LXX1I
Je vous assure que je mettrais un grand prix à avoir ici mon père Jean de la Croix, qui, en vérité, est le père de mon âme et un de ceux dont les communications lui aient été les plus profitables. Que mes filles traitent avec lui en toute simplicité ; je les assure qu'elles le peuvent comme avec moi-même ; elles en éprouveront une grande satisfaction, car il est très-spirituel , d'une grande expérience et d'une grande science. Ici il était beaucoup mieux apprécié de celles qui étaient au fait de sa doctrine. Qu'elles remercient Dieu de l'avoir placé auprès d'elles. Je lui écris de vous bien traiter, et je sais que sa grande charité le fera dans toute occasion.
NOTES
Kilo attribue à saint Jean de la Croix trois grands mérites : vertu, science, expérience. 11 n'y a rien de trop. Klle le recommande à ses Mlles comme un saint.
La Sainte lui rend en tout justice. Ce morceau lut inséré dans une longue relation des vertus de ce vénérable père , par la mère Madeleine thi Suint-Esprit, fondatrice du couvent de Cordoue, et se trouve dans les archives de l'ordre.
Pour la vénérable mère Anne de Jésus , prieure du même couvent.
J'aime à avoir trouvé une fille qui se plaint sans raison , puisqu'elle a mon père Jean de la Croix , qui est un homme célesle et divin. Je vous dis donc , ma fille, que depuis qu'il est allé chez vous, je n'en ai trouvé dans toute la Castille aucun autre comme lui , aucun qui marche avec une si grande ardeur dans le chemin du ciel. Vous ne sauriez croire la solitude où me laisse son absence. Sachez que vous avez en ce saint un grand trésor. Que toutes celles de la maison lui ouvrent
JO-ILbfcfcfcfcM
mmmm
'JkM&&âJk8à&ékékiii~i
LETTRES LSXIV-LXXVII. 291
leurs âmes ; elles verront comme elles en profileront , et comme elles feront de grands progrès dans tout ce qui est de la spiritualité et de la perfection. Notre -Seigneur lui a donné pour cela une grâce particulière.
NOTES
Dans ce fragment , la bainte renchérit beaucoup en éloges de saint Jean de la Croix. Ce morceau, comme le précédent, parait avoir été écrit vers la fin de 1578, ou au commencement de 1579.
Ma fille et ma couronne, je ne puis remercier assez Dieu de la grâce qu'il m'a faite en vous appelant à la religion. De même que lorsqu'il tira les enfants d'Israël de l'Egypte, il leur donna une colonne qui, durant la nuit, les guidait et les éclairait, et pendant le jour, les garantissait du soleil; de même dans notre religion, il vous donne à nous, ma fille, comme une colonne qui nous guide, nous éclaire et nous protège. Tout ce que vous avez fait pour ces religieux leur est très-avantageux, et l'on voit que Dieu est avec vous et en vous, puisque vous avez de si heureux succès dans toutes vos entreprises. Que le Seigneur pour qui vous le faites vous en tienne compte et qu'il fasse réussir les affaires comme il faut.
Celte lettre pouvait mettre en péril l'humilité d'Anne de Jésus à qui elle était adressée ; mais la Sainte connaissait la solidité de ses vertus et ne la louait tant que pour l'encourager à ne pas déchoir. Ce fragment est, ce nous semble, de l'année 1579.
Pour la mère Marie de Saint-Joseph, prieure de Séville. J'ai honte et grande confusion, ma fille, de voir ce que ces messieurs ont fait de nous : ils nous ont mises dans l'obligation étroite d'être telles qu'ils nous ont dépeintes, si nous ne voulons pas les faire mentir.
NOTES
Ce fragment, comme le suivant , fui écrit en 1579. Lorsque ces religieux allèrent à Rome , plusieurs évèques du royaume leur donnèrent des lettres en faveur de la réforme, faisant les plus grands éloges de ces religieux, de leurs couvents et de leur sainteté. Le révérend Vélasquez , entre autres, disait des carmélites et des déchaussés, qu'ils étaient le miroir de l'Espagne.
Maintenant, ma fille, je peux dire comme saint Siméon : Après que j'ai vu dans l'ordre de la Vierge Notre-Dame , ce que je désirais, je les prie de ne plus demander la continuation de ma vie, mais au contraire mon repos, puisque je ne leur suis plus utile.
Ma fille, je ferai en sorte que le P. fra Jean de la Croix aille chez vous. Figurez-vous que c'est moi-même : qu'on lui ouvre son âme avec liberté. Consolez-vous avec lui, c'est l'âme à qui Dieu communique son esprit.
îH
fcftiiiifc*.-»jMn»»A»»A#J'jgi<ii»jh:l(i
^^SUS^ffigîSK^Sœ^SSÎ^œSBE