‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 3 sur 448 · SON · texte numérisé non relu

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uns et les autres contents, parce que le Seigneur aurait lui-même aplani toutes les difficultés; mais quand on agit par respect humain, on n'obtient jamais le but qu'on se propose; c'est tout le contraire, comme nous le voyons maintenant. Quand il se serait agi d'une hérésie dans ce que je voulais faire, comme je le leur ai dit , ils ne seraient pis plus indignés d'en entendre parler. Il est certain, mon père, que de notre côté et du leur, on a mis trop de vivacité dans cette affaire : je ne laisse pas d'être fort contente de son issue. Je voudrais que Notre-Seigneur s'en contentât de même.

3. Je vous ai déjà fait connaître combien les jésuites d'Avila tiennent à ce que le père Marian vienne voir leur fontaine: ils l'en pressent depuis longtemps. Il vient de leur faire savoir qu'il arrivera dans le courant du mois. Ecrivez-lui, je vous en prie, de ne pas y manquer. Ne l'oubliez pas.

h. Je ne puis m'expliquer ce mystère de l'emprisonnement du frère Jean de la Croix, ni la lenteur que l'on met dans ces affaires. Que Dieu y porte remède 1 On m'écrit de Tolède queïostade en est parti, mais je ne le crois pas. On ajoute qu'il laisse frère Ange à sa place. Je ne sais que penser de ce que vous ne venez pas ici. Je commence à couiprendre que vous avez raison; mais nous laissons le temps nous échapper, sans envoyer quelqu'un à Rome, et nous nous perdons dans des espérances de mille ans. Je n'y comprends rien, et je ne vois pas pourquoi Nicolas diffère de partir; car i'un n'empêche pas l'autre. Je vois bien que vous en êtes plus inquiet que personne ; mais dans aucun cas, on ne peut avoir à se repentir d'avoir bien agi envers le général , et c'est le vrai moment. Si nous le laissons passer, que deviendronsnous ? on a beau faire ses diligences , cela ne nuit jamais.

5. J'approuve que l'on donne à ce collège le nom de Saint- Joseph. Dieu vous en récompense, ainsi que de ce que vous faites à ce sujet; l'acquisition de cette maison serait bien avantageuse pour l'Ordre. Pour ce qui est de Tolède, je suis de votre avis : la religieuse est bien entêtée, et la prieure a grand tort de dire que vous voulez que l'affaire soit plaidée, parce que cela appartient à la maison et qu'il s'agit d'une somme considérable. Madame Guiomar a été fort contente de votre lettre, et moi aussi. Gela ne m'étonne pas. Ce père s^nt la différence que l'on ne manque pas de faire à Guadalaxare entre Paul et lui; car il y en a vraiment une grande entre ce père et lui , et cela se sent naturellement. Je voudrais que vous eussiez pour lui beaucoup de déférence, parce que je le crois un peu vif dans ses paroles; or, c'est une grande chose que de prendre chacun avec ses défauts. Que Dieu nous donne la force nécessaire pour lui être toujours agréables. Amen.

G. Je ne sais que vous répondre au sujet de ces religieuses. 400 ducats pour vingt, je ne voudrais pas même de G00. Attendons ce que fera madame Marie de Mendoze qui ne manquera de bien arranger cela ; je ne puis entendre parler de rentes.

£2 42 LETTRE XMJI.

7. AnloinDiic nous a p:inc .le lant de cnoses que vous aviez ordon- -, que nous en avons élé toutes extrêmement surprises ; c'est pourquoi je vous ai t'ait demander ce qui en était. Croyez-moi, mon père, ces maisons vont bien et il n'est pas nécessaire de les surcharger de j{ ',. cérémonies. La moindre chose les gênerait; de grâce ne l'oubliez pas. H 11 fjul toujours tenir à l'observance exacte des constitutions, sans rien exiger de plus, cl il suffira de bien les observer. Pour ce qui regarde ces religieuses, vous pouvez m'en croire, je vois par ce qui se passe ici ce qui doit en être ailleurs. Quelque légère que fût l'œuvre de subrogation que vous imposeriez, elle ne laisserait pas d'être fort pénible, k>« à moi la première. Je ne dis pas', dans le cas où vous l'ordonneriez au J£ï nom de Dieu. Je le prie de vous conserver de longues années. C'est S Sj aujourd'hui le 22 mai (1578). Qjjj

$% Votre indigne servante et ûlle, fc*

£* Thérèse de Jésus. $%

»* NOTES. p

On conserve l'original de cette lettre chez les pères de Saint-Jérôme d'Espexa, *<* diorèscdTJsma.

J** N. 1. Gracian avait été entrepris an sujet de l'éoiigraiion de Snlnznr, qui se pro- ^J

£% il • qui 1er les Jésuites pour passvr dans la réforme, par un religieux quel-

con |ue de je ne sais quel ordre. Ce religieux n'avait pas ménagé le transfuge en

fcjj ], ,|,., ,i la S .inle en fait un petit Catnn. Ce religieux aurait pu dire connue Saniho

Pi ma : Je fouette ma toupie et manière me fouette. Du resie, Dieu se rangea du parti

fe>* di' Thérèse, si j'ose ain&'i parler, et les censures des nommes ne fii eut pas fortune;

Salazar frit un digne déchaussé.

