VINGT-HUITIEME CANTIQUE
Entrado se lia la Esposa
K 1 1 il amenn huerto dessaJo,
Ya su sabor reposa,
El cuclla reelinado,
Sobre los dulzes braços del a.'.iado.
L'épouse est maintenant entrée
Dans l'agréai ^e jardin qu'elle désirait,
El elle repose à so>~ gr,',
Le con penché.
Sur tes doux bras de son bien-aimé.
Deux choses sont contenues en ce cantique : l'une, que l'âme, après avoir vaincu les obstacles de sa perfection , est parvenue à l'union qu'elle désirait avoir avec le divin Epoux, l'autre, qu'elle repose maintenant selon ses vœux, appuyant son cou sur les bras de son bienaimé.
L'épouse est maintenant entrée.
Il a failli que l'Epouse sortît de tout ce qui est naturel, de toutes les tentations , de toutes les peines , de tous les troubles , de tous les soins qui l'ont occupée, et qu'elle renonçât aux images ou espèces matérielles de l'imagination et des objets corporels , parce qu'elles ne sont pas des moyens propres pour l'élever à cotte sublime union de Dieu. Ensuite elle est entrée
Dans l'agréable jardin qu'elle désirait.
Elle appelle Dieu un jardin, à cause de l'agréable demeure qu'elle trouve en lui. Elle entre dans ce jardin, lorsqu'elle se transforme en Dieu : elle y prend des plaisirs ineffables, lorsqu'elle est unie si étroitement avec lui, qu'elle semble n'être presque qu'une même chose avec lui , comme la lumière d'une chandelle ne semble être qu'une même lumière avec celle du soleil qui luit. Aussi elle ne vit plus que de la vie de son Epoux, et elle peut dire avec saint Paul : Je vis, non plus moi, mais Jésus-Christ vit en moi {Galat., II, 20). On peut conjecturer quelle
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