‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 360 sur 448 · PREMIER VERS · texte numérisé non relu

PREMIER VERS

0 flambeau de feu.

Il faut supposer que les flambeaux ont deux propriétés, qui sont la lumière et l'ardeur ; et pour entendre ce vers, il faut encore savoir que Dieu renferme dans sa seule et simple essence toutes les vertus el (ouïes les grandeurs de ses attributs ; car il est infiniment sage, et puissant, et bon, et miséricordieux, et juste, et fort, et doux, et aimable; il a enfin toutes les autres perfections que nous ne pouvons comprendre en cette vie. Néanmoins lorsqu'il s'est uni à quelque âme, et qu'il a la bonté de lui donner quelque connaissance extraordinaire de lui-même, celte âme connaît, aussi parfaitement que la foi le peut permettre, dans la seule et simple essence de Dieu toutes ses perfections. Et parce que chacune d'elles est l'être de Dieu , et que Dieu est le Père , le Fils, et le Saint-Esprit, l'âme en a la connaissance; de. plus, comme Dieu est une lumière infinie et un feu infini , il est, selon chacun de ses attributs, infiniment ardent. Ainsi Dieu tient lui-même lieu à l'âme de plusieurs flambeaux, qui sont les connaissances de chacune des grandeurs divines, et chacune de ces connaissances communique à l'âme toute l'ardeur de l'amour divin ; et toutes ensemble ne sont qu'un flambeau dans la seule et simple essence de Dieu; et ce flambeau seul, égal à tous les flambeaux, répand de toutes les manières possibles la lumière et la chaleur qu'il contient. Car Dieu qui est ce flambeau, jette ses lumières et ses ardeurs comme tout-puissant; il les jette comme bon; il les jette suivant toutes ses autres perfections; de sorte qu'il verse dans l'âme la connaissance et l'amour de lui-même , en se découvrant à elle autant qu'elle en est capable ; car la splendeur que ce flambeau . en tant que toul-puissant lui présente, produit en elle la lumière et l'amour divin en tant qu'il est tout-puissant; de cette façon Dieu lui est un flambeau de puissance infinie, luisante et ardente. La splendeur que ce flambeau lui donne encore, en tant que sage, excite en elle la chaleur de l'amour divin en tant que sage. Il faut dire la même chose des autres attributs.

Moïse vit autrefois ces flambeaux sur la montagne de Sinaï , lorsque Dieu se montra en passant. Ce prophète se prosterna promptement le visage contre terre; il eut la vue de quelques-unes de ces grandeurs; il nous en a donné quelque idée; et s'abandonnant à l'ardeur de son amour pour Dieu : Ah! souverain Seir/neur, s'écria-t-il, Dieu de miséricorde, de douceur, de patience, de vérité, qui faites miséricorde à tous les hommes, qui détruise: l'iniquité et les péchés, devant qui personne n'est innocent par son mérite [Exod., XXXIV, 6. 7). Il est constant par ce discours que les plus excellents attributs de Dieu que Moïse connut alors et aima si tendrement, sont sa puissance, son domaine, sa misé-

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