Il paraît n*W la lettre que Gracian n'avait pas encore envoyée àSéville était la ^ >*>*< lettre que la Sainte lui recommandait, dans la treiz ème ci-dessus, d'envoyer en i*>* ** toute diligence. Elle rie se plaint pas de ce retard, et elle n'en dit pas la raison. >Mi

Elle ajoute seulement que l'on doit beaucoup aux Jesuiies.Or.il rst jusie qu'on nasse - » bien des choses à qui on doit beaucoup. Un bienfaiteur a droit à des ménagements.

Tant que les mauvais survices ne l'emportent pas sur les lions, on reste redevable. Olui qui ren mcerail à un ami, pour une l'ois qu'il aurait à sYn plaindre, se trouverait bientôt sans amis. A la lin de ce nombre, il est encore question du ieligieux qui avait eu altercation avec Gracian au sujet de Salazar. Ce n'est déjà plus un Caton. .N. 5. Les pères de la compagnie attendent le P. Marian avec impatience; ils en ont besoin p ur la construction d'une fontaine : c'est que Marian était habile archi- '-* • lecte. Philippe Il l'avait chargé de plusieurs travaux importants.

N. 1. La Sainte, qui connaissait tous les secrets du ciel, regardait saint Jean de la Croix comme enchanté; elle ne pouvait découvrir sa prison. Au milieu de la tempête il avait disparu comme Jouas, et il n'y avait pas moyen de trouver la baleine qui le logeait. Elle finît pourtant par le vomir eu Andalousie.

Tostade est" encore parti. Le conseil lui ayant lié les mains , il ne pouvait rien faire ; il s'en dédommageait en faisant des peur- aux déchaussés.

Elle parle d'un voyage à Rome , elle v Ir..it qu'il lût fait tout de suite.

N. 5. Gracian était à Salamanque pour la fondation d'un collège. La Sointe dési- 3 2 rail qu'on lui donnai le nom de Saint-Joseph. Ce collège est devenu une université

£Ï< célèbre. (SJ

Ce n'est pas peu Me chose que de prendre et de supporter chacun avec ses défauts. D'accord, saint l'anl a enseigné que c'est un des devons dr la charité; et puis, commenl faire mieux, à moins qu'il ne soil mieux d'être méchant, parce que d'autres le sont. S

N. 7. La Sainte fait respectueusement la leçon aa P. Gracian. A-ntoinetle du Saint- ï»><< Espnt, r ligieuse de V li.uloliil, en passant par Avila, lui a appris que le père leur a imposé des exercice.! dont elles se trouvent fatiguées. Les consilutionsetrien que " L les constitutions, lui dit-elle ici. Une charge trop lourde empêche de marcher. Elle jj"*J trouve que c'est assez pour elle-même de suivre la règle. **j

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4« »«&rçe P. fr. Jérôme Graciun de la Mère de Dieu. (Douzième.)

1. — Jésus soitavcc vous, mon père. Je vous ai écril hier par la voie de Maocôrc. J'ai fait remettre la lettre au sous-prieur, en le priant de s'informer si vous êtes à Penarauda , comme vous nie le marquez , et en lui recommandant que personne ne le sache , pas même un religieux. Je vous envoyais deux lettres de Roch dans lesquelles il fait voir combien il importe que vous vous rendiez promptement à Madrid. Il me dit qu'il vous écrit directement , mais comme je craius que sa lettre n'ait été interceptée , je vous apprends moi-même ce qui se passe. Si par hasard tous n'étiez pas allé où vous m'avez dit, je dois y envoyer un exprès et je pourrai marquer à la mère prieure ce qu'elle a à répondre; car Roch reganle courait important de faire partout la mémo réponse, sans quoi, dit-il, nous serions perdus. Il m'envoie par écrit celle que je lui avais envoyée; j'en ai donné connaissance à d'autres maisons. Dieu veuille que toutes ces précautions soient inutiles ; car il est bien affligeant de voir ces âmes conduites par des gens qui ne les comprennent pas.

2 C'est, par-dessus tout, mon Paul qui m'inquiète et me peine. Quand le verrai-je libre! je n'en sais pas la véritable cause, et quoique ce soit bien ce que je cherche, je ne puis la voir dans le reste. Le Seigneur y pourvoira. Si vous étiez pour venir ici, au lieu de rester où vous êtes , je serais contente. Mais je tremble de peur ; en allant et venant pour dire votre messe , vous ne pouvez manquer de courir des risques. Je ne puis m'imaginer comment vous faites : que je voudrais donc bien vous voir parti de là et vous savoir en lieu de sûretél De grâce , faitesmoi bien savoir où vous éles, afin que je ne fasse pas d'étourderie lorsque je vous donnerai quelque avertissement; ce qui m'àrrive lorsque vous changez les chiffres sans m'en avoir prévenue. Je désirerais que vous fussiez toujours accompagné, ne fût-ce que d'un frère lai.

