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J'aime bien que le docteur Velasquez pense que don Pedro ne doit pas prendre cela sur sa conscience, et certes, il y en a qui lui disent qu'il le peut. Que Dieu vous le pardonne, vous garde et vous donne de longues années. Nous nous portons bien. J'ai envoyé votre lettre au P. provincial ; vous y dites que vous voulez que dona Marierenoncedejà à la maison : je ne sais ce qui me dit que dans ce monde, y ayant des intérêts, il n'y a pas de sainteté, et cela fait que je voudrais l'abhorrer tout entier. Je me recommande à tous. Il faut se hâter de faire faire profession à Casilde; il ne faut plus la différer, ce serait la tuer. J'imaginais bien que dona Marie attendait une lettre de don Pèdre pour son affaire : je suis fort ennuyée. Enfin vous avez un prélat : je crois qu'il vaudra mieux lui laisser suivre ses lumières ; ne faites donc pas de cas de ce que je vous ai dit , si ce n'est pour prendre connaissance de ce
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qui lui semble le meilleur. Je ne voudrais pas non plus vous en faire une obligation, car vous avez assez d'ouvrage. Ecrivez te tout au pèro Maître qui pourra, si vous êtes tranquille, aviser avec le dominicain Arellano.
NOTES
Ceci fui écrit au commencement de l.'»77, et la sœur Casildc fit profession le 15 janvier. Dans une amre lettre pour la mère Brianda, prieure de Malagon , on voit ce que c'était que don Pédre et comment la Sainte mit la cliose sur sa conscience. Remarquez plutôt ce que dit la Sainte qu'en ce inonde l'intérêt nuit fort à la sain teté. Jésus-Christ n'a-i-il pas dit dans l'Evangile qu'un riclie ne peut pas plus passer par la porte du ciel, qu'un cable par le trou d'une aiguille? Cette entrée est donc bien étroite. S'il vous faut une porte coehère , ne vous présentez pas à celle du ciel. Quoi donc! faudra-t-il démolir toutes les grandes portes? Franchissez souvent celle du pauvre, soulagez ses maux, consolez sa misère , vous êtes trop grand de tout ce qui lui manque et de tout votre superflu. Mais vous dites : Il faut des riches, le monde ne saurait aller sans cela. Je l'avoue , il ne saurait aller comme il va; mais irait-il plus mal?et quand il en faudrait pour le monde, s'il n'en faut pas pour le ciel, votre réponse est nulle. Mais puisqu'il n'en faut pas pour le ciel, croyez qu'il n'en faut pas pour le monde. Dieu ne demande que ce qui est raisonnable, donc ce que vous prétendez ne -l'est pas. Vous aurez recours à la pauvreté d'esprit. Quand on est très-riche , il est bien commode de se dire pauvre d'esprit , tout en s'enrichissant encore. Voyons, dites-vous, qu'était-ce que le dominicain Arellano?
Ecrivant au sujet de la mort de sa sœur Eléonore de Cépède, la Sainte dit ce qui suit : « La veille j'eus connaissance de son heureuse fin et je crois qu'elle n'est pas entrée en purgatoire. »
Parlant dans une autre lettre du père des deux, Diego de Cépède : « Je le dis, ma fille, avant que je susse sa mort, jecroisque son âme était déjà sortie du purgatoire, parce que chaque jour, lorsque j'avais fini de communier, elle se présentait à moi , et lorsque j'appris qu'elle élait bien loin, je compris ce que c'était. »
Marie-Baptiste, dans la déposition pour la canonisation de la Sainte, a présenté ces deux morceaux. Eléonore de Cépède était religieuse de l'Incarnation d'Avila. La Sainte l'y avait retirée, encore enfant, et l'avait élevée dans sa cellule. Eléonore mourut dans l'octave de la Fêle-Dieu. La Sainte, alors prieure, voulut qu'elle fût enterrée à la messe du saint sacrement , et la procession entrant dans le cloitre fil le tour du cercueil. La sainte vit que, lorsque les sœurs la portaient pour la mettre dans la tombe, elles étaient aidées par des anges. Tout cela est établi sur les informations des religieuses et sur des relations du couvent. La Sainte dit de l'âme de son père, Dié.^o de Cépède, qu'elle était sortie du purgatoire, avant qu'elle eût appris la nouvelle de sa mort, ei que celle de son frère n'y était pas même c n t rée.
Pour les religieuses du couvent de Tolède, sur l'admission à l'habit de la vénérable Marie de Jésus.
Mes filles, je vous l'ai envoyée avec cinq mille ducats de dot; mais je vous apprends qu'elle est telle, que je donnerais bien volontiers cinquante mille ducats pour l'avoir. Ne me la regardez pas comme les autres, car j'espère qu'elle deviendra un prodige.
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LETTRES LXTilI-LSX
Pour la vénérable mère Marie de Jésus; elle lui conseille de fonder des
œuvres pies dans sa profession.
Je sais que Noire-Seigneur vous a donné la même chose à entendre; mais sa divine majesté veut que vous sachiez que je l'ai aussi entendue. Considérez que vous devez bien plaire à votre Epoux , et qu'avec cinq mille ducats je dégage ma parole qui est donnée, de payer aujourd'hui le prix d'acquisition de cette maison où sont à présent mes filles.
NOTES
Dans ces deux numéros, il est question de la célèbre et vénérable Marie de Jésus, née doua Maria de Rivas, à Molina, dans l'Aragon. Ce fut à force île prodiges qu'elle en'ra dans l'ordre, y vécut et mourut couronnée de vertus et honorée de communications célesie*.
Pour In mère Anne de l'Incarnation, prieure de Salamanque.
Après avoir écrit une lettre que vous voyez, madame, j'ai reçu celleci du P. Garcia Manrique, el ce qu'il y demande n'est ni à différer, ni à craindre ; faites-le , madame. Lorsque j'écrivis , étonnée des nouvelles choses qu'ils ont faites , je pensai que l'on avait exigé de Pierre de la Bande quelque nouvel écrit et qu'il n'avait pas consulté le père Garcia Manrique; c'est pour cela que je demandais s'il n'y avait rien de nouveau. Mais s'il ne s'agit que de ce qu'il dit dans sa lettre , je ne vois aucun inconvénient, ni la mère Agnès de Jésus, ni la prieure à ce qu'on le fasse au plus tôt.
Je demande donc en grâce qu'on le fasse ; lors même qu'il y aurait quelque inconvénient, il faudrait encore le faire, puisqu'on en est convenu, ne fût-ce que parce que nous avons trouvé mauvais que les chevaliers de Salamanque nous aient manqué de parole, et que ce n'est pas pour nous une raison de les imiter. Dans la lettre dont je vous parle, je n'en dis pas davantage. Que Dieu vous donne un grand amour pour lui.
NOTES
T/original de ce fragment est dans la sacristie du couvent de Madrid, ainsi que la leitre qu'écrivit a la Sainte le P. Garcia Manrique de Valladolid, le 30 novembre 15S0.
Pour la mère Béatrix de Jésus, cousine de la Sainte. On voit combien vos soucis sont différents des miens. Je n'ai rien envoyé; mais sachez que ce n'est pas ma faute. J'ai été consolée cl j'ai remercié Dieu en apprenant que vous vous trouviez si bien chez M. Péralvarez, votre oncle. Faites-loi bien mes compliments. J'éprouve beaucoup de plaisir de ce que lui et sa femme font pour vous. Je n'ai pas le temps de leur écrire en ce moment, mais je le ferai un aulre jour de courrier. C'a été un grand bienfait de Dieu de vous délivrer de celle peste de femme.
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