XXXVII CANTIQUE
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Verbe, qui est sa sagesse essentielle et infinie ; et par la colline, la connaissance de Dieu dans ses ouvrages , qui est une connaissance accidentelle et plus grossière. Elle prie l'Epoux de lui donner ces deux connaissances : la première, qui est dans la beauté de son essence , de sa nature et de ses perfections ; la seconde, qui est dans la beauté de ses mystères et des créatures , afin qu'elle lui ressemble autant qu'il est possible en cette vie.
D'où coule une eau pure.
Elle exprime encore par l'eau pure, la connaissance de Dieu épurée des fantômes matériels de l'imagination , et affranchie des ténèbres de l'ignorance. Car, plus elle aime Dieu , plus elle souhaite connaître distinctement les vérités divines. C'est pourquoi elle ajoute : Entrons plus avant dans l'épaisseur.
Cette épaisseur signifie deux choses : la diversité des jugements de Dieu, et la grandeur des peines qu'il faut souffrir pour en acquérir la connaissance. Saint Paul, parlant de la première, s'écrie : 0 abîme des richesses de la sagesse et de la science de Dieu ! que ses jugements sont incompréhensibles , et ses voies impénétrables (Rom., XI , 33). L'Epouse désire de toutes ses affections cette connaissance , où elle puisera, comme dans une source infinie, toutes les douceurs possibles, puisque, comme le roi-prophète nous l'assure, les jugements du Seigneur sont véritables et justifiés par eux-mêmes, plus souhaitables que l'or et les pierres précieuses, et plus doux qu'un rayon de miel. C'est pourquoi le serviteur de Dieu les aime et les garde religieusement (Psal. XVIII, 11, 12).
Quant aux peines qu'il faut essuyer, l'Epouse, bien loin de les craindre, les aime et est prête à les endurer, quelque grandes qu'elles puissent être ; elle s'en fait même un plaisir , puisqu'elles sont un moyen nécessaire pour arriver à la connaissance qu'elle cherche. Le saint homme Job était sans doule dans le même sentiment , lorsqu'il disait : Ah ! qui fera en sorte que mes vœux soient accomplis , et que Dieu m'accorde ce que j'attends de sa bonté ? Qui m'obtiendra de lui cette grâce , qu'ayant commencé à me tourmenter, il achève de me réduire en poudre ? Il me donnera une singulière consolation s'il emploie sa main toutepuissante à me couper et à me briser comme une herbe inutile, et s'il ne m'épargne aucune douleur (Job, VI, 8, 9, 10).
Plût au ciel que les hommes fussent persuadés qu'ils ne peuvent pénétrer dans les profonds secrets de la sagesse divine , sans passer par ces différentes souffrances où l'Epouse trouve du soulagement ! Plût à Dieu qu'ils en fissent , comme elle , le sujet dé leur plaisir ! Ah ! que peu de gens entrent dans ce chemin épineux de la crois, lequel conduit sûrement à la vie , parce que peu de gens veulent sentir avec Jésus- Christ les douleurs et les afflictions qui nous ouvrent l'entrée à la sagesse divine.