3. Hier le prieur de Saint-Thomas était ici. Il pense que vous ferez bien d'attendre la réponse de. Joanès (Jean de Padillc) et ce que cela signifie, avant d'aller à la cour. C'est aussi l'avis du recteur et celui de mon frère (je leur ai dit que vous avez écrit à Joanès ). Puisqu'on apporte les brefs au président, je ne vois pas pourquoi on se presse tant. Toutefois, deux choses, à mon avis, demandent votro départ pour Madrid : la première, c'est la grande crainte que j'ai qu'ils ne vous prennent par là, et si cela devait arriver (Dieu nous en préserve), il vaudrait mieux partir; la seconde, c'est qu'avant d'aller parler au roi, nous pussions savoir ce que le nonce veut faire de vous, et alors il serait nécessaire que vous fussiez à Madrid.

k. J'ai écrit hier ce qui précède. Vous y réfléchirez, et je crois que le Seigneur vous éclairera, puisqu'il vous donne la patience ; j'ai vu par votre rapport au nonce comment vous prenez cette persécution. Voici

^nrim^mniiii

k'* LETTRE XIX.

ce qui se passe : dimanche dernier, qui était le trois , on a notifié au P. Marian un bref, qui , à ce que je comprends, est celui du nonce : Roch cependant s'en est fort peu expliqué. Il se contente de dire que ce bref est très-long cl qu'il annule ce qui a élé fait par le nonce précédent. Ce doit être celui dont vous nie parlez , seulement ils s'entendent mal. 11 dit qu'il est du pape, je ne le pense pas, ce ne doit être qua celui du nonce, puisque le père Marian dit, dans sa réponse, qu'il se soumet à ce qu'ordonne Sa Seigneurie.

5. 11 dit qu'on lui ordonne de ne plus vous regarder comme prélat et de n'obéir uniquement qu'au nonce , sans s'inquiéter d'aucun autre. J'en suis bien aise ; peut-être ne soutiendra-t-il pas ces pères autant qu'ils se l'imaginent, et puis il voudra toujours contenter le roi. Que je croie ce que vous dites , qu'irs se proposent d'arrêter les réformes , cela va sans dire; il n'y aura pas de plus grand contentement pour moi que de vous voir hors d'affaire et libre ; après cela tout ira bien. Ici, ni à Mancère aucune notification ; le provincial ne s'est montré en rien. Ils attendent sans doute quelque chose. Uoch dit que le bref doit être notifié dans tous les monastères, sans expliquer s'il s'agit de monastères d'hommes ou d'autres. J'ai écrit à Albe, afin que la prieure garde celte religieuse, et à Thérèse Lailz, de donner son approbation. J'éprouve une si grande consolation, en voyant que Dieu vous accorde un peu de relâche au milieu de tant de peines , que je ne sais comment je puis en avoir moi-même.

6. J'en étais là, quand le révérend P. Rioga s'est présenté à la porte avec un notaire pour notifier le bref. Ce n'est pas moi , c'est la mère prieure qu'on a fait appeler. Je ne crois pas me tromper , c'est bien le même qu'on devait porter au conseil, puisqu'ils disent qu'il se trouve dans le procès. Dieu me le pardonne, mais je ne puis croire qu'il soit de la rédaction et du style du nonce. Si vous n'aviez pas mis à contribution les lumières de tant de personnes instruites, je ne serais pas surprise que vous fussiez bien inquiet; mais comme tout s'est passé avec tant de justie , et que vous êtes resté près d'un an sans faire de visites, jusqu'à ce que vous fussiez certain que le nonce dirait qu'il ne vous avait pas retiré votre commission, je ne comprends pas comment il vous accuse aujourd'hui de la sorte. J'en éprouve une grande peine ; mais d'un autre côté, je suis édifiée en voyant avec quelle circonspection vous avez agi et de quelles infamies vous êtes l'objet. Je vous promets, mon père, que vous êtes bien chéri de Dieu, et que vous l'imitez comme il faut. Réjouissez-vous; il vous accorde ce que vous lui demandez, je veux dire des maux dont il vous récompensera dans sa justice. Qu'il soit béni en tout.

7. Les avocats d'Avila disent tous que le nonce n'ayant pas montré les pouvoirs en vertu desquels il vous donnait des ordres, vous n'étiez pas obligé de lui obéir. Oh I mon père, quels bons trésors que les vôtres 1 ils sont sans prix, puisque par eux on obtient une si grande cou-

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ronne. Quand je me rappelle que Notre-Seigneur et tous les saints ont marché dans cette voie, je ne puis me défendre de vous porter envie. Pour moi, je ne mérite plus de souffrir , si ce n'est pour ressentir ce nue souffre celui que j'affectionne tant, ce qui est pour moi une bien plus grande souffrance.

8. Demain nous nous concerterons pour envoyer après-demain Julien à Madrid, reconnaître le nonce pour notre prélat , et tâcher de nous mettre dans ses bonnes grâces, afin de pouvoir obtenir qu'il ne nous livre pas aux chaussés. Lorsqu'il sera de retour , j'écrirai à quelques personnes de le fléchir en notre faveur, en lui donnant de bonnes raisons et en lui disant que vous aviez suspendu tout exercice de votre charge, jusqu'à ce que sa volonté vous fût connue, et que vous vous seriez toujours soumis à ses ordres , n'eût été la crainte que Tostade venait dans l'intention de nous détruire. Je puis même , sans mentir , lui témoigner ma satisfaction, car, moyennant qu'on ne nous assujettisse pas aux mitigés, j'approuverai tout le reste.

