TROISIÈMES MAXIMES
DU RENONCEMENT A LHONNECR.
La vertu ne consiste pas dans de nobles connaissances de Dieu, ou nans toute autre chose qu'on sente de lui, mais en ce qui ne se sent pas, qui est d'avoir un grand mépris de soi-même. Liv. II de la Montée du Mont-Carmel, chap. 8.
Les révélations, les visions et les sentiments de Dieu ne valent pas le moindre acte de celle humilité qui ne s'estime rien, qui ne pense jamais
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ma! que de soi, et qui juge toujours bien des autres et jamais de soimême. Ibid.
Jésus-Christ a fait sa plus grande œuvre, qui est la réconciliation dt3 hommes arec son Père, dans son plus grand anéantissement. Dieu aussi fait sa plus grande œmre dans les âmes, qui est de s'unir avec elles, lorsqu'elles sont plus anéanties en elles-mêmes et devant les hommes. Lit'. II de la Montée du Mont-Carmel, chap. 7.
Parles degrés qu'on monte, l'on descend dans le néant de soi-même. Liv. Il de la Nuit obscure, chap. 18.
Ayez un soin particulier âe mortifier le point d'honneur, même dans les plus petites choses, et ne pensez jamais qu'on vous a fait tort, que vous avez raison, que vous avez plus travaillé, que vous êtes plus capable ; car il n'y a pas de poison qui donne la mort si irrémissiblcinent que font ces pensées à l'âme , étouffant tout son esprit intérieur et ruinant la perfection qu'elle aurait acquise. Dans ses Avis.
Dieu pour aimer votre âme ne regarde pas vos talents, ni les autres dons extérieurs qu'il vous a faits, mais votre humilité et le grand mépris de vous-même. Ibid. 3, i.
Ne désirez autre chose pour récompense de vos travaux et de vos bonnes œmres que de nouveaux mépris et de nouvelles souffrances, el persévérez constamment dans une vive mort de croix intérieures et extérieures. Ibid. 7.
Dieu se déplaît à voir des âmes enclines à l'honneur, que, quand même il les y pousse, il ne veut pas qu'elles aient de la promptitude ou de la facilité à l'accepter. Liv. II de (a Montée du Mont-Carmel, chap. 30.
Il faut cacher ses bonnes œuvres, non-seulement aux hommes, mais encore à soi-même, n'y prenant nul goût ni complaisance el n'en faisant nulle eslime. Liv. III de la Montée du Mont-Carmel, chap. 28.
La véritable contemplation est celle qui monte et qui descend tout ensemble; caria perfection consiste dans l'amour de Dieu et dans le mépris de soi-même. Liv.U de ta Nuit obscure, chap. 8.
La perfection ne consiste pas dans les vertus que l'âme connaît en elle, mais dans celles que Dieu connaît en elle; ce qui est caché et secret, et ainsi vous n'avez nul sujet de présumer de vous, mais plutôt de craindre, puisque vous ne savez pas si votre vertu est approuvée de Dieu. Dans ses Avis, 32.
Choisissez plutôt d'être enseigné de tous, que de vouloir instruire le moindre du monde. Dans ses Avis, 3.
Un religieux doit songer à gagner les bonnes grâces de Dieu, sans se soucier d'entretenir l'amitié du monde , comme font les courtisans de la terre.