‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 369 sur 448 · IX · texte numérisé non relu

IX

Vous direz encore que la volonté, si l'entendement ne connaît rien distinctement pour l'éclairer, sera oisive et n'aimera pas Dieu , puisqu'on n'aime pas des choses inconnues. Je réponds que la volonté, quand il est question des opérations naturelles de l'âme, n'aime pas ce que l'entendement ne connaît pas clairement; mais que dans la contemplation dont on parle, il n'est pas nécessaire d'avoir une connaissance particulière, parce que Dieu verse dans l'âme une connaissance accompagnée d'amour, comme une lumière qui brille et qui échauffe tout ensemble; et qu'ensuite l'amour divin s'allume dans le cœur et dans la volonté. Mais comme cette connaissance est générale et obscure, de même l'amour de la volonté est générale et sans distinction. Dans cette secrète cl subtile communication, Dieu est tout à la fois lumière et amour : il remplit également l'entendement et la volonté ; mais il frappe quelquefois plus vivement l'une de ces puissances que l'autre. Ainsi l'âme a quelquefois plus de connaissance que d'amour, et quelquefois plus d'amour que de connaissance. C'est pourquoi il n'y a pas sujet de craindre que la volonté demeure dans l'oisiveté; car lorsqu'elle cesse de produire des actes suivant les connaissances distinctes de l'esprit, Dieu l'éclairé suffisamment dans la contemplation pour l'enflammer de son amour.

Or, les actes que fait la volonté, conduite par la contemplation infuse,

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