9. Julien lui demandera diverses permissions dont nous avons besoin dans nos monastères, pour ce qui regarde les ouvriers et autres choses semblables; car on me dit que du moment que nous le reconnaissons pour prélat , nous devons lui obéir. Que le Seigneur nous vienne en aide. Comme on ne peut pas nous le faire offenser, saint Paul reste placé daus celte maison , sans que personne puisse me dispenser des promesses que je lui ai faites. Nos sœurs n'ont été affligées de rien tant dans ce bref, que de ce qu'on y dit de vous. Elles se recommandent instamment à vos prières. Nous prions assez ; il n'y a rien à craindre, au contraire, il y a de quoi louer Dieu qui nous fait marcher dans la voie qu'il a parcourue le premier. Que sa majesté vous garde pour moi et me fasse la grâce de vous voir hors de tous ces débals C'est aujourd'hui la veille de Saint-Laurent.

L'indigne servante et la véritable Glle de votre paternité,

Thérèse de Jésds.

notes.

Celle lettre fut écrite à Avila en deux jours , le 8 cl le 9 août 1578.

N. 1. Il parait que Gracian éiait à Valladnlid. La Sainte fait savoir à la prieure de celte ville ce qu'elle a à répondre au bref dont il est tini question dans celle lettre. Qu'éiait-ce que ce bref si fameux? un bref par lequel le nonce Séga révoquait Gracian île la charge de visiteur apostolique. On sempressait de le signifier à toutes les maisons des déchaussés et des déchaussées , avec de grandes formalités.

N. 2. La Sainte témoigne une grande crainte qu'on ne prenne et ne mette en prison le t\ Gracian, qui se cachait, dans la peur qu'il en avait lui-même, et pour cause. Pour preuve, c'est que se trouvant dans la maison de Saint-Alexis, ses ennemis vinrent de nuit, ayant à leur têie \m ex-déchaussé, Hernando de Médina, pour s'emparer de sa personne, dans l'intention de faire un holocauste agréable à Dieu de co rebelle au nonce et à leur ordre. Mais c'esl une histoire ; voyons donc.

D'abord , ils cherchent à enfoncer la porie; au bruit qu'ils font, don Jérôme de Cobar accourt; un combat s'engage entre les religieux et les séculiers agresseurs. Celle expédition fait grand bruil dans la ville. Gracian , qui avait éié averli à temps de ce coup de main , avait quitté Saint-Alexis pour aller passer cette nuit chez un de ses parents, et bien lui eu voulut. Telle fut l'échauffuurée et son résultat.

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Le .S. 1> est célm où commence la partie de celle te ire, écrite le 9.

Philippe II avait obtenu de Pie V un bref pour la visile et la reforma de l'ordre il sCa.fin-85. Plus lni'l . (iraeian avait obtenu iln nonce lleriuaucle un Intel qui l'Investissait îles n luvoirs de visiteur de l"ord e eu quesiien: nuis les pères de l'Observance olilinreui ensuite un contre bief de Grégoire' Xill, qui rdvôYiiïafl Graciait. La Sainic ne sau pas si o*Osi ce contra invl' qu'on siguitic aux déchaussés, ou un bref à i nouveau notice béjj ►.

.N. .">. Bile -c réjouît qu'on mené (in nu* reformes. Il faut l'entendre : c'est la coniii'isi'in nénéiale de léfnrim r chaussés et déchaussés , qire'ne l/éllrc voir ttfiîr ; a|urS le- dech m^sc-. se rél'm nieront eux-mèuics, connue 'l'

Papier ou Mémoire écrit par la Suinte en faveur du P. Jérôme Gracia»

de lu Mère de'Dieu. (Treizième.)

1. Quand le nonce précédent mourut , nous regardâmes comme certain que les pouvoirs pour la visile avaient expiré avec lui. Cependant nous consultâmes des théologiens et des légistes d'Aicala, de Madrid et même de Tolède. I!s répondirent que non, parce qu'elle se trouvait déjà commencée, et qu'ainsi, malgré la mort du nonce, elle devait cire con- I innée jusqu'à sa fin; mais que si elle ne s'était pas trouvée déjà commencée, elle aurait expiré avec celui ijùi avait donné les pouvoirs de le faire. Le président Covarrubias intima aux visiteurs l'ordre de continuer, à cause qu'il n'avait pas terminé; ainsi tous s'accordaient sur ce point.

2. Arriva le nouveau nonce qui commanda à Graciait de lui présenter ses pouvoirs et ses procès de visite. Ce père voulait tout abandonner. On lui représenta qu'il indisposerait le roi , de qui l'affaire dépendait, aussi bien que du nonce. Il alla donc trouver l'archevêque , et il lui lit connaître tout ce qui se passait. L'archevêque se moqua d'abord de lui, et il lui dit qu'il n'avait pas plus de courage qu'une mouche et qu'il fallait qu'il allât rendre compte de lout au roi. Comme ce père lui faisait remarquer les inconvénients qu'il y voyait par rapport au nonce, il lui répondit que chacun avait le droit de recourir au supérieur et il l'obligea à s'adresser au roi.

3. Le roi lui commanda de se retirer dans son monastère, en lui disant qu'il examinerait celle affaire. Quelques avoc ils et même le présenté Homéio. que j'ai consulté moi-même ici , (lisaient que, attendu que le nonce n'avait pas montré les pouvoirs en vertu desquels il donnait des ordres dans ce cas, le père Gracian n'était pas obligé de cesser la visile. Us en donnaient une foule de raisons : que le nonce n'avait pas montré

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>*►*< ses pouvoirs au commencement, ni moine a l'occasion du bref, et qu'il

ne l'avait fait que dix jours plus lard. Je suis certaine qu'il en avait ce- ^J pendant été sommé de la part du roi.

k. Ces pourparlers furent cause que le P. Gracian fut neuf grands mois sans user de ses pouvoirs, pas même pour donner une signature, quoiqu'il sût bien que le nonce disait et jurait qu'il ne lui avait pas interdit les visites. On en a bon nombre de témoins, et il répondit à un religieux qui le priait de dépouiller le P. Gracian de sa charge , que

[■m cela ne le regardait pas.

