CHAPITRE VINGT-CINQUIEME
On expose en peu de mots le sens du troisième Cantique
En la noclie dicliosa,
En secreto que nadie me veia,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz, y guia,
Siuo la que et. e coraçon arJia.
Duiis cdtc heureuse nuit, je suis sortie si secràtomM que personne ne me voyait, et que rené voyais rien. Je n'avais point d'autre lumière, ni d'autre guide que la lumière qui luisait en mon coeur.
L'âme se servant de la comparaison delà nuit naturelle pour déclarer ce qui se passe en la nuit spirituelle, rapporte ses propriétés, et assure que c'est par ce moyen qu'elle a conduit ses desseins à leur fin avec beaucoup de vitesse et de sûreté.
Elle propose en ce cantique trois de ces propriétés. La première est, que dans l'heureuse nuit de cette obscure contemplation, Dieu gouverne l'âme d'une manière si secrète et si dégagée des sens, que rien de sensible, non plus qu'aucune créature, ne saurait ni la toucher ni l'empêcher de s'unir par amour avec son Dieu.
La seconde , qui naît des ténèbres de celle nuit d'esprit , est que toutes les puissances de la partie supérieure de 1 aine sont entièrement obscurcies et privées de lumière. Pour celte cause l'âme ne pouvant rien connaître dans les créatures, ne s'attache qu'à Dieu, et ne veut posséder que lui, parce qu'elle se délivre de tous les empêchements qui s'opposent à son entreprise, et qui sont les images des choses et les opérations des sens extérieurs et intérieurs, afin qu'elle s'unisse à Dieu très-parfailement.
La troisième est, que quoiqu'elle ne s'appuie sur aucune lumière de l'entendement, ni sur la conduite d'aucun directeur pour en tirer de la consolation, parce que les ténèbres de cette nuit l'ont privée de tous ces appuis, néanmoins la foi et l'amour portent son cœur à Dieu ; ils touchent et conduisent l'âme ; ils lui donnent des ailes pour voler vers Dieu; et ils la mènent par le chemin de la multitude, quoiqu'elle ne sache pas comment elle fait ses démarches.
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LA VIVE FLAMME DE L'AMOUR
ET