‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 285 sur 448 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

On explique le premier vers du premier cantique, et on commence à donner de l'éclaircissement à la nuit obscure. Pendant une nuit obscure.

Cette nuit, qui n'est autre chose, comme nous avons dit, que la contemplation obscure, produit deux sortes de ténèbres ou de purgalioa dans les personnes spirituelles, selon les deux parties de l'homme, l'animale et la raisonnable. Ainsi la nuit ou la purgalion qui purifie les sens s'accommode et se proportionne à l'esprit suivant les mêmes sens, et la nuit ou la purgalion qui purifie l'esprit dispose l'âme à l'union de Dieu. La nuit qui purifie les sens est commune à plusieurs, et surtout aux commençants, dont nous parlerons d'abord. La nuit qui purifie l'esprit n'est propre qu'à peu de gens, savoir, à ceux qui sont avancés en la vie intérieure et qui se sont exercés longtemps en cette voie. Nous en traiterons aussi en son lieu.

La première nuit esl amère el terrible aux sens, mais la seconde est, sans comparaison, plus formidable à l'esprit. Comme plusieurs ont écrit de la première, parce que c'est une matière commune, j'en dirai ici peu de choses ; mais je m'étendrai davantage sur la seconde, parce qu'on en a peu écrit el qu'on en a presque point d'expérience.

Il faut donc rappeler en sa mémoire ce que nous avons dit, que les commençanls agissent et vivent dans les voies de Dieu d'une manière basse, grossière , commode à leur goûl el à leur amour-propre. Ils

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