5. Au bout de ces neuf mois, le président actuel fit appeler le père Gracian et lui ordonna de reprendre la visite. Ce père s en défendil et il le conjura instamment de l'en dispenser ; le président répondit que c'était impossible, attendu que c'était la volonté de Dieu et du roi, que lui-même se passerait fort bien de la charge, et autres raisons sembla-

;i« blés. Alors le P. Gracian lui demanda s'il devait aller trouver le nonce.

&>*j Il lui fut répondu que non, mais que dans le besoin il pourrait s'adresser à lui-même. Le conseil lui délivra ensuite des lettres de provision pour que l'autorité séculière lui donnât main forte dans l'occasion.

6. D'après ce qu'on entendait dire au nonce, on pensait qu'il n'avait aucun pouvoir sur les ordres religieux, d'autant plus que le roi s'étant

i^*j plaint de ce que, précipitamment et sans lui en faire part, il avait mis en cause le P. Gracian, il s'était abstenu de rien entreprendre de nouveau jusqu'à ce moment ; ce qui nous fait entendre qu'il a reçu quelque message du pape, à t a de ce qu'il fait, et non parce qu'il l'a, communiqué au conseil, ou a personne que l'on sache.

&>* 7. Le P. Gracian se vit dans un grand embarras ; en cédant au nonce

et en n'exécutant pas les ordres du roi, nous perdions sa faveur et c'était fait de nous ; car c'est le roi qui nous soutient maintenant et qui

g|jj nous défend auprès du pape. On avait la certitude que le nonce voulait donner la visite à Tostade , religieux mitigé , qu'avait envoyé le j£f'

j*^! général, en qualité de vicaire ; et nous savions, à n'en pouvoir douter, jj

que Tostade venait dans l'intention bien déterminée de détruire toutes •■

nos maisons, puisqu'il avait été statué dans le chapitre général qu'on *'* ;W n'en laisserait subsister que deux on trois , qu'on ne pourrait plus recevoir de nouveaux religieux, et que l'habit serait le même que celui ^ des mitigés. Ce n'est donc que pour empêcher notre ruine que le père £*( Gracian a consenti, malgré lui, à reprendre la visite. &*<

8. Jl éprouvait encore une grande répugnance à remettre les procèsverbaux de ses visites entre les mains des miligés de l'Andalousie , à cause que les papiers mentionnaient certaines fautes qui lui avaient ;:/*; élé révélées sous le secret et que cela pouvait les mettre tous en révo- ** lution et en diffamer un grand nombre. D'ailleurs il ne savait pas que g*

|£4i le nonce était le prélat chargé de remédier au mal , attendu qu'il n'a

\*<u jamais montré ses pouvoirs ad Iwc. »<**

9. Voilà la pure verilé. !! •. a encore une multitude d'autres choses 8*3

qu'il sufGrait d'entendre pour reconnaître que c'est injustement qne le P. Gracian est si maltraité dans le bref; il n'a rien fait que d'après l'avis de gens très-habiles, et, quoiqu'il le soit loi-même , il n'a jamais suivi son propre sentiment. Quant au secret que le nonce a gardé sur ses pouvoirs, on dit que c'est une chose inouïe en Espagne, parce que les nonces les montrent toujours.

Voyez, mon père, s'il ne serait pas utile d'envoyer par quelque personne ce mémoire à Madrid, après l'avoir l'ail transcrire très -proprement.

Thérèse de Jésus, notes.

Cesi dans ce mémoire que l'affaire de Gracian avec le nonce Séga esi mise dans loui son jour. Le lecleur en est rebuté, et pour l'intérêt qu'il y a, nous lui épargnerons charitablement d'y ramener son attention. Cette pièce lui écrite peu de temps après la lettre dix-neuviè-ne. On en conserve l'original, partie au couvent des récolleltes de Lucène, et partie chez les déchaussées de Munie.

Au même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. (Quatorzième.) Jésus. — 1. La grâce de l'Esprit- Saint soit avec votre paternité, mon père. Si vous n'étiez pas venu ici, j'aurais peu mérité dans ces difficultés; ce n'était presque rien. Vous êtes cause que j'ai tout payé à la fois. J'ai été si fort émue de vous voir, qu'hier, mercredi, de toute la journée, mes palpitations de cœut n'ont pas cessé. Je ne pouvais te-i nir à vous voir si afûigé, et avec tant de sujet , puisque vous courez de si grands périls , et que vous vous cachez comme un malfaiteur. Cependant je ne perds rien de la confiance que les choses Gniront bien. Mon père, c'est bien le cas de dire que le Seigneur a trouvé le bon moyen de me faire souffrir, en portant ses coups sur une parlie plus sensible pour moi, que s'ils tombaient sur moi-même.

2. Aujourd'hui , veille de Notre-Dame, le bon Uoch nous a envoyé une copie de l'ordonnance du roi, qui nous a bien consolées. Puisque lo roi prend ainsi l'affaire, vous ne courez plus de risques, qui était ce qui nous tourmentait toutes. Pour tout le reste , je vois nos sœurs pleines de courage. Le Seigneur n'a pas voulu que ma peine durât longtemps. Il est fort heureux que vous ayez fait ce voyage lorsque vous l'avez fait, et que vous ayez passé par l'Escurial.

