‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 306 sur 448 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Remarques nécessaires pour entendre les choses qui suivent. Pour développer nettement cette matière, il faut remarquer l'ordre que tiennent ceux qui sont dans leur avancement spirituel. D'abord ils reçoivent des communications fort agréables. Puis la partie sensible de l'homme, attirée par la douceur qui rejaillit sur elle , s'accommode à l'esprit, et conspire avec lui pour atteindre au même but. Cependant ces deux parties, la sensitive et la spirituelle, se nourrissent du même aliment, chacune selon sa nature. Elles se disposent ainsi, d'un commun accord, à supporter la rigoureuse purgation de l'esprit, qu'elles doivent bien'.ôt sentir pour être parfaitement délivrées de leurs imperfections. Car l'une n'est jamais purifiée exactement sans l'autre; et l'entière purgation des sens ne s'accomplit que quand celle de l'esprit commence. Si bien que la nuit des sens se doit nommer plutôt la réformation et la modération des passions, que la délivrance de leurs imperfections. La raison est parce que les désordres de la partie animale ont leur force et leur racine dans l'esprit. Ainsi tandis que les révoltes et les dérèglements des mauvaises habitudes ne seront pas purifiées, les deux parties de l'homme ne peuvent être affranchies de leurs défauts. Mais elles se purifient toutes deux d:ins cette seconds

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