TRENTE-SIXIEME CANTIQUE
Gozemonos amado,
Y vaiuonos à ver en tu hermosura,
Al nioute, o al collado,
Do mana el agua pura;
Entremos mas ademro en la espesura.
t Réjouissons-nous, mon bien-aimé;
Allons nous regarder dans voire beauté.
Sur la monlaaue ou sur la colline, Où coule une eau pure ; Entrons plus avam dans l'épaisseur.
L'Epouse, unie parfaitement avec Dieu, veut jouir de tous les privilèges de l'amour divin. Dans ce dessein elle demande trois choses à son bien-aimé : la première est de goûter la joie et la douceur de l'amour sacré ; la seconde, de devenir semblable à son Epoux ; la troisième, de connaître ses plus grands secrets.
RéjouissohS-nous, nioa bien-aimé.
Comme si elle disait : Réjouissons-nous, mon bien-aimé, dans la communication mutuelle des douceurs que notre sainte union répand dans nos cœurs, et dans les tendresses intérieures, et les actions extérieures de notre divin amour, afin que je vous ressemble davantage. Allons nous regarder dans votre beauté.
Voici le sens de ces paroles : Si vous me changez en votre beauté , je vous verrai en votre beauté, et vous me verrez aussi en votre beauté ; vous vous verrez vous-même en moi dans votre beauté , et je me verrai moi-même en vous dans votre beauté : de cette sorte il semblera que dans votre beauté je serai vous-même, et vous serez moi-même ; il semblera que votre beauté sera la mienne , et que la mienne sera la vôtre ; et que dans votre beauté je serai une même chose avec vous , et vous serez une même chose avec moi. Tout ceci se fait dans l'adoption des enfants de Dieu, qui peuvent lui dire avec vérité ce que Jésus-Christ disait à son Père : Tout ce que j'ai est à vous , et tout ce que vous avez est à moi (Joan. , XVII , 10;. Mais il y a cette différence que Jésus- Christ a par essence tout ce qui est à son Père, et que les enfants adoptifs ne l'ont que par participation.
Sur la montagne ou sur la colline.
L'Epouse entend par la montagne, la connaissance de Dieu dans son
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