3. Parce messager, qui est Pierre, faites - moi savoir tout ce qui s'est passé et ce qui se passe à Madrid. Donnez-en aussi avis à Valladolid , où l'on est bien en peine. On m'a envoyé un messager, parce qu'on a appris ce qui est arrivé au P. Fr.-Jean de Jésus. N'oubliez pas, au retour du nôtre , de me faire savoir si on peut faire quelque chose pour Fr. Jean de la Croix, et s'il convient d'envoyer quelqu'un auprès du nonce pour lui faire voir qu'il y a de l'obéissance chez les déchaussés, lorsqu'ils ont reconnu son aulorité. Si, par hasard, on ne vous ren-

^ contrait pas, nous délibérerons ici sur ce qu'il convient de faire, et on îljj

jt < le fera. Après notre soumission, il ne nous est plus permis de nous gou- S 3 verner nous-mêmes. J'ai reçu aujourd'hui des lettres de Valladolid et de Médina : on ne leur a encore rien notifié. Ils ne doivent pas ignorer

ce qui se passe , et je ne crois pas que nos frères auraient été pa- fr*

resseux. -- ' ■--

k. Je ne suis pas sans inquiétude , en voyant que dans l'ordonnance £.<<#<

royale et dans tout ce tapage, il n'est question d'aucun autre visiteur £*j

que de mon père Gracian. Je tremble, mon père, qu'il n'arrive de JJ u Rome quelque chose contre vous. Ainsi, il me semble qu'il faut que j£î vous pensiez à la lumière que vit Paul , et dont celle qu'a vue Angèle

£S semble nous donner une conGrmation. Eloignez-vous de ce feu autant ***

£^ que vous pourrez, en prenant bien garde toutefois de ne pas déplaire *f ï^j au roi , quoi que vous en dise le père Marian. Votre conscience n'est

frM

pas faite pour s'arranger de choses sur lesquelles les avis sont par- ï*-*i

g** lagés et contraires. Vous vous tourmentez lors môme qu'il n'y a rien $,*

*«* a craindre , comme il vous est arrive ces jours derniers , pendant que ^

tout le monde trouvait que c'était bien. Laissez-les se débattre là-bas, j£jj

ï+ et restez tranquille en toute assurance. N'est-ce pas assez que vous vous ^î

£3< exposiez aux dangers, sans vous faire encore des scrupules? Je vous ^

^ le dis, en vérité, mon père, la plus grande peine que j'aie ressentie, au

£U| milieu de ce tapage, c'est la crainte dont je ne saurais me rendre

*^j compte, que vous ne soyez pas déchargé de la visite. Tant qu'il plaira

>£*! au Seigneur, il vous gardera , comme il l'a fait jusqu'à ce moment; *<*

mais je ne laisserai pas d'être inquiète. :!.£

5. Quant à ce que je vous ai dit de vous tenir à l'écart, il faudrait le

faire avec prudence, et sans montrer d'autre crainte que celle d'offenser

Dieu, puisqu'aussi bien vous n'en avez pas d'autre. Si vous parlez au ***i

<^ nonce, et qu'il veuille vous entendre, cherchez à vous justifier, en lui [M

^ faisant entendre que vous serez toujours pour son obéissance, que **«l

j£* vous n'avez résisté que parce que vous saviez que Tostade voulait ren-

* - verser ce principe, qu'il peut s'informer de ce qui en est, et des choses

semblables. Traitez l'affaire de la province par toutes les voies pos- *^

sibles et aux conditions que l'on voudra ; tout dépend de là. Parlez

aussi delà réforme. 11 faudrait traiter cela avec le roi et l'archevêque, '

même avec les personnes influent* , et leur faire entendre que 1rs

£3| scandales et la guerre qui ont lieu proviennent de ce qu'on n'a pas

jj^ encore séparé les provinces , surtout en Caslille , où les pères font ce

j£J| qu'ils veulent, parce qu'ils n'ont pas de visiteur ni d'autorité pour les £<«

*** réprimer. Vous saurez mieux le dire que je ne fais ici sottement; mais £4i

JWJ j'ai craint que vos préoccupations ne vous le fissent perdre de vue. Je , 7.

ne sais pas si ce sera Pierre qui vous portera cette lettre, parce £%

qu'il ne trouve pas de mule; en tout cas , ce sera un messager sûr. De

grâce, tenez-moi au courant de tout, quoique vous n en ayez guère le g**j

^Z temps; et dites-moi comment va le P. Marian. #■*(

6. Les sœurs se recommandent instamment à vos prières. Si vous * S

entendiez les renchérissements de leurs inquiétudes, vous en seriez at- Kj

Icndri; et tout cela pour mon père. Je suis en peine des sœurs de

Véas et de Caravaque (nous leur avons envoyé un exprès); elles seront

profondément affligées et ne pourront avoir de sitôt d'autres nouait'

velles. Les lettres leur donnent toutefois de grandes espérances, si ce n'est au sujet de vos tourments , afin qu'elles vous recommandent plus ardemment à Dieu. Si tous aviez quelqu'un pour les mettre au courant, ayez la charité d'en parlera Roch. Je vous envoie aujourd'hui de quoi compléter les mille réaux, avec les deux cents ducats que je vous ai fait passer l'autre jour. Je voudrais liien savoir s'il y a pour vous nécessité de rester à Madrid pendant les chaleurs. Voyez s'il ne vous serait pas possible de venir à Mancère, nous serions plus rapprochés. Dites-moi ce qu'on fait des prisonniers de Pastranne. Oh ! si d'aujourd'hui à demain pouvait finir la tempête de la visite 1 Que Dieu le veuille cl qu'il me fasse la grâce de voir finir les craintes qui vous agitent. Ainsi soit-il. C'est aujourd'hui la veille de Notre-Dame d'août. Enfin, c'est dans ses fêtes que nous arrivent les peines et les consolations, comme des choses qui y sont propres.

