. Médina del Campe, t^'est celle longue lettre doni la Sainte parle dans une du troisième lome. Par malheur, nous n'en av< ns qu'une panie; le reste a été usé par les mains des dévots curieux.
Y 1. Elle remercie la duchesse d'un livre qu'elle lui a rendu. On entend que c'était le livre de la Vie de la Suinte qui, encore en manuscrit, était déjà en circulation et venait de passer entre les mains de cette fraude dame.
M. -2. Thème de même utilité.
A Ui-très-illustre dame dona Louise de la Cerda, setgneuresse de Mala-
(jon. (Première).
1. Jésus soit avec vous, madame. Votre lettre m'a été remise aujourd'hui, fête de l'Ascension, par le licencié. La nouvelle de l'arrivée do celte lettre m'avait fait quelque peine avant que je l'eusse lue. Dieu soit glorifié de ce que vous êtes bien porlante , de même que don Juan el lous ces messieurs : le reste ne doit compter pour rien. Cependant, quoi que je dise, j'ai été bien contrariée el j'ai fait voir au licencié le tort qu'il a eu; il en est resté confus et il ne se comprend pas lui-même. D'un côté, il a bonne envie de vous contenter, et il dit qu'il vous aime beaucoup, el il le fait; mais d'un autre côté, il ne sait pas tirer parti de sa bonne volonté : il ressemble à Alonzo de Cabria, il a un peu de
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mélancolie. Ce quo c'est que le monde I Le lireni ié qui pourrait vous servir, ne le veut pas, et moi, tout en le désirant, je ne puis le faire. Nous subissons ces déplaisirs et d'autres encore pires, sans parvenir à connaître ce monde, ni à désirer de le quitter.
2. Je ne m'étonne pas que vous ayez des peines, je connais votre ca-
mais puisque vous y êtes pour servir le Seigneur, prenez votre mal en patience et entendez-vous bien avec lui, il ne vous laissera pas dans l'abandon. Personne ici n'a trouvé mauvais votre départ, seulement on vous plaint ; chassez ces idées noires et prenez soin de votre santé. Ces tours passés, la mienne a été fort dérangée : si ce n'étaient les secours qu'on m'a prodigués dans votre maison par votre ordre, j'irais bien plus mal encore. La chaleur, pendant mon voyage, ayant fait augmenter la douleur que j'éprouvais déjà lorsque vous étiez à Malagon, il est devenu nécessaire de me faire saigner deux fois en arrivant à Tolède; telle était la douleur que je ressentais des épaules à la tête, que je ne pouvais pas me retourner dans le lit. On m'a ensuite fait prendre médecine, etdemain, vendredi , il y aura huit jours que je suis ici. Je pars bien affaiblie, car on m'a tiré beaucoup de sang, mais il était bon. Je me suis trouvée bien abandonnée en me voyant sans mon amie et ma maîtresse; le Seigneur soit loué de tout. Réolin et tous les autres ont eu grand soin de moi, en sorte que j'ai admiré comment, pendant que vous étiez là-bas , je me trouvais bien de vous ici. Je vous recommande à Dieu de grand cœur. Quoiqu'encore un peu faible, je suis presque rétablie. 3. J'ai des obligations extraordinaires au curé de Malagon, et il veut
encore me conduire. Alonzo de Cabria est si bien avec 1 administrateur, qu'il n'a pas eu envie de venir avec moi ; il prétend que cela ferait trop de peine à l'administrateur. Pour moi, qui me suis trouvée en si bonne compagnie, je l'y ai d'autan! juins engagé qu'il arrivait bien fatigué de son voyage. Je dois vous faire savoir que l'administrateur ' î se conduit très-bien, il se conduit, dit-on , on ne peut mieux; Antoine &î de Cabria en fait le plus grand éloge ; tout le monde en fait autant, et SI. Hernando en est très-content.
