‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 38 sur 448 · LETTRES LX1II-LXIV · texte numérisé non relu

LETTRES LX1II-LXIV

Quelle politesse dans un refus! la Sainte en faisait rarement d'autres. Elle est tellement poursuivie par les affaires que, tantôt elle écrit des lettres toute la nuit, tantôt elle n'a pas le temps de donner l'habit à une novice qui l'intéresse beaucoup. Jamais de repos; elle n'en a trouvé qu'en quittant le couvent de Barcelone pour aller au ciel recevoir la récompense délicieuse de sa gigantesque vertu.

Pour la mère Marie-Baptiste, prieure de Valladolid. C'est pour moi un grand sujet de peine et de désolation de voir que te démon fait tous ses efforts et prend tous les moyens qu'il peut pour nous nuire. Que Notre-Seigneur y porte remède et qu'il vous accorde la santé, madame, qui est ce qu'il y a d'important dans le cas présent. Je suis affligée du mal de Marie de la Croix. Cette sainte doit bien chérir Votre Révérence, puisque vous lui donnez des crois de tant de sortes. Jamais ceux qui ont le mal qu'elle croit avoir , n'ont de la fièvre, ni ces dégoûts, mais une grande santé et beaucoup de force. Ce qui lui a fait beaucoup de mal, c'est que son confesseur ne l'a pas comprise ; j'ai vu cela. Avertissez-en le chapelain de ma part , faites-lui de grands compliments, et dites-lui de ne pas souffrir que Stéphanie ait des entreliens secrets, et qu'elle mange peu, s'il ne veut pas qu'elle tombe dans le même mal. Dona Anne Enriquez vient de m'écrire, et les maux qu'elle endure me font grand'pitié. Enfin il faut que ceux qui veulent jouir de celui qui lui a communiqué son esprit en passent par là. Que le Seigneur soit avec vous et qu'il vous garde pour moi. Amen.

N. I. Cette lettre, dont on ignore la date, existe entre les mnins de la vénérable Cécile de la Nativité, religieuse de Valladolid, et fondatrice du couvent de Calahorra.

N. 2. Marie de la Croix fut une des quatre premières religieuses d'Avila. Dona Anna Enriquez était une dame illustre à qui la Sainte adressa d'autres lettres. Stéphanie était une religieuse de grande vertu dans le même couvent de Valladolid, dont le vénérable Palafox raconte qu'elle était très-austère et adonnée à de grandes pénitences. La Sainte craignait pour celle-ci le mal qu'avait Marie de la Croix, qui était une croix pour la mère prieure.

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