TROISIÈME VERS
0 main douce! O délicat attouchement!
O main, qui n'étant pas moins généreuse que puissante et riche, répandez abondamment vos dons sur moi 1 O main douce, d'autant plus agréable à mon âme quand vous la touchez, que vous lui seriez formidable si vous la frappiez rudement ! car vous précipiteriez dans le néant tout l'univers , puisque la terre tremble à votre seul regard ; toutes les nations sont effrayées, et les montagnes s'abaissent et s'anéantissent en votre p.'ésence (Psal. CIII, 32; Habac, III, 6; Job., IX, loi. cap.). Donc, encore une fois, à main agréable, qui avez frappé si durement le saint homme Job et qui louchez mon âme si doucement , vous ôlez la vie et vous la rendez, et personne ne peut éviter vos coups. Mais vous , 6 vie divine, vous ne faites jamais mourir que pour faire vivre, comme vous ne blessez jamais que pour guérir. Vous m'avez fait des blessures , afin de faire ma guérison. Vous avez détruit en moi ce qui me privait de la vie de Dieu, afin que je ne fusse plus animé que de la vie divine.
Tous ces dons, ô mon Dieu, sont les effets de votre miséricorde et de votre libéralité , et vous m'avez accordé ces grâces par le divin attouchement de votre Fiis qui est la splendeur de votre gloire et l'impression de voire personne (Hebr., I, 3). C'est par lui que vous m'avez touché; et comme il est votre sagesse , c'est par lui que vous conduisez toutes choses depuis leur commencement jusqu'à leur fin avec une force et une douceur égale. O Verbe éternel, que vous louchez purement ! que vous pénétrez subtilement la substance de mon âme, à cause d.' la pureté et de la sublimité de votre substance! Oh! quelles divines douleurs lui laites-vous goûter alors! On n'en trouve point tmblables dans Téman ni dans la terre de Chanaan (Baruch., lit, 22). Autrefois , après que la seule ombre de votre puissance et de votre force eut renversé les montagnes et brisé les pierres, vous vous fîtes sentir au prophète Klie par le souffle d'un petit vent très-agréable. Vous faites encore la même chose présentement. Etant aussi puissant et aussi redoutable que vous êtes, vous vous communiquez à l'âme avec une douceur admirable (III Iteg., XIX, 11, 12). O âme heureuse, qui recevez des