k. Carleval est parti , et je crois que c est pour ne pas revenir ; on dit
ractère ; tous n'êtes pas d'humeur à vous accommoder de tout le monde; j'avais déjà prévu que vous auriez foi t à souffrir des gens de ce pays-là :
nue c'est la Providence qui a fait choix d'Alonzo de Cabria, pour tra-
railler a la fondation du monastère de Malagon et de l'hôpital, pour en faire les frais, et on dit vrai. Je dois vous dire, madame, que je suis très-contente de l'avoir placé là; à part mon Paul, je ne sais trop si j'aurais pu faire un choix qui valût le sien, de sorte que c'en est un très-heureux. Il est tres-versé dans l'oraison, dont il a une grande expérience; il est très-content et il ne lui manque qu'un petit logement. Comme je vous ai laissé tout cela par écrit à Malagon, je ne vous en dirai pas davantage; je trouve encore ici de grandes nouvelles sur ce père
5. i^es sœurs sont Irès-conlentes ; nous avons arrêté que l'on prendrait une béate instruite , qui sera nourrie par la maison (puisque nous sommes tenues de faire une autre aumône, ce sera celle-là) ; elle apprendra gratis aux petites filles à travailler, et par là même, elle aura occasion de leur enseigner la doctrine chrétienne et leurs devoirs envers Dieu , ce qui fera un très-grand bien. Le père Carleval a aussi envoyé chercher un jeune homme pour les servir : ce sera lui et le curé qui expliqueront la doctrine. Enfin la confiance que j'ai en Dieu me fait espérer que tout ira bien ; de manière que je suis très-contente : soyez-le aussi vous-même, et soyez assurée que mon absence ne nuira en rien à la religion de celte maison. Quand je considère que les religieuses en ont beaucoup, qu'elles ont un tel confesseur et que le curé ne les négligera pas, j'ai l'assurance qu'avec l'aide de Dieu , les progrès iront croissant de jour en jour.
6. Personne n'ose dire au dernier aumônier de ne pas continuer à dire les messes : veuillez, madame, le lui faire dire. Le père Paul cherche quelqu'un pour le lui faire défendre, niais il ne voudrait pas que cet aumônier fût abandonné. L'administrateur se charge de le placer si bien qu'il se trouvera mieux qu'il n'est; mais puisque c'est à lui de le consoler, il ne voudrait pas lui intimer lui-même son renvoi. Je vous prie, madame, de ne pas négliger celte affaire ; on a déjà payé le licencié ; c'est Miranda qui l'a payé. Veuillez faire savoir qui doit rembourser Miranda. 11 faut obvier à ce que le démon n'ourdissepas quelque trame pour nous faire perdre un homme comme celui-là; car il ne manquera pas de faire tous ses efforts contre celui qui lui cause de grands préjudices. Examinez bien ce que c'est , et ne donnez pas votre consentement; j'ai été si occupée aujourd'hui que je n'ai pas eu le temps de m'occuper de celte affaire, et il est maintenant trop tard et je suis en outre trop fatiguée. Je me sers de la grande selle à dossier que vous aviez au château (je vous supplie de ne pas le trouver mauvais), et d'une autre fort commode que j'ai achetée ici. Je sais bien que vous verrez avec plaisir que je me serve de votre selle pour mes voyages, et que du moins je les fasse avec quelque chose qui est à vous; j'espère que Notre-Scigneur me fera la grâce de revenir sur cette même selle, sinon, je vous la renverrai lorsque vous serez de retour
7. Je vous ai déjà marqué, madame, dans la lettre que j'ai laissée pour vous à Malagon , qu'il me semble que le démon empêche que maître Avila ne voie mon affaire. Je ne voudrais pas qu'il mourût sans la voir, ce serait un grand malheur ; je vous prie donc , puisque vous êtes si près, de lui envoyer par un exprès l'écrit bien cacheté et de lui écrire pour l'en prier, car il a bonne envie de le voir et il le lira aussitôt qu'il le pourra. Frère Dominique vient de m'écrirc tout à l'heure de le lui envoyer à Avila par un exprès ; je suis bien en peine et je ne sais que faire : comme je vous l'ai dit, s'ils le savent, cela me fera jjien du tort. l'our l'amour de Notre-Seigncur, failes, je vous en prie
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LETTRE XCIH. lb<J
vos diligences ; considérez qu'il s'agit de son service, et ne perdez pas ? courage dans le pays étranger. Rappelez-vous que la Sainte Vierge et
jl notre père saint Joseph allèrent en Egypte.
