LIVRE III. CHAPITRE XXXVIII
son négoce, et achète des âmes pour un peu de plaisir qu'il leur donne ? Oh! combien de fois, Seigneur, pourrez-vous dire que ce peuple vous honore des lèvres dans ces solennités, et que son cœur est trcs-éloiyné de vous (Isa., XXIX, 13), parce qu'il vous rend un culte vain, déraisonnable et profane ! Il faut honorer Dieu à cause de lui-même et de ses perfections ; et si on se propose quelque fin humaine et vicieuse , elle est indigne de sa grandeur et de sa majesté.
Je reviens maintenant aux oratoires, et je dis que quelques-uns les remplissent de très-beaux ornements, pour suivre leur penchant et leur goût. Mais il y en a d'autres qui passent à l'extrémité contraire, ils sont si peu touchés du respect qui est dû aux chapelles, qu'ils en font moins d'état que de leurs chambres , se faisant plus de plaisir d'ajuster des lieux profanes, que des lieux consacrés à Dieu. Les uns et les autres ne font pas ce qu'ils doivent ; cl ceux-là sont encore digues de réprimande, qui dérobent le temps à leur oraison mentale, à leur récollection intérieure, pour le donner à ces ajustements extérieurs, ne faisant pas réflexion qu'en s'embarrassant de la sorte, ils sont moins propres et plus mal disposés à recevoir les impressions de Dieu, surtout lorsqu'on veut les dépouiller de ces ornements : alors ils tombent dans le trouble et dans le chagrin.
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