TROISIEME- \ 1RS
Le plus profond c mre de mou 5me.
Puisque ni le démon, ni le monde, ni les sens ne peuvent aller jusqu'à la substance de l'âme, où le Saint-Esprit fait rouler uue joie toute divine, cette joie est d'autant plus sûre, qu'elle est plus intime et plus «îouco. Car plus elle est intime, plus elle est pure; et plus elle est pare, plus Dien se communique à l'âme abondamment, fréquemment, uni- \ersel!ement, et la remplit de plus grandes délices. Et parce que l'âme est délivrée en cet étal de la dépendance qu'elle a des sens corporels en ses opérations naturelles, elle n'est alors a; piquée qu'à recevoir les opérations de Dieu, qui peut seul, sans le ministère des sens, la mouvoir et opérer dans le faod.de. son intérieur. De sorte que ces mo menK de I âme sont divins, puisqu'ils viennent de Dieu. Ils sont néanmoins les mouvements de l'âme, puisqu'elle y donne son consentement en déterminant sa volonté à les accepter.
Et d'autant qu'elle assure qu'elle est frappée dans son centre le plus profond, elle donne à entendre qu'elle a d'autres centres moins profonds. Pour concevoir sa pensée, il faut remarquer que l'âme, eu tant qu'esprit, n'a rien de plus haut, ni de plus bas, ni de plus ou de moins profond en son essence, comme les corps l'ont dans leur quantité, fiât elle n'est composée d'aucunes parties ; elle n'est point différente d'ellemême ni au dedans ni au dehors; elle est toute de même nature. Elle n'a donc point de centre ou plus ou moins profond; elle n'est pas plus éclairée en une partie qu'en une autre, comme le sont les corps; mais elle est pénétrée entièrement et uniformément de la lumière qu'elle reçoit.
Mais ce n'est pas suivant cette idée de centre et de profondeur matérielle que nous parlons. Nous appelons ici le centre le plus profond de 1 âme les dernières bornes où sa nature, sa vertu, la force de son opération et de son mouvement peuvent atteindre sans pouvoir passer plus outre : de la même manière que le dernier terme où la pierre peut arriver par sa propriété naturelle, sans aller plus avant, est son centre. Mais comme la pierre peut demeurer en plusieurs profondeurs de la lerro, sans descendre jusqu'à la dernière où sa pesanteur la pourrait précipiter, et qu'ainsi on peut lui attribuer plusieurs centres plus profonds les uns que les autres, de même l'âme a plusieurs centres que nous exposerons de cette sorte. Dieu est son centre : si elle arrive jusqu'à lui, selon toute son essence et toute la vertu de ses opérations.. il est certain qu'elle est parvenue à son centre le plus profond. Ce qui est véritable lorsqu'elle connaît Dieu, qu'elle l'aime de toutes ses Ion es, et qu'elle en a une pleine jouissance. Mais si elle n'est pas encore montée jusqu'à ce haut degré de perfection, elle demeure bien en Dieu par sa grâce cl par la communication qu'il lui fait de lui-même; mais elle a encore la puissance d'avancer au delà de cette mesure; et ainsi elle n'est pas dans son centre le plus profond. II faut qu'elle passe, pour y entrer, par plusieurs degrés d'amour. Car c'est l'amour qui l'y mène et qui l'unit enfin très-parraitenient à Dieu. Et comme il y a plusieurs degrés en cet amour, plus l'âme en a parcourus, plus elle entre profondément en Dieu; et ces différents progrès ou ces différent! ; demeures en Dieu font les différents centres de l'âme. Les uns sont plus profonds que les autres, à proportion que les degrés d'amour sont plus parfailg; et lorsque le dernier degré est dans sa consommation, l'âme est dans son centre le plus profond de tous; c'est-à-dire qu'elle est toute pénétrée des lumières divines, toule embraséo des flammes de son amour, et en quelque manière semblable à lui. On peut la comparer en cet élal à un cristal extrêmement pur et un. Plus il reçoit de