Votre indigne sujette et fille,

Thérèse de Jésus.

Celle lettre est du U août 1578.

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NOTES

N. 1. il y avait deux ou trois jours que Gracian était venu voir la Sainie, qui, l'ayant trouve profondément affligé, lui en témoigne sa vive douleur.

N. 2. Le toi confirme la commission et les pouvoirs de Graciait.

N. ô. Pierre, porteur de la. lettre, éiait un lion garçon, grand admirateur de la Sainte et l un dévoué à >on service. Lue fois qo'd la conduisait dans un de ses voyages, il làclia, sans douie par mégarde, nnelque mol m: I sonnant. Tliéiè-e l'en reprit, in lui disant : Ae p:ir4n pas ainsi, Pierre, vous qui devez être un religieux. Pierre devint un déchaussé, à l'âge de 71 ans, sous le nom de Pierre de Jésus, et il mourut à l'âge de 89 an-.

Jean de Jé-u- IWua , ayant eu le malheur de ne pas s'entendra avec le vicaire de Vali . iblid, au sujet de la fondation, se reudil à ta cour, où il éprouva un second malheur pire qtlê le premier. On le (it anêleret conduiie prisonnier an Carmel; tes religieuses de Valladolid l'appiirent ei le firent auss4iôt savoir à la Sainte. ;?<e<

Quant, a Je. m de la Cioix , le jour de l'Assomption, il s'évada de sa prison pai la protection de la sainte Vierge, qui lui en lit trouver le moyeu sans miracle.

N -i. I.a Saute est inquiète, quoique la provision royale ne fasse meniion que ilu 1'. GF&eiatt, Cet qu'il y en avait liien d'antres <|iii convoilaieut la commission de visiteur apostolique. Elle craignait encore que quelque ennemi de la réforme ne Siipplaulât son père.

N. 5. Elle le prie de s'y prendre adroitement pour demander au nonce l'imper- >*>* tante séparation dis provinces; pois elle s'en excuse : mais je suis une so'.te de vous «licier < e que vous dire/, mieux que moi. Ce n'est pourtant pas si mal ; c'est qu'elle S

est si modeste !

.N. 0. C'est ditns 'es [êtes (de la Vierge), que nous arrivent les grandes peines et les consolations. La Sainte fait ici allusion à la lêie de la Présentation, qui fut le jour où Craeiau recul le lu cl' de sp> < oinmisMnn , en i.t7:>. La Sainte qui se trouvait à f^S Séville en éprouva en ^raod cliagini. I.a s. unie Vierge lui sa consolatrice, elle lui ;*■*) dit : Femme de peu de foi, rastuie-loi; ceci est pour un très-grand bien. Sainte Thé- £,i! n- i- lut favorisée de lévélaiions pr'esr|lle llatiitueltes. Gela est extraordinaire, mais iii'lli-nieni uni o-.sil.l'1 ; il y a mlie lis I oniiee-, un commerce continuel de coiiimu- 2

niellions intellectuelles, et il ne saurait y en avoir aucun entre les esprits célestes

an '-■*-

LETTRE XXH. 01

et les noires, enlre l'Esprit inerte ri les esprits qui sont de sa création ! ou niez ra que vous faite», ou convenez que liioupeui aussi le faire. Mais présentez à certains hommes certaines vériiés . ces Pilâmes en détournent aussitôt "leur esprit , et pires que le I>ï I 1 1 •- tfe 1.1 p -si"ti. ils se nieiten! à rire comme des niais. Lie prestige des ■. fl piisMoii-- a d^ii.né'iiv é on w* l«S pie liges les plus absurdes. A quoi peut-on les

reconnatlre? il- p irl ' t en n atamôrps d.es préjugés!

Àu même P. Fr. Jérôme Gracian de la Mère de Dieu. ( Quinzième.) Jésus. — 1. L'E prit- Saint soit nvec votre paternité , mon père. En vous voyant hors de tous ces embarras, je ne sens plus mes antres peines. Advienne que pourra. Ce qu'on vient de me marquer de notre père général , m'en cause pourtant une grande, j'en ai élé navrée ; et de pleurer, pleureras lu, le premier jour, sans qu'il m'eût été possible de faire autre chose. Ma douleur venait des maux que nous lui avons causés, et que certainement il ne méritait pas. Que si nous étions allés à lui, toutes les difficultés se seraient aplanies. Que Dieu pardonne à celui qui vous en a toujours détournés. Je partageais votre avis, quoique gj vous ne l'ayez pas cru. Le Seigneur conduira tout à bien. Mais je sens vivement ce que je vous dis et ce que vous avez souffert. Vous m'avez porté des coups mortels dans votre première lettre ; j'en ai reçu deux >***; depuis que vous avez parle au nonce. *•*,