8. Je m'en vais par Escalona, où se trouve la marquise qui m'a fait dire d'y passer. Je lui ai répondu que je me trouve si bien de vouî qu'il n'était pas nécessaire qu'elle s'occupât de moi et que j'irais. J'y
¥% serai une demi-journée, s'il m'est possible, et cela parce que le frère Garcia le lui a promis et que ce n'est pas un détour. M. don ■'. Hernando, madame doua Anne m'ont fait l'honneur de me rendre
■ S visite. Don Pedre Nino, madame dona Marguerite, nos autres amis, £ « ainsi que beaucoup d'autres, m'ont fait le même honneur et quelques- 1 S uns m 'ont beaucoup fatiguée. Les gens de votre maison sont tran- O quilles et bien rangés. Je vous prie, madame, d'écrire à madame la supérieure; vous voyez combien vous lui avez déjà d'obligations. |i Comme j'ai gardé le lit le reste du temps , je n'ai pu la voir, bien qu'elle ïjç m'ait fait faire ses compliments. Demain matin avant mon départ, j'irai ■'■■ '■' voir la supérieure qui le désire beaucoup.
9. Je ne voudrais pas parler de la mort de madame la duchesse de Médina-Cœli, si je croyais que vous l'ignorez. Mais je pense que vous
P i- l'aurez apprise avant que cette lettre vous parvienne. Je ne voudrais | •- pas que vous en fussiez trop affligée. Le Seigneur lui a fait à ellemême et à tous ceux qui la chérissaient une grande grâce en l'enlevant si subitement au milieu de ses souffrances qui lui faisaient endurer mille morts. Elle a si bien vécu qu'elle vivra toujours ; que Dieu nous accorde à vous et à moi le même bonheur. Mes respects à tous ces messieurs. Anlonia vous offre les siens. Faites bien mes compliments à M. don Juan; je le recommande beaucoup à Notre-Seigneur. Que **# sa divine majesté vous conserve et vous conduise toujours par la main. Je suis déjà bien fatiguée et je ne vous en dis pas davantage. L'indigne servante et sujette de Voire Seigneurie,
*<*■ Thérèse de Jésus, carmélite.
10. On a fini par accorder une autorisation à notre père éternel. #,#. Sous un rapport, j'en suis fâchée, mais d'un autre côté, je vois que
c'est la volonté de Notre-Seigneur, qui veut aussi que vous ayez des peines sans consolation. Ce père vous écrira lorsqu'il trouvera un fe*j commissionnaire. Je remets cette lettre-ci à dona Francisca, en la lui recommandant bien. Si je trouve une occasion, j'aurai soin de vous <* écrire d'Avila. J'oubliais de vous parler d'une religieuse que notre père regarde comme très-capable et très-recommandable par ses qualités. Elle n'a que deux cents ducats ; mais nos filles sont tellement surchar gées et le besoin est si grand dans un monastère qui ne fait que commencer, que je suis d'avis qu'on la reçoive. J'aime mieux prendre une telle fille que des imbéciles, et si j'en trouvais une autre comme elle, je n'en admettrais pas d'autres. Je vous laisse avec Dieu, madame: si
je m'écoulais, je ne finirais pas. Je ne comprends pas comment je puis vivre si éloignée de celle que j'aime tant el à qui j'ai de si grandes
obligations.
NOTES
Conservée par les religieuses de Talavera, celte leiire fut écrite à AVila, lorsque 1 1 Sainte fui 5e retour de la fondation de Malagon, le -27 mai 15CIS. Il par.iit, par le coiiienu, que madame de la Cerda était alors en Andalousie.
N. l.lle i question d'un homme de confiance dedona Louise, aussi maladroit que
dévoué. [I esl confus de ses bévues; sou caractère mélancolique en est cause. Que
voulez-vous? puis, une conséquence morale de celle déconvenue: ceux qui peuvent
nous servir n'en ont pas la volonté, et vice versa. La preuve : voyez toutes ces de-
nioiselle< qui ont bonne vocation à l'étal religieux et pas de dot, et ces dotées, sans
on. 'l'ouïes ces choses disgracieuses ne servent de rien pour nous faire appré-
• monde, ni pour nous y faire renoncer. C'est pourtant vrai, Thérèse, ce que vous
là. Oh! nous envoyons bien d'autres sans être désabusés, pas plus que si
loui - Quoi qu'il en soit, vous avez doré la pilule à votre, grande dame. A-
opéré? oui.
