‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 42 sur 448 · LXXVI1I · texte numérisé non relu

LXXVI1I

Ma fille, le P. Ira Jean de la Croix va chez vous ; qu'on lui découvre son âme avec franchise dans ce couvent, comme si c'était moi-même, parce qu'il a l'esprit de Notre-Seigneur.

NOTES

N. t. Après avoir tant travaillé fil tout remué pour la séparaiion des provinces, la Sainte l'avant obtenue, entonne le Nunc dimillis du vieillard Siméon; c'était au mois de mars 1581. Le reste de sa rie est inutile, toujours la même.

N. 2. Ces conseils ne furent pas sans effet, ni sans fruit.

Pour d'autres filles de la Sainte.

Je suis indignée que l'on s'élève contre ses supérieurs, je le dis pour votre prieure. Elle ne doit pas savoir ce qu'elle fait, si elle est de bonne foi; il faut dissimuler un peu, et ne pas la décourager.

Si c'était dans le temps que j'avais ma liberté, je ferais ce que désire cette sœur, mais maintenant il n'en faut pas parler.

NOTES

Dans le premier nombre , la Sainte montre sa prudence par les ménagements dont elle use en reprenant une prieure. Dans le nombre deux, il paraîtrait qu'on lui demandait la permission de recevoir quelque postulante atteinte de quelque irrégularité.

1. Pour l'amour de Notre-Seigneur, je demande, ma fille, qu'on souffre et qu'on se taise, et qu'on ne [cherche point à tirer de là ce père, quelles que soient les peines et les contrariélés qu'il donne , pourvu qu'il ne s'agisse pas de choses qui aillent à offenser Dieu. Je ne puis souffrir que nous nous montrions ingrates pour qui nous a fait du bien; je me souviens qu'étant sur le point d'être trompées sur une chose qui nous était vendue, il nous empêcha de l'être , et je ne pourrai jamais oublier ce service qu'il nous rendit en telle circonstance et les peines qu'il nous épargna. Il m'a toujours paru un serviteur de Dieu et bien intentionné. Je vois bien que ce n'est pas chez moi une perfection d'élre reconnaissante , cela doit m'èlre naturel ; on me subornerait en me donnant une sardine.

2. M. Yépes, dans la Vie de la Sainte, livre III, c. 20, au sujet de sa grande religion , écrit ce qui suit : « Je ne veux pas passer sous silence ce qui m'arriva en allant avec la Sainte dire la messe à son monastère de Médina del Carnpo. Comme on me présentait un linge Irèsparfumé pour m'essuyer les mains, je m'en plaignis inconsidérément, et profitant de la liberté que j'avais avec la mère Thérèse, je lui dis ensuite qu'elle devait faire supprimer cet abus de ses monastères ; que comme il me semblait convenable que les corporaux et les linges qui servent à l'autel fussent parfumés, de même il me paraissait inconvenant que les autres linges qui servent à essuyer les malpropretés des

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mains, le fosscut. Elle me répondit avec beaucoup d'humilité et de bonne grâce :

3. « Sachez, père, que cette imperfection , mes filles l'ont prise de moi. Mais quand je me rappelle que Notre-Seigneur se plaignit au pharisien de ce qu'il ne l'avait pas mieux reçu lors du festin qu'il lui fit, je voudrais que jusqu'au seuil de la porte de l'église tout fût arrosé d'une eau angélique. Considérez , mon père , qu'on ne vous présente pas cet essuie-mains pour l'amour de Votre Révérence, mais parce que tous avez à tenir Dieu dans vos mains et pour que vous vous rappeliez la pureté et la bonne odeur que vous devez avoir dans la conscience , et que, si elle n'est pas en bon état, du moins les mains y soient. »

NOTES

N. 1. La Sainte recommande la cliariic el la reconnaissance envers un bon père qui a quelques travers d'e-prit. Sainl Paul a ilil : la cliirilé est patienle el toujours prête à pardonner; cl la Sainte dii-e!le ici autre clinse? Ce père leur a rendu de grands services. Vous n'êtes donc pas comme moi , leur dil-elle, on me gagnerait avec une sardine. Ravissante naïveté!

N. 2. M. ïépes nous raconte un propos bien édifiant de la Sainte : comprenons bien ce qu'elle dit , et nous aurons une liante idée de son esprit et de sa spiritualité.

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