‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 380 sur 448 · CG · texte numérisé non relu

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faire lomlicr la reine Esther en pâmoison, à combien plus forle raison la vue de Dieu dans toute sa puissance, dans toutes ses splendeurs, dans toutes ses excellences, doit-elle jeter l'âme dans la défaillance ? Elle la supporte néanmoins sans pâmoison et sans frayeur pour deax raisons [Esther. XV, 16, 17).

La première est parce qu'elle est dans l'état d'une perfection consommée, d'autant que la parlie inférieure est délivrée de ses imperfections ; elle est soumise et conforme à l'esprit. C'est pourquoi elle ne sent ni la perte ni la douleur qu'elle sentirait, si l'esprit n'était pas entièrement purifié, et n'avait pas les dispositions requises pour souffrir sans peine ces communications spirituelles et divines. Puis donc que l'âme est alors débarrassée de ces obstacles, elle reçoit sans défaillance les impressions de Dieu les plus violentes.

La seconde et la principale est parce que Dieu lui donne alors de grandes marques d'amour et de douceur. Car comme il ne lut découvre ses grandeurs et sa gloire que pour l'élever et la faire nager dans une merde délices spirituelles, il la fortifie alors comme il fortifia autrefois Moïse, afin qu'il pût porter le poids de sa majesté divine et l'éclat de sa gloire infinie.

Voilà pourquoi l'âme trouve en Dieu une douceur et une tendresse égales à sa puissance, à sa souveraineté, à ses grandeurs; et elle y puise une force assez grande et une protection assez puissante pour soutenir ces délices, ces tendresses, toutes ces grandeurs infinies. Ainsi, bien loin de tomber dans les langueurs et les défaillances, elle est animée d'un courage, dune ferveur et d'une force admirables.

En effet, comme la reine Estherrevint de sa pâmoison lorsque le roi la loucha d" son sceptre et lui témoigna son amitié, de même l'âme revient de ses étonnements.ou plutôt elle se garantitde ses craintes, parce que le roi duCiel lui donne des preuvesde son amour infini, surtout lorsqu'il luidit, comme Assuérus le dit à Esther : N'appréhendez rien ;je suis votre frère, je suis votre époux. Il fait couler dans l'âme sa propre force, son propre amour, sa propre bonté, ses propres perfections. Il l'orne de ses habits royaux, il l'embaume de ses parfums, il la parede sa couronne et de son sceptre, il la charge de ses pierreries et de son or, c'est-à-dire qu'il la fait participante de toutes ses vertus et de toutes ses perfections autant qu'elle en est capable: si bien qu'elle a toutes les qualités de reine, et qu'on peut dire d'elle en termes du prophète : La reine, ô souverain Monarque de l'univers, couverte d'une robe d'or dont la variété est admirable, se tient debout à votre droite (Psal. XLIV, 10 . Mais parce que toutes ces merveilles se passent dans le fond de l'âme, elle ajoute • OU vous demeurez seul eu secret.

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