N. 2. Doua Louise ne s'arrangeait pas, selon les apparences, des Andalous. La Sainte lui conseille de se mettre bien avec Dieu, parce que c'est le moyeu de se trouver des hommes. Elle a été malade ; la fatigue et la chaleur en ont élé la eau*e. On l'a saignée deux lois. Un eût mieux fait de la faire transpirer au moyen du thé el d'une fomentation. Mais c'eût élé trop peu de deux saignées : on lui a fait prendre médecine. C'était de trop. Non, disent nos Hippocraies qui prennent fait et cause; car elle n'est pasrestée sous leconpde cette médication. C'est la raison par laquelle ils nous prouvent que nous avons besoin d'eux pour ne pas vivre longtemps, ce qui serait ennuyeux.
N. 5. Grands éloges du curé de Malagon, le licencié Gaspard de Villeneuve à qui la Sainte a écrit plus d'une fois. Elle est" bien aise que le bon Alonzn Cabria, personmélancolique, soil satisfait de ne pas raccompagner. Ces caracières-là ne vont pas au sien. Mention honorable de l'administrateur de la dame.
.N. i. Carleval, ce frère d'un honnête mitigé que la Sainte avait laissé pour c ur à ses lilles, est comparé à l'incomparable Paul Hernandez de la compagnie sus. Elle fait une belle réflexion sur Alonzn Cabria. Qu'il prenne patience, il devint directeur.
N. 5. Elle revient à Carleval : il a le talent d'instruire la jeunesse. On lui adjoint une i éale.
.N. (i. Elle la charge de prier Paul d'expédier un auménii i . sans lui taire de la peine; parce qu'il est bon homme. Que l'administrateur en ait soin. Hiranda est l'objet de quelque vexation. C'est l'ordinaire du démon de faire des siennes à ceux qui lui font le plus ombrage. Déjouez ses ruses. Enfin, il s'agit d'une selle. Evidemment < e n'est pas un bal.
N. 7. L'affaire dont elle veut qu'Avila connaisse, n'est autre chose que le livre de sa Vie.
N. 8. Projet de voyage pour le lendemain. Visites reçues, fatigue par suite, etc.
N. 9. La duchesse de Médina-Céli esl morte. Elle a si bien vécu qu'elle vivra ton- Tours.
A madame l'illustrissime dona Louise de la Cerda. (Deuxième.) 1. Jésus soit avec vous, madame. Je suis arrivée ici , bien fatiguée, le mercredi avant Pâques. Après avoir élé si mal, comme je vous l'avais marqué , je n'étais guère en état de me mettre en route. Aussi suis-je venue lentement avec le curé, qui m'a rendu bien service, et qui est extrêmement aimable. J'avais avec moi un parent, qui, quoiqu'entant, a été atteint de la pierre. Je lui ai fait boire de l'eau de cetle fontaine, et il est parfaitement guéri. Je me réjouis de cette heureuse guérison, parce que j'espère obtenir parle même moyen celle de don Juan. Que voire
... fc£*S
;. ■:■: LETTRE XCV. 171 r" !
<£^ santé aille comme nous le demandons à Dieu. Je vous présente mes £ *
&* respecls, ainsi qu'à Ions ces messieurs. jj jj
2. J'ai trouvé déjà, religieuse et bien contente, dona Thérèse, fille ^
de la marquise de Velad.i. Dimanche dernier, j'ai vu la marquise de
■"'•«si Villena ; elle m'a comblée d'amitiés. Mais , comme je n'ai besoin que ■■ ;"
dp madame Louise, cela m'a fait peu d'effet. Que Noire-Seigneur me ft ï-
!; la ramène en bonne santé et sans accident. Je vous prie de nouveau s "f
..J, de ne pas négliger mon affaire, pour les raisons que je vous ai mar- -, gj
[[ 5 quées. J'y mets une grande importance. J'ai laissé à Malagon une Ion- ^ .£ y* gue lettre pour vous, une autre à Tolède; et celle-ci n'est que pour
:i-r. vous apprendre que j'ai fait bon voyage. C'est aujourd'hui le mer- S S
'■:. ■■-* credi * |
i; •; L'indigne servante et sujette de Votre Seigneurie. *>«
'■. .-, Thérèse de Jésus, carmélite. **
, :; NOTES
Colle lettre fut écrite le mois suivnni, même année et du même couvent que ia * I *** précédente, jj jj
N. 1. Le voyage annoncé dans la précédente, a fa ligué la Sainie, à peine relevée &>■% de la maladie qu'elle venait de faire. Le curé île Halàgona été pour elle une agréable - ; compagnie, lillo a fait boire à nue fontaine médicinale un enfant dont elle était pa- "' | renie, ei par sa verlu, celle eau étonnamment dissolvante a guéri cet enfant de la * maladie de la pierre, dont il n'élaii certainement pas alleinl. Don Juan, qui est voué à celle merveilleuse fontaine, en sera, à coup sûr, pour son voyage. N. 2. Elle lui recommande de nouveau le livre de sa Vie.
