TRENTE-DEUXIEME CANTIQUE
0 Ninfcis de îudea,
En lanio que enlas llores y rosales
El arnbar parfumea,
Morà en los arrabales,
Y no querais tocar imestrcs umbrales.
0 Nymphes de Judée,
Penâaiu qu'entre les peurs cl les rosiers
Vambre qris répand son parfum,
Démettrez dans les faubourgs,
El ne touchez pas le seuil de nos portes.
L'Epouse désirant d'être maintenue dans la possession paisible des biens surnaturels que son Epoux lui a donnés, et craignant que les mouvements sensuels de la partie inférieure ne la troublent, elle conjure ces mouvements de se renfermer dans les puissances de cette partie, de ne point sortir de leurs bornes, de n'approcher jamais de la partie supérieure , et de ne la point inquiéter dans la jouissance de ses
*^5 délices spirituel,' es.
0 Nymphes de Judée.
Elle marque par la Judée , la partie animale, parce qu'elle est comme les Juifs, charnelle, grossière et aveugle. Par les nymphes, elle exprime les imaginations, les fantaisies, les affections, toutes les opérations de la partie inférieure ; d'autant que comme les nymphes attirent leurs amants par les charmes de leur beauté et par les témoignages de leur amour , de même tous les mouvements de la sensualité engagent la volonté et la portent aux choses extérieures. Ils sollicitent
r. - '.■ aussi l'entendement à se joindre aux sens dans leurs opérations, ils travaillent enfln à corrompre la partie raisonnable, pour agir d'une manière dépendante de la sensualité, ou conforme à ses inclinations naturelles. C'est pourquoi l'Epouse leur dit :
Pendant qu'entre les (leurs et les rosiers ■• ■' L'amhre gris répand son parfum,
Demeurez dans les faubourgs.
L'Epouse signifie par les fleurs, les vertus de l'âine ; par les rosiers, l'entendement, la mémoire et la volonté ; par l'ambre gris, le Saint- Esprit ; par le parfum, la communication que Dieu fait de ses douceurs à l'âme. Or, tandis que l'Esprit divin répand ainsi ses richesses et ses consolations sur les puissances de l'âme , parmi ses vertus et ses saintes opérations, l'Epouse prie les mouvements de la partie sensuelle de demeurer dans les faubourgs de la Judée, c'est-à-dire dans les sens intérieurs où les images des choses matérielles sont reçues, lorsqu'elles entrent par les sens extérieurs ; car on peut dire que les sens extérieurs et intérieurs sont comme des faubourgs qui conduisent à la partie raisonnable, qui est comme la ville où l'âme converse avec Dieu. Mais après tout , l'Epouse ne veut pas que ces fantômes s'échappent de l'imagination, pour interrompre la jouissance qu'elle a de son Dieu et de ses défr*i lices surnaturelles.
Et ne touchez pas le seuil de nos portes. C'est-à-dire, ne touchez pas même de vos premiers mou céments la
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