2. Sachez , mon père, que je m'impatientais beaucoup de voir que £.<* vous ne remettiez pas tout de suite les papiers de voire commission ;

j craignais que vous n'en fussiez détourné par quelqu'un qui se met- ^

lait fort peu en peine de ce que vous souffrez. Je me réjouis de ce que **

vous aurez au moins appris , à vos dépens , à conduire les affaires **j

comme elles doivent l'être , et non à rebours de l'eau, comme je vous 2*g

',TJ r "?- —

le disais toujours. 11 est vrai qu'il s'est rencontré beaucoup d'obstacles, *<*<

mais ce n'est pas la peine d'en parler. Dieu arrange les choses pour &><#,

!*•■*! faire souffrir ses serviteurs. i?<n

3. Je désirerais vous écrire plus longuement , mais on doit venir . g chercher mes lettres à la nuil, et voilà qu'elle approche. J'ai passé le #3 temps à engager l'évéque d'Osma à traiter, avec le président et le P. #*i Marian, l'affaire sur laquelle je lui avais écrit, et dont je l'avais prié de ** vous donner connaissance. J'ai vu mon frère tout à l'heure, il se re- ^* commande bien à votre paternité. Ici nous sommes tous d'accord que ** ce ne soient pas des religieux qui aillent à Rome, si notre père général .W,

r * est mort, et voici pourquoi : d'abord, c'est qu'on ne peut y aller serré- **

lement, et que les religieux seraient à peine sortis , que peut-être on #.%

les arrêterait. Ce serait donc les exposer à la mort, et nous exposer %%

'#**{ nous-mêmes à la perte des papiers et de l'argent. En second lieu, ils ^2

ne sont pas assez au courant des affaires à Rome. Quand ils y se- J2

raient arrhes, si le père général n'est plus, ils pourraient être arrêlés £J5

■ \; dans les rues comme des fugitifs , et ils se trouveraient sans aucune * -1

protection. Ainsi que je le dis au P. Marian, si, avec toute la faveur £*

*<* 68 LITTRB XXII. ■£$

dont nous jouissons ici , nous ne pouvons pas secourir le P. Jean (de

la Croix), que Bera-CC là-bas? Tout le monde est ici d'accord , que. ce

serait une faute que d'envoyer des religieux. C'est, cnparliculier, l'avis

de mon frère, qui est sensiblement touché de la manière dont on les

S>J( traite. On dit qu'il faudrait envoyer quelqu'un qui sollicitât l'affaire. Mon frère, qui les connaît bien, croit cela fort important, et il conseille d'envoyer la personne donl je vous ai parlé dans ma lettre. Le docleur Uuéda a lant de confiance en celle personne, qu'il lui semble inu-

£jj lile d'en chercher une autre.

k. Examinez tout cela, mon père ; et, si c'est aussi votre avis et celui du P. Marian, envoyez un exprès à Almodovar, pour que les pères ne s'occupent pas du voyage des religieux, et faites-moi savoir prompte-

j v ment ce qui aura élé décidé. La personne qui partirait d'ici convient parfaitement, mais il en coûterait à proportion. Pourvu toutefois qu'on trouvât l'argent maintenant, chaque couvent se cotiserait pour le rendre plus tard. La maison d'Alcala pourrait en faire l'avance. Je ne vois pas la possibilité de se le procurer par ici. Vous verrez que

i S c'est en ce sens que j'écris au P. Marian.

5. Conservez-moi votre santé, mon père. Dieu fera que tout aille bien. Qu'il lui plaise que nous nous entendions une bonne fois, et qu'on

#*j ne fasse pas encore, dans cette circonstance , une équipée qui fasse martyriser nos frères. C'est une chose terrible de voir comment tout va maintenant, et comment le démon favorise les mitigés. Hélas 1 qu'il fit une bonne affaire pour eux, lorsqu'il nous ôta notre grand ange, pour le remplacer par ecl homme tranquille qui lui a succédé. Je ne comprends pas comment on fit cette folie, et je crois que, si Ardapille se fût trouvé ici en ce moment, on eût fait encore pis. Je vois maintenant, mon père, combien vous fûtes martyr de ce partage d'opinions ; que, si on vous eût laissé faire, il est visible que Dieu vous guidait, t- Toutes vos filles réclament le secours de vos bonnes prières. Je suis contente qu'on n'ait dit à personne de partir. Prenons patience : le temps amène lout, et puis, comme vous diles, les choses s'arrangent. Je voudrais seulement que vous fussiez dans un endroit assez rapproché pour que nous pussions nous voir fréquemment: mon âme en serait bien consolée. Ce n'est pas ce que je mérite, mais bien croix sur croix. Comme vous n'en avez pas, elles me viendront à propos.

6. Je vais passablement, si ce n'est que ma pauvre tête est en assez v mauvais état. Que Dieu soit toujours avec vous, mon père. De grâce,

ne vous lassez pas de m'écrire beaucoup. Je ne suis pas fâchée que le chapitre ne nomme pas un provincial, et vous me dites que cela vous parait sage. Frère Antoine m'a dit que, sans pécher, on ne pouvait faire autrement, et je ne l'ai pas contredit. Je pense que maintenant 2j jj tout est terminé ici ; que, s'il faut aller à Rome pour obtenir la confirmation , on ira aussi pour ce qui regarde la province. Dans le cas

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