‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 227 sur 448 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

L'explication de la joie qui est la première affection de la volonté, et la distinction des sujets qui excitent la joie dans la volonté.

La joie , qui est la première des passions de l'âme et des affections de la volonté , n'est autre chose , dans le sens que nous lui donnons ici , qu'une satisfaction de la volonté , jointe à l'estime de quelque objet que l'esprit juge être convenable. Car jamais la volonté ne se délecte que dans les choses qui lui paraissent avoir du prix et de l'agrément ; ce qui doit s'entendre de la joie active que l'âme goûte lorsqu'elle comprend le sujet de son contentement, et qu'il est en son pouvoir de s'y plaire ou de ne s'y plaire pas. La joie passive est différente en ce que l'âme en est comblée quelquefois, sans savoir d'où elle vient, et sans pouvoir se la procurer ou ne se la procurer pas. Il s'agit ici de

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la joie active que la volonté reçoit des choses qui lui sont connues. Cette joie peut nattre de six sortes de biens, savoir : des biens naturels, des biens sensuels , des biens moraux, des biens surnaturels et des biens spirituels. Nous parlerons de chacun en son rang , afin que la volonté se conforme à la raison, et que sans s'embarrasser de ces choses, elle ne mette point la solidité de sa joie en d'autres objets qu'en Dieu.

Mais, pour établir cettf doctrine, il faut présupposer un fondement sur lequel nous devons nous appuyer sans cesse , afin de référer à Dieu seul toute la joie que ces biens peuvent causer ; le voici : la volonté ne doit jamais accepter que la joie qui lui vient des choses , lesquelles regardent la gloire de Dieu. De plus, elle doit être persuadée que, garder les commandements de Dieu , et le servir avec constance et avec fidélité , selon les maximes les plus sévères de l'Evangile, c'est le plus grand honneur que nous puissions lui procurer ; enfin que tout ce qui n'est cas renfermé dans ces bornes est de nulle valeur et de nulle utilité.

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