A madame l'illustrissime dona Maria de Mendoze et Sarmiento, qui fut
comtesse de Iiibadavia. (Première.) :'
jj Jésus. — 1. L'Espril-Saiul soit avec Votre Seigneurie. Ce voyage m'a }*><*
été bien pénible. D'un colé, je quille à regret cet endroit; et, de l'autre, monseigneur l'évéque m'écrit que vous êtes dans une grande peine, sans m'en dire le sujet. Si je n'étais pas à la veille de mon départ, je :;; ne partirais pas sans savoir quelle est cette peine. J'ai eu grand soin de vous recommander du moins à Noire-Seigneur. Il m'est venu à l'esprit, je ne sais comment, que l'administrateur pourrait avoir déplu en quelque chose à madame l'abbesse. Celle pensée m'a un peu consolée; si elle éprouve quelque désagrément, Dieu le permet sans doute, pour lui faire acquérir de plus grandes richesses spirituelles. Que sa
i|;i divine majesté arrange celte affaire, comme je l'en supplie.
2. L'on m'a appris que vous vous portiez beaucoup mieux, et j'en ai été bien contente. Oh 1 si vous aviez une seigneurie dans l'âme comme vous en avez une sur la terre , que vous vous inquiéteriez peu de ce qu'on nomme tribulations 1 Toute ma crainte, c'est qu'elles ne nuisent à votre sanlé. Je vous supplie, madame , de me faire connaître (les messagers ne vous manquent pas), dans le plus grand détail, ce qui
jpeg en est. J'en suis fort en peine. Je suis arrivée ici en bonne sanlé, la veille de Noire-Dame : dona Louise en a éprouvé une extrême joie.
*WW¥***********5!^^
172 LETTRt XCV.
Nous passons de bons moments à nous entretenir ac vous, eî j'y prends tant de plaisir, à cause de l'amitié que je vous porte , que je ne m'en lasse pas.
3. Je vous dirai, madame, que tout ce qu'on peut désirer, c'est qu'il plaise à Noire-Seigneur que vos œuvres répondent à la considération dont vous jouissez ici. L'on n'y cesse pas de vous traiter de sainte, et de me répéter les louanges que l'on fait de toute votre vie. Que Noire-Seigneur soit lotie du bon exemple que vous leur avez donné ! A quoi pensez-vous donc, madame? vous souffrez de si grandes peines, que déjà Nôtre-Seigneur a tellement allumé dans votre âme le feu de son amour, que vous le communiquez aux autres. Considérez donc , je suis forcée de vous le dire , ce que Noire-Seigneur a souffert sur la terre. La vie est courte, il ne nous est accordé qu'un moment pour notre épreuve O mon Jésus ! Comme je lui offre la peine que me cause votre absence , sans que je sache seulement des nouvelles de votre santé, comme je le souhaiterais I
k. Les fondateurs de cette maison où je me trouve sont de fort bonnes gens. Nous faisons des démarches pour obtenir l'autorisation : je voudrais mener cela rondement, parce que je pense que si on nous l'accorde bientôt, tout ira à merveille. J'aurais bien des choses à dire à madame dona Bcalrix et à mesdames les comtesses. J'ai toujours présent à mon souvenir mon ange dona Eléonorc : que Noire-Seigneur en fasse sa servante. Je vous prie, madame, de faire mes compliments au père prieur de Saint-Paul et au père Prévôt. Le provincial des dominicains prêt lie ici : il est très-suivi et il le mérite : je ne lui ai pas encore parlé. Que Notre-Seigneur vous conduise par la main et vous conserve pendant bien des années. Amen.
De Voire Seigneurie l'indigne servante et sujette,
Thérèse de Jésus, carmélite.
NOTES
Celle-ci fut écrite à Tolède, vers la fin du carême de 15C9.
N. 1. La cnurioisie ei les alternions de la Sainte pour les grandes dames, se soin fait remarquer dans les lettres précédentes. Dans celle-ci, elle renchérit encore. Quelle finesse d'esprit!
N. 2. M irio de Mendoze a une belle seigneurie temporelle : si elle en avait une spirituelle, elle n'aurait plus rien à désirer, elle ne s'inquiéterait pas de.s tribulations, qui sont peut-être la cause du dérangement de sa santé. La Sainte met des ailes dorées à cet avertissement salutaire.
N. 5. Madame de Mendoze e»t canonisée à Tolède par la voix publique: qu'esl-cc que cela fait, si elle ne l'est en même, temps dans le ciel? CVsi à elle de prendre garde et de vivre de (.>çon qu'il en soit ainsi. La lionne renommée ne suppose pas nécessairement la venu. elle, n'en suppose «inst que les apparences. Or, soni-ce les apparences qui sauvent? Cette dame est dans les souffrances, mais ce ne sonl pas précisément les soufïranres qui sont la vertu. La venu, dans les souffrances, eonsiste à les li'.eii prendre et à les supporter comme le divin Jé-us nous l'a appris dans sa passion et sur la croix. Ainsi la Sainte renvoie-t-elle la dame à ce modèle. Jésus ne choisit pas et il souffre tout jusqu'à la fin. Lecteur, prenez-y garde.
N. i. Que vous importe le nom des fondateurs de Tolède?
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LETTRE Xi;vi.
LETTRE XCVI. ^ madame l'illustrissime dona Maria de Mendose. (Deuxième.) Jésos. — 1. La grâce de l'Espril-Saint soit .avec vous, madame, et vous donne des forces pour supporter tant de peines. Celle-ci a dû être un rude coup, et si vous l'avez vivement senti, je n'en ai pas moins ressenti le contre-coup. Toutefois, les faveurs que Notre-Seigneur vous accorde me donnent la confiance qu'il ne vous laissera pas dans celte affliction, sans consolation , et sans vous rappeler le souvenir de ce que sa divine majesté et sa glorieuse Mère eurent à souffrir dans ce saint temps. Si nous ressentions leurs souffrances, comme nous le devrions, tous les maux, de cette vie se changeraient pour nous en une grande félicité.
2. Je voudrais bien me trouver assez près de vous pour vous tenir compagnie et vous aider à supporter votre peine , à laquelle je prends d'ici une si grande part. Je n'ai trouvé d'autre consolation que de supplier saint Josepli d'être avec vous, madame, et de m'empresser de réunir toutes nos prières et de les adresser à Notre-Seigneur pour vous et pour cette sainte qui est déjà, j'aime à le croire, en sa sainte présence. Car il s'est hâté de la retirer de ce monde avant qu'elle en connût tous les dangers. Tout doit finir sitôt ici-bas, que si noire raison était éclairée et éveillée, il nous serait impossible de regretter ceux qui meurent dans la connaissance de Dieu ; au contraire, nous nous réjouirions de leur bonheur.
3. Le comte m'a fait pitié; ses vues ne vont pas au-delà de ce que nous voyons; mais les jugements de Dieu sont grands et ses secrets sont impénétrables. Qui sait si son salut ne dépend pas de la perte de ses Etals ? je pense que Notre-Seigneur, qui est le meilleur des amis, prend un soin tout particulier de vous et de tous vos intérêts. Tenons-nous pour assurés qu'il a eu en vue le plus grand bien des âmes; et qu'en comparaison de celui-là, il faut faire peu de cas de tout le reste. Ce qui nous est important, c'est notre bonheur ou noire malheur éternel : je vous supplie donc, par l'amour de Notre-Seigneur, de ne pas arrêter vos pensées sur ce qui peut nous causer de la peine, mais sur ce qui doit nous consoler. A faire ainsi on gagne beaucoup, et à faire autrement, on perd cl on peut nuire à son salut. Or, vous êles dans l'obligation, comme tout le monde, d'y prendre garde. Que Dieu vous accorde une aussi bonne santé que nous l'en prions.
4. Nos sœurs et la mère prieure vous offrent leurs respects, et moi à madame dona Béalrix. C'est aujourd'hui- le mercredi de la semaine sainte. Je ne vous ai pas écrit plus lot, parce qu'il m'a semblé que vous n'étiez pas en état de lire des lettres.
L'indigne servante et suj Ile de Votre Seigneurie,
. -Sv?v.
*&'£àA . . **'A?js*4--r.4'S-;